J'ai quitté la Polynésie (quelle idée) au printemps 2016 et suis donc désormais disponible pour des rencontres scolaires. A bientôt !



jeudi 23 décembre 2010

Comment dire...

Contente ? Bof. Ça, je le dis quand j’ai réussi une nouvelle recette. Ou que Nico n'a pas ronflé de la nuit (mouarf arf arf, trop drôle, hein, Nico !)

Alors, heureuse ? Hum…ça fait penser à autre chose. Sorti tout droit de la bouche d'un type à moumoute et chaine en or (qui brille).
Hystérique ? Non, quand même, ça, c’est réservé à la magie de la première publication, moment précieux qui ne se vit qu’une seule fois avec la même intensité. Comme l'enfin premier baiser de celui auquel on rêve. Le premier bouquin qui vous fait pleurer. Le premier regard que l’on pose sur son nouveau-né, encore tout chaud de l'intérieur de soi.
Bon, alors je vais dire « bliss ».
Oui, bliss, c’est tout à fait ça.

Bliss, parce que mon dernier travail va donc être publié (bon si tout va bien, on ne sait jamais !) par une très belle maison qui, bolduc sur le cadeau, semble respecter le travail de l’auteur. Ne lui achète pas un manuscrit comme on achèterait une paire de godasses qu'on va ensuite cirer d'une autre couleur sans même demander à celui qui les a amoureusement dessinées. Une fois n’est pas coutume, dans le microcosme parisien (ha ha, pas la peine de me soudoyer, je ne donnerai pas de nom !!)



Voilà c'est tout ! J'en dirai plus quand ce sera le moment. En attendant, joyeuses pâques.



EDIT : sinon, est- ce que qqn peut me dire, comment, sur son ordi, s'affiche le texte ? J'ai beau essayer de grossir la police dans le code html, ça reste tout petit à l'écran !

vendredi 10 décembre 2010

Kumari

Ça y est, je suis de retour. Point final, c’est terminé !
Je suis "revenue" de Katmandou, j’ai quitté son air humide et figé. A regret, j’ai laissé ses rues étroites avec ses échoppes entassées de bric-à –brac poussiéreux et bariolés, ses temples et ses ascètes au visage recouvert de cendres, ses femmes accroupies devant leurs plateaux, à vendre des épices ou des boules de savons grisâtres...



J’en ai ramené un roman. Un qui s’adresse à des « grands » (à partir de 15 ans), et qui atteint le nombre (jusqu’alors himalayesque pour moi) de 150 000 signes. Si. J’en ai usé mon clavier, la touche espace ne fonctionne plus qu'1 fois sur 3.


Ce roman, l’histoire de trois femmes aux destins douloureusement enchevêtrés, aborde en toile de fond la difficile existence et reconversion des Kumaris, ces petites filles censées être l’incarnation vivante de la déesse hindoue Taleju.


« Choisie » à l’âge de 2, 3 ans selon un rituel tout droit sorti d’un autre temps, la Kumari est enfermée dans un palais, le Kumari Ghar, pour y être vénérée et adulée. Sa vie s’égrène doucement, sévère et monotone, entre cérémonies religieuses et audiences de croyants venant étaler leurs prières égoïstes.
Jusqu’à ce que la première goutte de sang, souvent menstruel, ne s’écoule hors du corps dela Kumari.
L’adolescente est alors destituée et « jetée » dans le monde réel, aussitôt remplacée par une nouvelle petite fille qui viendra abriter l’âme de la déesse.
Quelle est ensuite la vie de ces anciennes petites déesses dont l’enfance a été volée ? Certaines deviennent folles, d'autres prostituées.



C’est en lisant un article sur ce sujet que l’idée du roman m’est apparue. Je me suis mise en quête de tous les documents que je pouvais trouver sur le Népal et cette tradition, j’ai retourné la bibliothèque de la part dieu, fouiné sur le net pendant des jours, commandé des bouquins qui ont mis des semaines à arriver …mais ça y est, c’est terminé.


J’ai eu un plaisir immense à voyager au Népal, derrière mon clavier. Et j’espère qu’un jour, des lecteurs auront le même en lisant ce roman, âpre, selon les premiers avis, mais qui est avant tout une belle histoire d’amour entre une mère et sa fille.


Et pour l'instant, je ne peux résister au plaisir de vous dire que c'est en bonne voie...mais chut ! je n'en dirai pas plus avant que ce soit confirmé (croisons les doigts) et que j'en ai l'autorisation :-)




Voilà un extrait :



Je crois que c’est après cet épisode que je suis devenue enragée. J’avais treize ans. Ma mère ne voulait rien me dire ? Elle se foutait de nos origines, se satisfaisait de sa petite vie étriquée, de son métro- boulot –dodo ? Tant pis, j'allais réparer moi-même certains trous du tricot. Je me suis lancée à corps perdu dans tout ce qui concernait, de près ou de loin, le Népal. J'ai lu des tas de bouquins, regardé des centaines de documentaires, des plus beaux aux plus emmerdants.
Je portais des écharpes en laine de yack et des penjabi violets. Je sirotais des lassi que je fabriquais en rajoutant de l’eau dans mes yaourts aux fruits. Dans ma chambre, au milieu de masques de Ganesh, de lampions en papier et de fumée d’encens, je chantais « Resham Firiri » à tue-tête, parce que je croyais que ça me faisait du bien et surtout parce que ça emmerdait ma mère.


Resham firiri.
Resham firiri, resham firiri
Udera jaun ki dandaama bhanjyang
Resham firiri.
Udera jaun ki dandaama bhanjyang
Resham firiri.



Je trouvais qu'autour de moi, tout était moche, sans intérêt, sans saveur, que rien n'égalait le Népal, magique et mythique, avec son quotidien fait d’histoires de rois, de princesses, de dieux qui se changent en serpents, de géants et de sorcières. Le Népal dont je rêvais était imprégné des récits d’Alexandra David-Neel. C’était mon refuge, mon paradis. J’imaginais les sommets immaculés, les temples éclaboussant de couleurs, les odeurs de cardamome et de clous de girofle dont parlaient les bouquins que je m’enfilais jusqu’à l’overdose.



J’avais aussi décidé que j’étais hindoue, comme 90% des népalais…la décision était plus statistique qu’intuitive. J’avais lu qu’on ne pouvait pas se convertir à l’hindouisme, la transmission ne devant uniquement se faire par les liens du sang. Ce qui tombait bien, puisque comme je m’en étais persuadée, mes grands-parents l’étaient certainement.


Je ne mangeais plus de viande, lisais les traductions de textes sacrés auxquels je ne pigeais rien et vénérait Vishnou qui devait m'aider à traverser le chaos de ma vie.
Je ne foutais plus rien en cours et n'avais plus qu'une idée : atteindre ma majorité et me tirer à Katmandou.


Les relations avec ma mère étaient pires que tout ce qu’on aurait pu imaginer. On n’arrêtait pas de s’engueuler, avec portes et mots qui claquent, à tout faire trembler.



Et puis ça s'est arrêté. Tout d'un coup. Un matin, je me suis réveillée en me rendant compte que tout ça ne rimait à rien. Je savais encore moins qui j'étais, au milieu de bols chantants et de mantras sacrés dont certains, même si je ne voulais pas me l’avouer, ne me faisaient pas plus d'effet que le catalogue des promos du supermarché. Tout ça, c'était du faux, du maquillage, du rêve préfabriqué. Il manquait quelque chose derrière tout ça. Le plus important : un ancrage, un contexte, un sens.


J'ai quasiment tout foutu à la poubelle et le midi même, avec Alex, j'ai mangé un bon vieux steak de bon vieux bœuf, copieusement arrosé de larmes. Ma mère ne m’a rien demandé.


mardi 5 octobre 2010

samedi 2 octobre 2010

I Love mes cheveux !

J'ai lu dans le Nouvel Obs (ou je ne sais plus où) un article édifiant sur le racisme....anti-roux. Réseaux sociaux aidants, on assiste, selon le journaliste, à une recrudescence du phénomène.
Vous allez me dire que ce n'est pas nouveau et vous aurez raison....Dès l'antiquité, avec Seth Typhon, le frère d'Osiris (un type pas tellement fréquentable), ça commençait mal pour notre pomme. Il y a aussi Mars, le dieu de la guerre, qui souvent est représenté avec une tignasse rousse.
Ensuite, il y a eu Esaü "celui que Dieu a haï", qui était le frère de Jacob et dont la Genèse nous raconte qu'il avait fait une connerie dont je ne me souviens plus, mais qui devait être sacrément grosse pour que Dieu ne la lui pardonne pas. Pour couronner le tout, ce vilain Esaü était "roux, tout velu comme une fourrure de bête".
De fil en aiguille, à cause de ces deux là et de bien d'autres, l'idée est devenue courante que les roux étaient par nature méchants, violents, sanguins et tout le tintouin. On le trouve noir sur blanc dans un texte du 13° siècle : "il est impossible de trouver un roux pacifique. Ils sont tous violents, j'en ai la preuve effective".

De toute façon, à cette époque, les roux étaient suspectés d'entretenir commerce avec le diable, la preuve, sinon, hein, pourquoi leurs cheveux auraient-ils eu la couleur des flammes ?
Sans blague quand même, il parait que pendant l'Inquisition, plus de 20 000 femmes finirent au bûcher à cause de leurs cheveux et de leurs tâches de rousseur.

Bon, je vais m'arrêter là parce que sinon j'en ai pour l'après-midi. Or, si les siestes des enfants de 3 ans duraient suffisament longtemps pour qu'on ait le temps de ranger la maison, étendre le linge et écrire un article ch*adé sur son blog, ça se saurait, hein.


Bref, je reviens à mes moutons. Il parait donc qu'il y a des groupes anti-roux sur facebook. Au Canada, un charmant adolescent plein de neurones a même lancé un groupe visant à faire du 20 novembre la "journée nationale des coups de pieds aux roux" (c'en est presque drôle). Le truc a dégénéré et il me semble que le mioche a fini au poste (interrogé, si ça se trouve, par un flic roux et énervé, arf arf arf (pléonasme, si vous avez suivi)).

Alors voilà, tout ça pour dire que certes, il y a bien plus grave dans la vie et sur cette terre, on est d'accord, mais quand même, cela m'a donné envie d'écrire un petit texte là dessus. Pas sur facebook ou sur ce charmant bambin qui doit avoir le QI d'une poutine, mais sur le fait qu'il n'est pas forcément évident quand on a les cheveux roux d'être assez fort pour surmonter la connerie de certains ( lire "le têtard", de Claude Lanzman).
Je ne vais pas m'étendre ici sur les raisons psy qui expliquent généralement l'attitude de ceux qui ont l'impression d'exister en rejetant les autres (qu'ils soient roux, juifs, noirs, gros, moches, pauvres, blondes, mal habillés, roms, vieux, jeunes...enfin ce que vous voulez puisque tout est prétexte à stigmatisation). Tiens d'ailleurs, ça me fait penser à hier soir, une scène vue en allant au resto : deux abrutis qui jetaient des petites boules de gateaux apéros sur un pauvre clodo qui n'avait rien demandé (j'espère au moins qu'il a pu les manger). Faut vraiment être c*n et mal dans sa peau pour faire ce genre de trucs.

Mon texte à moi met en scène une petite fille qui s'appelle Leïlou et qui a les cheveux roux.

J'aimerais bien trouver une maison pour l'accueillir, parce que s'il pouvait aider certains enfants qui doutent à se sentir mieux, je serais vraiment contente et j'aurais vraiment l'impression que mes livres servent à quelque chose (d'autre que m'auto-satisfaire, bien entendu).

Parce que j'ai de la chance : j'adore mes cheveux et je ne les changerais pour rien au monde.


edit : merci à Sophia pour son illustration avec le clip Born Free de MIA (censuré sur youtube), réalisé par Romain Gavras.
On en pensera ce qu'on veut, provoc' quasi pornographique - au figuré- et vide de sens, teaser pour son prochain film (2 roux qui fuient en Irlande) ou clip choc à message....il n'en reste pas moins que c'est assez violent....et que cela déclenche les passions !

http://www.rue89.com/2010/04/27/born-free-le-clip-choc-de-mia-realise-par-romain-gavras-149240-0

mercredi 22 septembre 2010

Le grand concours des sorcières

22 septembre : c'est aujourd'hui et à part le fait que c'est la saint Sylvain , c'est la date de sortie de mon petit roman, "Le grand concours des sorcières" (Rageot), ce qui est autrement plus important, hein.
Comme l'a très bien dit (une brillante) collègue sur son blog, on attend ce genre de journée avec impatience...même s'il ne s'y passe jamais rien (en rapport avec le livre, je veux dire, parce que sinon et si je me sentais d'humeur badine, je vous en raconterais un rayon sur cette sal*perie de journée. Et oui, parfois il vaut mieux en rire qu'en pleurer ! )

Pour tout vous dire, je n'ai même pas d'image à vous (et me !) mettre sous la dent, parce que je n'ai toujours pas reçu mes exemplaires. J'ai quand même déniché la couverture sur le site de la fnac, la voici la voilà :

Il s'agit d'un petit roman destiné à des enfants de 7 à 9 ans et qui aborde le thème de la confiance en soi.
Ambre, l'héroine, est une sorcière un peu étourdie et pas vraiment vraiment douée, quoi...
Quand même, elle est peut-être nulle, mais elle est courageuse.Et optimiste. Donc, quand elle découvre que "Sorcières Magazine" organise un grand concours dont le 1° prix est une journée en compagnie du grand, de l'époustouflant, de l'ébouriffant sorcier Hubert Bolduc, hop, ni une ni deux, elle décide de s'inscrire.
Le problème, c'est que 5 minutes avant le concours, elle n'est toujours pas fichue de réaliser son sortilège.....Imaginez la situation : c'est un souci n'est ce pas. D'ailleurs, j'en ai même rêvé. Que j'étais à sa place et qu'en montant sur la scène, j'étais infoutue de savoir comment faire (sauf que dans mon cas c'était une compet' de gym). Brr, c'est aussi désagréable que lorsque l'on rêve que l'on est poursuivie par un horrible psychopathe et qu'on arrive pas à se décoller les pieds.

Je ne vous révèle pas la fin, je vous signale juste que non non, je n'y suis pas allée avec mes gros sabots, le tambour et la grosse artillerie : à la fin, Ambre ne gagne pas ! Faut pas déconner. Non mais, vous me prenez pour qui....

ps : j'en profite pour saluer l'équipe de Rageot que j'ai trouvée extrêmement professionnelle.
ps2: j'ai oublié de dire que les illustrations sont de Peggy Caramel (http://peggycaramel.com)

mercredi 8 septembre 2010

Ma commande avance....

Bon alors, l'éditeur est content de mon début de commande ! Alors du coup moi aussi !
Ladite commande est donc un petit roman type enquête policière, pour des enfants de 7/10 ans. Le thème est "l'ennui"....Vous avez 4 heures !


Voilà le début :

  1. Une étrange famille

Bercée par le ronronnement du train, Emma regardait distraitement les prairies enneigées.
Son regard se portait au delà de la vitre mais son esprit était tout ailleurs. Très précisément, il se trouvait à quelques centaines de kilomètres plus loin, dans le manoir de son oncle Henri, destination finale d’Emma, de sa sœur Céleste et de son petit frère Edgar.
Les trois enfants avaient toujours eu l’habitude d’y passer une partie des vacances de Noël, et malgré les années, ils étaient toujours aussi impatients à l’idée d’y retourner.

Il faut dire que le manoir de l’oncle Henri était un manoir très particulier.
Situé au sommet d’une colline à l’écart d’un tout petit village, il se dressait, sévère et droit, au milieu d’un immense parc de sapins ceinturé de douves sombres et profondes.

Au pied de la grille, les rares visiteurs qui s’arrêtaient se sentaient tous petits, et à moins d’avoir une bonne raison d’y entrer, ils passaient vite leur chemin. Vous-même, là, oui, vous, qui lisez ces lignes, vous auriez peut-être frissonné.
Mais bizarrement, Emma, Céleste et Edgar s’y sentaient bien.


Z'en pensez quoi ? Vous avez envie de lire la suite ou pas ?
J'ai choisi les prénoms en fonction d'enfants que je connais bien...j'espère que cela leur fera plaisir !

jeudi 2 septembre 2010

Encourageant ! Ou juste rageant...

J'ai aujourd'hui reçu deux lettres encourageantes, toutes deux concernant mon roman "Ne dis rien si tu m'aimes" ( pour lequel, tellement que je l'aiiiime, je vendrais facilement mon chat -bon ok personne n'en veut-, mais quand même, c'est pour dire).
La première, donc, venant de chez grozediteur et qui me dit en substance que mon texte est très juste et sensible. Bon, sympa mais pas non plus dithyrambique, hein. Mais quand même, c'est l'avis de grozediteur, pas celui de ma voisine.
La deuxième est un mail qui me dit :

"J'ai bien reçu votre manuscrit envoyé le 2 juillet. Il a rapidement attiré mon attention parmi l'énorme pile... l'écriture, le ton, le rythme... j'ai senti qu'il y avait là quelque chose d'intéressant.
C'est rare et précieux !
Et effectivement, après avoir lu les dernières lignes, cette impression s'est confirmée. Mais malheureusement, même en y réfléchissant bien, je ne peux pas envisager de publier votre manuscrit. il est trop court pour entrer dans notre collection de romans.
Par contre, il me semble que ce ne serait pas une bonne idée de vous demander de rajouter 100 000 signes. Votre manuscrit est bon ainsi, il est excellent même, il ne faut pas y retoucher.
C'est donc à contrecoeur que je dois refuser Ne dis rien si tu m'aimes"



C'est pas possible, que des "oui mais non " avec ce texte !


Ca vous donnerait pas envie de passer ce pauvre chat par la fenêtre, vous ?



samedi 28 août 2010

Rentrée !

La moindre des choses que l'on peut dire, c'est que l'été a été riche en rebondissements...
La mutation de zhom, la vente de notre appartement, la recherche d'un truc avec jardin dans ladite nouvelle ville, une démission dans les larmes (pour bibi), du cartonnage, du cartonnage et du cartonnage, le déménagement, un bébé dans le bidon, du décartonnage...Au milieu de tout ça, quelques vacances tout de même et une bonne suprise littéraire : une commande ! C'est la première fois que cela m'arrive, j'avoue que j'ai été assez flattée ! Surtout que je n'avais jamais travaillé avec cette maison, je me demande encore comment ils sont tombés sur moi !
Perdue dans la découverte du contenu des cartons, entre un rouleau à patisserie, un body taille 6 mois et des vis non identifiés (vous voyez, le genre de carton à la c*n rempli de machins qui n'ont rien en commun), je me suis quand même demandée si je devais accepter, vu les délais assez courts qui me sont imposés...Mais je suis une warrior, alors j'ai dit oui ! Allons y pour le rendu fin septembre !
La commande en question est un petit roman policier qui devrait paraitre l'année prochaine, au sein d'un livre plus large destiné à des enfants de 7 à 9 ans.
Je n'en dis pas plus pour l'instant....l'éditeur n'a pas encore lu ma première mouture et je n'ai pas encore signé mon contrat ! Dès que c'est fait je vous dis qui c'est ;-)

dimanche 27 juin 2010

Allez, le dernier !

Allez, voilà donc la dernière histoire qui cherche éditeur. C'est un album juste...rigolo (enfin il me semble).

Titre : Du père Noêl qui voulait se changer les idées
Genre : album
Age : à partir de 4 ans

Et voici le début !


-Allez, Père Noël, arrêtez votre cinéma. Faites AAA et dites-nous ce qui ne va pas !

Sous sa couette, le Père Noël marmonne au lutin-médecin que tout va bien.

Mais aucun des 365 lutins rassemblés autour de lui n’en croit un mot. Non, vraiment, depuis

quelques temps, le Père Noël a quelque chose qui ne tourne pas rond.


Au départ, il traînait les pieds dans l’atelier.

Ensuite, il s’est mis à rester en pyjama toute la journée.

Depuis peu, caché sous son édredon, il ne prend même plus la peine de se lever.

Pour le réconforter, ses lutins ont tout essayé : lui offrir une pyramide de loukoums à la pistache (ses préférés), faire briller l’atelier et même organiser des tournois de blagues pour l’amuser.

Malheureusement, rien n’a fonctionné.

Et le Père Noël est toujours en pyjama.

-Père Noël, ça ne peut plus durer! entend-on d’un côté.

-Sans vous, tout va de travers à l’atelier! entend-on de l’autre. Les rennes font le cirque

toute la journée! Qu’est ce qui vous arrive ?

-Il m’arrive que j’en ai assez de la même routine chaque année. Ras-le-bol de fabriquer des

cadeaux au fond d’un atelier !

Les lutins se regardent, bouche bée. Quelle mouche l’a piqué?

-Etre Père Noël, c’est trop plan-plan. D’ailleurs, vous avez raison, ça ne peut plus durer!

Préparez le traineau, je pars à l’aventure sur le champ ! Terminée, la goutte au nez: je file à

Papeete!

C’est ainsi qu’à la surprise générale, le Père Noël abandonna le Pôle Nord et son atelier.

l'histoire d'Olaf, l'ogre mélomane

Rubrique "projets", je continue (je profite que le marmot est occupé à "débroussailler sa chambre" (sic) avec un dérouleur de scotch. Si si c'est vrai, mais il faut dire aussi qu'il est gros, ce dérouleur. )

Titre : l'histoire d'olaf, l'ogre mélomane
Nb signes : 7500
Genre : album
Age : à partir de 6 ans


Le début :

Tout seul au milieu de ses montagnes, l'ogre Olaf menait une vie très bien réglée. Toutes ses journées commençaient de la même manière : il se cognait la tête en se levant de son lit, tonitruait un grand "aïe" qui indiquait aux animaux qu’il était réveillé et qu'il valait mieux se cacher jusqu'à ce qu'il ait avalé son petit-déjeuner. Ensuite, Olaf passait la journée à chercher de quoi manger, car comme tous les ogres, il avait toujours faim.
Le soir venu, étendu au milieu des gentianes, Olaf regardait le soleil couchant en se demandant comment il fallait faire pour être heureux. Mais jamais encore il n’avait trouvé. En fait, il ne savait même pas ce qu’il fallait chercher.

Il y avait donc si peu d’imprévu dans la vie d’Olaf que ce soir-là, quand il tomba nez-à –nez avec deux campeurs égarés, il fut tellement surpris qu’il laissa tomber le tas de bois qu’il avait ramassé. A la vue de cet ogre aussi grand qu’effrayant, les deux campeurs filèrent en hurlant…ce qui ficha une trouille bleue à Olaf, qui décampa également. Qu’est ce qui pouvait les horrifier à ce point ? Une armée de tarentules à 5 têtes ? Un serpent à triple-sonnettes ? Un dinosaure très énervé?

Au bout de quelques enjambées, un doute traversa l’esprit de l’ogre. Il s’arrêta et regarda en arrière : pas de dinosaure ou de maxi-serpent. Tout était calme. L’ogre soupira en réalisant son erreur: encore une fois, c’est de lui qu’on avait pris peur !

Il cria de toutes ses forces pour rappeler les campeurs. Peine perdue, ils avaient déjà disparu !
Enervé, Olaf tapa du pied dans un tronc d’arbre. A chaque fois qu’il rencontrait quelqu’un, c’était la même chose ! Tous s’enfuyaient sans lui laisser la chance de se présenter.

Après avoir dévoré les provisions laissées par les campeurs, Olaf mit la main sur une petite radio portative. Il la secoua dans tous les sens, se demandant de quoi il s’agissait, jusqu’à ce qu’il appuie sur un bouton et que de la musique ne commence à en sortir.

Aux premières notes, l’ogre s’arrêta tout net. C’était la première fois qu’il entendait de la musique et il s’en trouva transporté. Etait-ce possible qu’en quelques secondes, tout ait changé ?
C’était pourtant comme si ses montagnes n’existaient plus, comme si le vent s’était arrêté de souffler.

"Ne dis rien si tu m'aimes"

Je viens de décider que j'allais ajouter une rubrique "projets" à ce blog, parce que je ne sais pas si vous avez remarqué, mais y'en avait pas. Alors du coup, comment les millions d'éditeurs qui ont cette adresse dans leur favoris feraient-ils pour savoir ce qui me reste de libre ? Hein ?
(Pour les béotiens, des "projets", en langage clair, ça veut dire des textes pas publiés...notez que je n'ai pas dit "nuls", j'ai dit "pas publiés", nuance.)

Alors je suis désolée pour les abonnés, car vous connaissez déjà les histoires dont je vais parler....alors vous êtes autorisés à ne pas lire.
C'est l'inconvénient du blog par rapport au site web... ou alors il y a une manip' que j'ai loupée.

Bon allez c'est parti, je me lance.

EDIT : ça y est, celui là il est vendu !!! Sortie prévue début 2012...

Titre : Ne dis rien si tu m'aimes (mais on peut changer, hein, je suis pas pénible comme fille)
Age : jeunes ados, 11-13 ?
Nb signes : 70 000
Genre : roman "sensible", comme on dit
Thèmes : confiance en soi et en l'autre, amour, déception


Et voici l'incipit (et même plus), comme on dit au lycée !



1.


5 novembre, 8H.

Aujourd’hui, ça fait un mois que j’ai rencontré Chine. Un petit mois de rien du tout, alors que j’ai l’impression de la connaître depuis toujours. Chine, ce n’est pas le pays, mais la fille que j’aime.

C’est la première fois que je suis amoureux et que je crois que c’est réciproque. Non, en fait c’est la première fois que je suis amoureux tout court. Alors il faut que je fasse très attention, parce qu’entre elle et moi, c’est tellement fort que c’est impossible que ça m’arrive une deuxième fois.

Je m’appelle Timothée, j’ai 13 ans et j’ai déjà déménagé 4 fois. Et à part ça, j’ai une vie tellement ordinaire que je parfois, je me demande à quoi elle sert. Enfin, ça, c’était jusqu’à ce que je rencontre Chine.

Chine, c’est la première personne qui m’a parlé quand je suis arrivé dans mon nouveau collège.

Je déteste être le nouveau, ce qui tombe mal parce que justement, ça m’arrive souvent. Tout le monde vous regarde comme si vous étiez en slip ou comme si on vous avait refilé le jean de votre grand-père, ou les deux à la fois. Il faut traverser toute la classe sous les regards des élèves qui se retournent au fur et à mesure, ça donne l’impression d’avoir des semelles de plomb.

Quand je suis arrivé dans la classe, je l’ai tout de suite remarquée. C’est comme si tout avait été en gris et blanc, sauf son pull rouge et elle dedans. Elle avait d’épais cheveux qui coulaient comme de l’encre sur ses épaules et quelque chose de très étrange, qui me donnait envie d’aller vers elle alors qu’elle semblait très distante. Elle était là sans être là, on aurait dit que quoi qu’il puisse se passer, elle n’était pas concernée.

Elle m’a fait penser à un personnage de haïku. J’aime bien les haïkus : avec les BD et le programme télé, c’est la seule chose que je lis. Déjà, parce que c’est très court. Et parce que ça me donne l’impression d’être ailleurs, dans un endroit qui ne ressemble qu’à moi et qui ne change pas, même quand je déménage. J’ai essayé d’en écrire quelques-uns. Je ne sais pas ce qu’ils valent et à vrai dire, je m’en fiche, parce ce que je ne compte pas les montrer à qui que ce soit.

- Timothée ? Timothée !

La voix de la prof principale, qui m’avait planté sur l’estrade pour me présenter aux autres, m’a fait sursauter. Elle aurait pu dire que je m’appelais Jean-Gyrophare et que j’étais champion de mots-croisés que je ne l’aurais même pas remarqué. J’étais complètement hypnotisé par la Fille aux Cheveux d’Encre, ça me faisait presque mal de la regarder.

La prof a continué :

- Voyons, Timothée…où est-ce que tu vas t’installer ? Tiens, va donc là-bas, à la table de Chine.

Sur le coup, je n’ai pas très bien compris. C’était quoi, cette histoire de tables chinoises ? De quoi est-ce qu’elle me parlait ?

Et puis la Fille aux Cheveux d’Encre s’est levée et j’ai réalisé que Chine, c’était comme ça qu’elle s’appelait.

Chine. Chine Chine Chine. J’ai répété plusieurs fois le prénom dans ma tête et j’ai décidé que ça lui allait parfaitement bien, parce que c’était un prénom incroyable. Comme elle.

D’un coup, je me suis senti mal. Qu’est ce que j’allais bien pouvoir lui dire ? De quoi parlait-on avec une fille comme ça ? Et pourquoi j’avais mis ce pull à carreaux ? Elle allait me trouver complètement nul, c’est sûr.

La prof principale m’a tapoté le dos. J’ai inspiré un bon coup et j’ai commencé la Grande Traversée de la Classe. Ce qui est bizarre, c’est qu’en fait, je n’avais pas de semelles de plomb à traîner, d’ailleurs, c’est la première fois que ça m’arrivait.

La Fille aux Cheveux d’Encre m’a regardé dans les yeux, ça m’a cloué sur place, avant de dire d’une voix très calme et assurée :

- Salut. Je m’appelle Chine.

C’est comme ça qu’entre nous, ça a commencé.

2.



5 novembre, 16H42.

- Bon alors, tu viens ?

Chine est contrariée, comme à chaque fois que je discute avec quelqu’un d’autre qu’elle. Mais finalement, si elle me veut entièrement pour elle, c’est la preuve qu’elle est amoureuse de moi, non ? Alors je fais semblant de soupirer, mais au fond de moi, je chante, je cours, je hurle de joie. Et je suis rassuré, aussi, parce que rapport à elle, j’ai toujours l’impression d’être aussi intéressant qu’un documentaire sur l’histoire de la tringle à rideau. Ca a commencé dès le premier jour, pendant un cours de géo. On était en train de cartographier les cours d’eau du continent africain, quand elle m’a sorti comme ça, au milieu de rien :

- Quand j’étais petite, j’habitais au Kenya, à Nairobi. Dans la savane, il faut faire attention à ne pas tomber sur une lionne avec ses petits. C’est très dangereux, les lionnes.

- Et alors, qu’est ce qu’on fait si on en voit ? j’ai chuchoté en l’imaginant, tapie au milieu des herbes hautes.

- Tu recules doucement en la regardant droit dans les yeux, mais surtout tu ne te retournes jamais.

J’ai pensé à mes parents qui n’arrêtaient pas de nous faire déménager et qui n’avaient jamais été fichus de nous emmener dans des endroits comme ça. Chine croisait des lionnes énervées dans la savane, et moi, la seule chose que je pouvais raconter des villes où j’avais habité, c’est qu’en Alsace j’avais eu la coqueluche, que l’essence de notre voiture avait gelé dans le Jura et qu’à Valenciennes, on ne dit pas serpillière mais wazingue. J’ai cherché un truc à raconter, n’importe quoi qui aurait pu me rendre un peu moins ordinaire, mais je n’avais rien. Même ma cicatrice au sourcil, je dis toujours que je me la suis faite dans un championnat de surf alors qu’en vérité, je n’ai jamais vu l’océan. En vrai, elle date de la fois où je suis cogné en ouvrant trop fort la porte du placard de la salle de bain.
C’est drôle à pleurer.

Quelques minutes plus tard, la fin du cours a sonné.

- J’aurais préféré ne jamais y aller, a alors ajouté Chine.

- Où ça ? j’ai répondu sans réfléchir, parce que j’étais toujours occupé à chercher comment poursuivre la conversation en ayant l'air intéressant.

Chine m’a répondu d’un air excédé et j’ai eu l’horrible impression d’être le pire crétin qu’elle n’ait jamais rencontré, ce en quoi elle aurait eu raison. Qui d’autre se serait laissé déconcentrer pendant que la Fille aux Cheveux d’Encre parlait ?

- Au Kenya ! Tu ne m’écoutais pas ?

- Bien sûr que si ! j’ai aussitôt répondu en espérant que ça sonne évident. Je me suis dépêché d’ajouter :

- Ne pas y être allé ? Au Kenya…Tu rigoles ? Moi, la seule chose que je connais de l’Afrique, c’est le magasin de Maalik en bas de chez moi !

Chine m’a regardé dans les yeux et il m’a semblé que les siens prenaient toute la place sur son visage. On s’est levés pour sortir de la salle et elle m’a soufflé :

- Mes parents sont morts quand on était là-bas.

Je me suis senti encore plus idiot. J’ai voulu faire quelque chose, disparaître ou l’embrasser mais pour cela, il aurait fallu être lâche ou courageux. Et je n’ai même pas été fichu d’être l’un des deux. Alors j’ai continué d’avancer sans rien dire et j’ai foncé dans Bertille qui s’était arrêtée en plein milieu de la salle pour refaire son lacet.

Ce qui est incroyable, c’est qu’après une entrée en matière aussi désastreuse, Chine a continué à me parler. A moi, Timothée Lambert, le type le plus désespérément ordinaire de la terre. Et ce qui est encore plus dingue, c’est qu’on s’est même tout de suite bien entendus.

En fait, comme il ne m’arrive jamais rien, j’ai vite compris qu’il fallait que je mise sur autre chose que sur lui en mettre plein la vue. La faire rire. Lui faire plaisir. Ou l’écouter. Je veux dire, l’écouter vraiment, et parfois même, essayer de parler de choses qu’on a au fond de soi et qu’on ne partage avec personne d’autre.

Et ce n’est pas difficile. De toute façon, je crois que je serais prêt à faire n’importe quoi pour qu’on me laisse seulement la regarder.

- Timothéeeeeeeee !

Je serre la main de Matthieu et je file rejoindre Chine qui fait la tête de quelqu’un qui attend depuis 12 ans.

3.

5 novembre, 16H46.

Chine m’attend, assise sur les marches de l’église. Avec ses converses vert fluo et sa jupe blanche étalée tout autour de ses genoux, elle est belle comme un chou à la crème ou une danseuse.

Chine, c’est la seule fille du collège qui porte autre chose que des jeans ou des pulls couleur de rien. Quand elle met son short bleu électrique, on ne voit qu’elle dans les couloirs, mais elle s’en fout. En fait, je crois qu’elle aime bien ça, être remarquée. Etre le centre de l’attention. C’est une autre raison pour laquelle je l’admire. Moi, moins on me regarde et mieux je me porte.

- J’en ai marre de t’attendre ! elle grogne sans même lever les yeux. Qu’est ce que tu lui racontais, à Mathieu ?

Je cherche quelque chose qui pourrait faire rire une danseuse énervée. Mais je ne trouve pas. Au collège, à la place de la physique, on ferait mieux d’apprendre à être spirituel, ça serait plus utile.

- Oh, des trucs sans importance.

Je continue, d’un air que j’espère engageant :

- Qu’est ce que tu veux faire ? Tu veux qu’on aille au photomaton ?

Le photomaton, elle adore ça, je ne compte plus le nombre de fois où elle m’y a traîné. Elle commence par prendre des poses de cinéma et ensuite, généralement, elle déjante complètement. Elle grimace, elle embrasse l’écran ou se coiffe n’importe comment et moi, il faut que je fasse pareil, sous peine de passer pour le type super barbant.

Elle marche à côté de moi, sans un mot. Et puis d’un coup, elle se met à pleurer. Sans me prévenir, rien ! Qu’est ce qu’elle a ?

- Qu’est ce que j’ai dit ? Tu ne veux pas y aller ? Hé, attends, on n’est pas obligés, je disais ça pour te faire plaisir, moi !

Elle secoue la tête pour dire que ce n’est pas ça.

-T’as mal quelque part ? T’as l’appendicite ? T’as…tes trucs de fille ?

Elle lève les yeux au ciel. Toujours non. Parfois, c’est un peu compliqué, d’essayer de sortir avec une fille.

- Ben qu’est ce que t’as ? Dis-moi !

Chine lève la tête et me regarde avec ses grands yeux inondés, elle doit me voir tout flou :

- C’est mon anniversaire, aujourd’hui…et tout le monde s’en fout !

vendredi 25 juin 2010

J'ai le temps de rien !!

Pfff...j'ai le temps de rien en ce moment ! Pardonnez -moi l'absence de recherche dans l'expression, mais c'était juste pour expliquer pourquoi j'actualise ce blog avec le dynamisme d'un poulet mort.
Vente de l'appartement, quête effrénée d'un autre à moins de 10 000 €/mois (vive Lyon), déménagement, tris, cartons, paperasseries, recherche d'un autre boulot....et aussi absence de réponses d'éditeurs (mais keski fou*ent ?ou alors c'est la vengeance du facteur parce qu'en janvier, je ne lui ai pas acheté son calendrier avec des chiots ou une barque sur fond de plage bretonne. Mmmh, je vais l'avoir à l'oeil, çui-là).
Enfin bref, tout ça mis ensemble fait que je n'ai pas écrit une ligne ni sur un manuscrit ni sur ce blog depuis presque 2 mois.


Heureusement, au milieu de tout ça et pour me rappeler que si si, j'ai écrit des livres dans un loitain passé, une bonne surprise est quand même arrivée dans ma boite aux lettres (non ce n'était pas un chèque, c'est bête). Je vous la mets en images ci-dessous :





Alors alors, qu'est ce que c'est ?



Allez, un autre indice :

Allez je vous dis : c'est ma Sidonie Quenouille, version chinois complexe !
Excellent, non ?


dimanche 9 mai 2010

Atelier d'écriture à Orchamps Vennes

Mercredi 28 avril, je suis allée à la maison familiale et rurale d'Orchamps Vennes animer un atelier d'écriture pour des jeunes de 18 à 34 ans, en formation BAPAD, c'est à dire amenés à devenir des animateurs professionnels (dans des centres aérés, centres de loisirs, colos etc etc).

C'était pour moi une double première fois :
- première fois que je suis obligée de lever la tête pour m'adresser à mon auditoire (quoique, parfois, en CM2...)
- première fois que j'animais un atelier d'écriture, un vrai de vrai, avec un réel objectif à la clé : que chacun reparte avec une histoire, support d'une activité à réaliser avec un groupe d'enfants.

On a commencé avec des petits exercices de mise en jambe, histoire de décoincer le truc, manière de s'échauffer les méninges (merci Anne !).
Pour commencer, je leur ai donné des verbes que je leur ai proposer de complèter avec ce qui leur passait par la tête : boire, voyager, rêver, penser, dormir...

Ensuite, je leur ai proposé d'écrire des listes : choses inutiles, choses qui font rêver, choses qu'on aime faire le week-end, la liste des première fois...


Voici une liste de 1° fois inventée par Léo, Mélissa & Améline :

La première fois que j'ai vu mon nombril
La première fois que j'ai bu de l'eau
La première fois que j'ai mis un chapeau
La première fois que j'ai parlé à un pingouin

La première fois que je suis passé par la fenêtre
La première fois que j'ai embrassé un crapeau


Enfin, je leur ai demandé de penser à un lieu, un paysage, et de le décrire sur le mode :
j'ai vu...
J'ai entendu...
J'ai senti...
J'ai goûté...
J'ai senti...
Les autres groupes devant deviner l'endroit en question.

Je vous livre une production (même groupe que plus haut !)
J'ai vu un cafard chanter dans un bac de douche
J'ai entendu un couple de rats s'engueuler

J'ai senti la douce odeur des sièges en cuir en train de se décomposer
J'ai touché la carcasse rouillée d'un tracteur jaune
J'ai goûté une chose verdâtre non identifiée


Vous avez deviné ? on est dans une décharge ! Pas mal non ?

On s'est ensuite attaqué aux histoires proprement dites. Chacun a choisi un thème relativement facile à retrouver lors d'une ballade avec des gamins (pierrier, dolline, arbre, maison comtoise, vache, cheval, forêt....) et a réfléchi à un scénario, avant de passer à l'étape de la rédaction. J'ai essayé de passer du temps avec chacun pour faire en sorte que l'histoire "fonctionne" , comme on dit, mais la journée a vite passé et le temps a manqué pour que chaque texte soit bien finalisé...

J'espère en tous cas que chacun aura passé une bonne journée et aura pris plaisir à créer...Pour moi, l'expérience a été vraiment sympa !

Voici le lien du site de Sylvain Meignier, animateur de la section BEPAD à l'initiative de cette journée et qui est également artiste graphiste. http://www.meignier-graph.com/

dimanche 2 mai 2010

Echappées Livres 2010


Le 26 et 27 mars dernier, j'ai été invitée par le réseau des bibliothèques d'Annecy dans le cadre de l'Echappées Livres. Le coin étant plutôt tentant, j'ai embarqué homme et enfant avec moi dans la Toyot' (enfin pour être tout à fait exacte, c'est plutôt mon homme qui nous a embarqués) et hop, direction Annecy, via la Suisse.

Après une nuit moyennement reposante à l'hôtel pour cause de gnome n'ayant pas tellement sommeil, me voici fin prête à rencontrer les classes. Ma bibliothècaire vient me chercher à l'hôtel, il s'avère qu'au vu de la carure et de la voix, c'est plutôt un bibliothècaire mâle ! ;-)
Direction la médiathèque de Meythet pour la première rencontre. Chouette médiathèque, toute neuve et très propice à la lecture !
Après un déjeuner sympathique en compagnie des bibliothécaires, direction la bibliothèque de Novel (où se tenait une petite expo sur les magnifiques livres de benjamins-media, en braille), puis à la bibliothèque des Tilleuls (diantre, quel programme !).
Le lendemain, sous une pluie battante (voyez comme je vis dangereusement), je suis allée à la bibliothèque de Chavanot puis à celle de Novel, au centre ville d'Annecy.

Si vous y étiez, je profite de ce message pour vous envoyer un petit coucou ;-)

Pendant 2 jours, j'ai donc eu le plaisir de rencontrer 6 classes qui m'ont présenté leurs travaux sur "ma grand-mère a un amoureux". Les élèves m'ont également posé toutes leurs questions sur le "métier". J'espère y avoir répondu !
Merci à tous, donc, pour ces chaleureuses rencontres. Dommage que le soleil n'ait pas été au rendez-vous !

ps : comment ça j'ai l'air d'une prof sur la photo ?





ps2 : je viens de recevoir un mail très sympathique de la part de Bertrand Bouyneau, instituteur à l'école Cofta, qui m'a fait passer les impressions écrites des élèves. Merci, ça m'a fait vraiment très plaisir !!! Les voici ci-dessous ! Notez le jugement particulièrement perspicace de la petite Emma G ;-) Merci Emma G !

Ma grand mère a un amoureux (Annelise Heurtier)

Jeudi 25 mars, nous avons rencontré l'auteur Annelise Heurtier à la médiathèque de Meythet, dans le cadre du projet « L'échappée-livres ». Celle-ci a écrit le roman « Ma grand-mère a un amoureux » que nous avons étudié avec notre classe de CM2.

Voici, en quelques lignes, nos réactions suite à cet échange très chaleureux et très instructif.

Ces remarques sont adressées à l'auteur car nous les lui avons envoyées.

-J'ai aimé quand vous avez expliqué les étapes de fabrication d'un livre. Vous avez bien répondu à nos questions. (Kenza)
-J'ai apprécié cet échange car cela m'a permis de comprendre comment sont faits les livres que je lis. (Emma R)
-J'ai aimé faire votre connaissance. J'ai été très intéressé, vous avez toujours su répondre .Merci. (Adam)
-Merci beaucoup pour cette animation géniale. C'était une chance de pouvoir vous rencontrer. (Stella)
-Cette rencontre m'a plu. Surtout quand vous avez montré vos autres livres, comme Tu seras pirate mon fils. C'était vraiment sympa! (Clara L)
-J'ai aimé les explications sur la démarche à suivre pour faire un livre. J'ai aussi aimé la liberté que nous avions de vous poser des questions. (Adrien)
-Le prochain livre que je souhaiterais lire, c'est Tu seras pirate mon fils. J'ai bien aimé la présentation de vos différents livres. (Yanis)
-J'ai appris qu'être écrivain n'était pas forcément un métier mais pouvait être un loisir. Vous êtes très gentille. (Emma G)
-J'ai bien aimé quand avez raconté votre enfance et vos livres. Les illustrations dans Opération boîte à musique ne sont pas réussies. (Sofiane)
-J'ai aimé être pris en photo avec vous, ainsi que le goûter. (Ayoub)
-Vos réponse étaient claires. J'ai beaucoup appris sur le métier d'écrivain. Pour ma part, j'écris plutôt le matin et à la main. (Emma P)
-Vous vous êtes bien présentée et vous avez bien répondu aux questions. Je n'ai pas trop aimé la chenille des étapes d'édition. (Sheïma)
-C'est fou comme ça vous est arrivé d'un coup l'envie d'écrire. Je pense que vous ne gagnez pas assez d'argent sur un livre vendu. (Ilayda)
-J'ai aimé quand vous avez raconté rapidement l'histoire de Tu seras pirate mon fils. (Laura M)
-J'ai appris beaucoup sur les éditeurs, les écrivains, les illustrateurs. Sidonie quenouille doit être bien. (Clara F)
-Merci beaucoup ! J'ai appris beaucoup de choses ! Vous avez beaucoup voyagé. (Laura N)
-J'ai bien aimé quand vous avez parlé de votre vie et que vous avez présenté vos livres. (Thomas)
-Vous vous êtes bien présentée. Merci. (Damien)
-J'étais intéressé par la chenille des étapes pour publier un livre. (Théo)
-J'ai bien aimé la rencontre. (Nicolas)
-C'est bizarre d'écrire juste comme un passe-temps et de ne pas en faire son métier. Tahiti, ça doit être une belle île (en mer..) ! (Batuhan)
-J'ai bien aimé vous rencontrer, discuter et partager ce moment avec vous. J'aimerais lire Sidonie quenouille et Tu seras pirate mon fils. Merci. (Lucas)
-J'ai aimé votre réaction quand on vous a donné nos dessins. (Selssabil)
-J'aime votre livre Ma grand-mère a un amoureux. Vous avez bien répondu aux questions. Merci. (Mustafa)


Un grand merci de la part de toute la classe. On espère que vous avez aussi apprécié la rencontre. On a aimé votre simplicité, votre enthousiasme. L'échange était très vivant et convivial ! Cela nous a donné envie de lire d'autres romans de votre plume. Merci beaucoup.

La classe de CM2(Cotfa Meythet)




Dernière minute !

Voici un texte composé par la classe de CM2 de l'école Cofta, sur le modèle de ma grand-mère a un amoureux. Epatant, non ?

PROJET Échappée-livres 2010

CM2 Bouyneau / Varloteau (école COTFA de MEYTHET) - Sacré Grand-Père


"La plupart des grands-pères portent un béret ou un chapeau gris, sur leurs cheveux blancs comme neige. Ils se déplacent difficilement accrochés à leur canne pour ne pas tomber par terre. Ils portent des habits sombres, tristes, en laine ou à carreaux. Ils sont souvent grincheux et quand ils nous parlent de trop près, ils sentent le vin et le camembert. Ces grands-pères-là sont sévères et aigris et rabâchent souvent la même rengaine: « De mon temps, c'était mieux ! Les jeunes, c'est plus ce que c'était... »


Mais mon grand-père à moi, il n'est pas du tout comme ça !

Le mien, il est sympa et aime bien rigoler. Il se lève tôt pour faire son sport ou jouer au foot avec moi. Il a une queue de cheval et une moto. Il s'appelle Jean mais tout le monde l'appelle Jeannot. Il voyage beaucoup dans les déserts de Ouarzazate, au Pérou ou en mer. Il est toujours joyeux même s'il ne fait plus la paire avec ma grand-mère. Il joue au poker et c'est une vraie commère avec ses compères. Mon grand-père, sacré personnage légendaire, le sourire jamais il ne le perd !

Moi, c'est Louis. J'ai 10 ans, je suis en CM2 et j'adore mon grand-père. On s'entend vraiment bien comme les deux doigts de la main. Pourtant, pour moi, il reste comme un mystère qui rôde autour de mon grand-père....c'est ce tatouage.

Un jour, par hasard à la plage, j'ai découvert ces inscriptions sur son bras. J'ai mené mon enquête et demandé à Jeannot le sens de ces numéros. Mais il a évité ma question, comme mon père. Je désespère. Je me suis toujours demandé ce qu'était ce code secret. Mystère.

Peut-être qu'un jour, quand je serai grand, on me le dévoilera. Qui sait ? "

samedi 1 mai 2010

Rencontre avec l'école de Saint Jean la Bussière


Vendredi 30 avril, je suis allée rencontrer une école à Saint Jean la Bussière. Comment ça vous ne savez pas où c'est ? http://fr.wikipedia.org/wiki/Saint-Jean-la-Bussi%C3%A8re
Toutes les classes avaient bossé sur "Les Etranges Disparitions" et je dois avouer que j'ai trouvé leur travail particulièrement intéressant.
Allez, voici un petit résumé de l'après-midi passée en leur compagnie.

13H40, dans la cour de l'école : je savais que j'aurais du prendre un pull.

13H45 : Tous les élèves se rassemblent dans l'une des classes (aaaah, on est mieux) et chaque groupe montre tour à tour la production qui a été effectuée.

Les CE1/CE2 ont découpé le texte de l'album pour le "chapitrer". Exercice pas forcément évident dont ils se sont très bien tirés, idem pour les noms de chapitres (je parle en connaissance de cause, je suis nulle dans ce genre d'activité) .
Ils ont également réécrit la fin du texte et nous l'ont lue. Je vous la livrerai quand j'aurais eu l'autorisation de l'école, vous verrez, c'est très drôle...Quoiqu'un peu inquiétant :-/


Les CP, quant à eux, ont travaillé sur les illustrations et plus particulièrement sur la 4° de couv'. Ils se sont donc posé la question suivante : mais pourquoi diable le mouton s'enfuie-t-il ? (hein, Aurore, pourquoi )? J'ai trouvé que l'idée était vraiment sympa.

Les grands, enfin, ont joué les enquêteurs et ont interrogé les personnages de l'album.

16h30 : le deuxième temps de l'après-midi a été consacré aux questions rituelles sur le travail de l'auteur (c'est moi ça !) : comment l'inspiration vient-elle (c'est mon nègre mais j'ai rien dit), combien de temps faut-il pour écrire un livre, comment Aurore fait-elle pour enlever le trait noir des dessins , à quel âge j'ai commencé, est-ce que je voulais en faire mon métier...J'ai pu faire mon petit laïus habituel sur la maigreur de nos droits d'auteur (ben ouais, 30 cts sur un livre à 6 €, c'est pas cher payé).On sait jamais, si y'a des éditeurs en herbe dans l'assistance...

Pour finir l'après-midi, je leur ai proposé de leur lire un morceau d'histoire et comme d'habitude, c'est "Tu seras pirate mon fils" qui a remporté tous les suffrages !
Après un petit gouter pris dans la cour, j'ai dédicacé pas mal de livres. Merci aux parents !

Bref, j'ai passé une après-midi très sympathique, j'en profite donc pour féliciter les enfants pour le travail effectué, ainsi que les instituteurs et l'équipe de la bibliothèque. J'ai été très bien reçue et votre accueil m'a fait chaud au coeur ! Merci !

Et merci à Marie-Claude qui a été à l'initiative de cette rencontre.

Haut les coeurs

Je vous avais dit que j'avais reçu un mail encourageant de G*** à propos de mon roman "Ne dis rien si tu m'aimes"...Et bien après avoir laissé reposer leurs commentaires, j'ai ré-empoigné mon texte et me suis remise au boulot.
Au total, ça fera bientôt un an que je suis dessus (sigh!). Le texte initial et celui d'aujourd'hui n'ont plus grand chose à voir ! En tous cas si ça marche pas, je rends mon tablier ! Ou je m'auto-édite ! (ha non quand même, faut pas exagérer, plutôt saigner le chat que m'auto-éditer).

Alors, suivant leurs précieux conseils, j'ai ajouté pas mal de choses, notamment pour expliquer le pourquoi du comment sur cette fameuse Chine qui ne va pas fort fort. Mon Timothée est aussi devenu amateur de haîku, en plus des BD et du programme télé. Ben si justement, c'est possible, et c'est ça qui est bien.
Bon, allez, je vous livre un chapitre que j'y ai rajouté.


7.
Dans le garage de Victor, la musique était si forte qu’elle me faisait vibrer le cœur. J’ai hurlé dans l’oreille de Chine :
- Tu viens, on sort ?
Chine a hoché la tête. On a zigzagué entre les filles qui dansaient, on est passé devant un groupe de garçons qui riaient puis devant Mathieu qui m’a tapé l’épaule en souriant.
On s’est glissé à l’extérieur. Il pleuvait. On s’est assis dans un coin du balcon, elle avec sa jupe rouge et moi avec mon kimono blanc. On a regardé la pluie tomber sans rien dire, juste en se donnant la main. Ça sentait l’herbe mouillée. Il ne me manquait tellement rien, j’étais si bien avec elle, alors que la musique criait dans le garage, que sans réfléchir, j’ai chuchoté :

Le monde
est devenu
un cerisier en fleurs

C’était la première fois que je récitais un haïku devant quelqu’un d’autre que mon reflet dans le miroir. Même ma mère, je ne lui en ai jamais parlé, comme si ça me gênait, comme si ça pouvait lui permettre de voir à l’intérieur de moi. Mais avec Chine, en ce moment et à cet endroit, je me sentais si bien que ça m’a paru évident.
Elle m’a regardé, toute étonnée.
- C’est beau, elle a dit après quelques secondes.
Puis elle a ajouté :
- Qu’est ce que c’est ?
Alors je lui ai expliqué. Les haïkus, le moment ordinairement extraordinaire, le 5-7-5, le temps, les sentiments, tout. Je ne pouvais plus m’arrêter de parler, j’aurais pu continuer pendant des heures.
- C’est toi qui l’as écrit ?
- Celui-là, non. Il est de Ryokan, un poète japonais.
J’ai hésité puis ai ajouté :
- Mais j’en ai…écrit, enfin, j’essaie.
- C’est vrai ? Tu me les feras lire ?
Ses yeux étaient grands ouverts. Je crois que c’est la première fois qu’elle avait l’air épatée par quelque chose qui venait de moi. Je lui ai dit :
- Oui, je crois que ça me plairais que tu les voies. En fait, tu es la première…enfin, je n’en avais jamais parlé à personne, quoi.
Elle m’a embrassé. Longtemps.
- Merci.
On s’est remis à regarder la pluie tomber. Mais elle avait l’air un peu gênée. Au bout de quelques minutes, elle a murmuré :
- Je n’ai jamais habité en Afrique, en fait.
Je n’ai pas bougé. Je fixais droit devant moi, il y avait toujours autant de gouttes qui tombaient sur l’allée, mais d’un coup, elles me parurent froides et sans intérêt.
- Timothée ?
J’ai inspiré un bon coup :
- Pourquoi tu me dis ça, maintenant ?
Je lui en voulais, c’était la deuxième fois qu’elle gâchait tout, alors que tout paraissait si parfait, comme mon petit frère qui sans prévenir, démolit le château de cartes que je viens de passer un quart d’heure à lui fabriquer.
Chine avait les yeux rivés sur ses genoux.
- Tes haïkus. Tu m'as dit des choses dont tu n'as jamais parlé à personne et qui n'étaient qu'à toi.
J’ai répondu d’une voix plus dure que je ne l’aurais voulu :
- Tes parents, l’Afrique…. T’en as encore inventé beaucoup, des trucs comme ça ?
- Non. C’est tout.
Je me suis levé pour retourner dans le garage, elle m’a imité.
- Alors pourquoi tu m'as fait croire ça ?
Elle a levé son visage vers moi.
- Je sais pas. Pour me rendre intéressante, j’imagine ?
Elle était si belle, avec ses yeux sombres et ses cheveux liquides, que ça m’a pincé l’estomac. Ma colère est tombée illico. J’ai soupiré :
- Ben c’était vraiment pas la peine, tu vois.
J’ai pensé « tu es tellement l'inverse de moi ».


Bon sinon, je reviens bientôt pour vous raconter ma semaine bien chargée de rencontres, entre un atelier d'écriture et une rencontre sympathique d'élèves ayant vraiment bien bossé sur les Etranges Disparitions !

Et pour finir, j'ajoute que comme toute la famille, je n'aime plus le 1° mai. Et que le ciel de celui de cette année pleure autant que celui de l'année dernière.

jeudi 8 avril 2010

J'ai trouvé un truc rigolo...

"Tu seras pirate, mon fils" en version racontée !
C'est MarieKa Luna, conteuse, qui s'y colle pendant 41 mn et si vous voulez écouter, ça se passe ici :
http://www.dailymotion.com/video/xc6aiv_tu-seras-pirate-mon-fils-conte-pour_people

mercredi 10 mars 2010

Ce qu'il y a de bien avec les vacances chez les parents...

C'est qu'ils sont tellement heureux de s'occuper des petits-enfants que pendant ce temps, leurs enfants (en l'occurence, moi) peuvent faire absolument tout ce qu'ils veulent. Faire la grasse matinée, lire magazines et romans en quantité, aller jogger sans être obligé de planifier une semaine à l'avance et bien sûr, écrire toute la journée.

Du coup j'ai travaillé sur une idée d'album que j'avais en tête, et c'est à peu près terminé. Mais c'est étrange, c'est la première fois que je ne sais pas si c'est bien ou pas. (ndlr : parce que d'habitude, je suis toujours esbaudie de mon incommensurable talent époustouflant, vous vous en doutez bien ;-) )

Ca s'appelle "Du Père Noêl qui voulait se changer les idées", s'adresse à des petits, compte 5500 signes et commence comme ça :


- Allez, Père Noël, arrêtez votre cinéma. Faites AAA et dites-nous ce qui ne va pas !
Sous sa couette, le Père Noël marmonne au lutin-médecin que tout va bien.
Mais aucun des 365 lutins rassemblés autour de lui n’en croit un mot. Non, vraiment, depuis quelques temps, le Père Noël a quelque chose qui ne tourne pas rond.

Au départ, il trainait les pieds dans l’atelier.
Ensuite, il s’est mis à rester en pyjama toute la journée.
Depuis peu, caché sous son édredon, il ne prend même plus la peine de se lever.

Pour le réconforter, ses lutins ont tout essayé : lui apporter des pralinés, faire briller l’atelier et même organiser des tournois de blagues pour l’amuser.
Malheureusement, rien n’a fonctionné.
Et le Père Noël est toujours en pyjama.


- Père Noël, ça ne peut plus durer ! entend-on d’un côté.
- Sans vous, tout va de travers à l’atelier ! entend-on de l’autre. Les rennes font le cirque toute la journée ! Qu’est ce qui vous arrive ?
- Il m’arrive que j’en ai assez de la même routine chaque année. Ras-le-bol de fabriquer des cadeaux au fond d’un atelier !
Les lutins se regardent, bouche bée. Quelle mouche l’a piqué ?
- Etre Père Noël, c’est trop plan-plan. D’ailleurs, vous avez raison, ça ne peut plus durer ! Préparez le traineau, je pars à l’aventure immédiatement ! Terminée, la goutte au nez : je file à Papeete !
C’est ainsi qu’à la surprise générale, le Père Noël décida d’abandonner le Pôle Nord et son atelier.

lundi 8 mars 2010

De la motivation à l'état pur...

Mieux que Sidonie en chinois, mieux qu'une paire de Pons Quintana à moitié prix : des encouragements de Gallimard !
J'ouvre en effet ma boite mail ce matin et que vois-je ? Au milieu des propositions de viagra et d'autres cheap medicine (mais à quoi sert mon anti-spam, je vous le demande), un mail du comité de lecture de feu les éditions de la Nouvelle Revue Française...
Et ça, c'est déjà une victoire en soi. Parce que pour la dizaine de manuscrits que je leur ai déjà proposés, je crois que j'ai dû avoir 4 réponses -types en tout et pour tout. Pour les béotiens, une réponse type, c'est une réponse photocopiée, impersonnelle, qui vous annonce juste que "malgré ses qualités, notre comité de lecture n'a pas retenu votre manuscrit" qui ne correspond pas à la ligne éditoriale (manière policée de dire que votre prose est consternante de nullité).

Or aujourd'hui, voilà un petit bout de ce qu'ils m'écrivent :

[ Nous vous remercions vivement de nous avoir adressé votre roman, intitulé : Ne dis rien si tu m'aimes. Nous en avons fait une lecture très attentive.

Nous avons été sensibles à l'atmosphère, pleine de mystère et de sensibilité, qui porte votre récit.Nous avons également apprécié la justesse de ton de votre roman et nous sommes attachés à vos personnages, lui, touchant de sincérité, et, elle, pétrie de failles.
Cependant, malgré ses qualités, nous avons choisi de ne pas retenir votre texte.
A notre sentiment, votre histoire aurait mérité un développement plus étoffé : .....]


Et bien ce n'est peut-être pas grand chose, mais vous ne pouvez pas savoir le bien fou que ça me fait ! De la motivation toute neuve pour retravailler mon texte....

Et en plus il fait beau et je suis en vacances...Si c'est pas chouette, tout ça...

mercredi 3 mars 2010

Sidonie à Taïwan !

Dans ma boite aux lettres cette semaine, une drôle de missive...Je décachète l'enveloppe estampillée "Actes Sud" en me disant que j'avais pourtant bien reçu tous les refus correspondants à mes derniers envois (sigh !)....Et là, que vois-je ??? Mon éditeur préféré a signé un contrat avec un éditeur taïwanais...Sidonie Quenouille va être traduit en "chinois complexe" !
C'est dingue, non ?
J'ai hâte de voir à quoi tout cela va ressembler...

vendredi 5 février 2010

De la sueur et des larmes ...

J'ai bossé, bossé, enquiquiné mon homme, sué, sué et sué (bon c'est une image hein, n'allez pas imaginer des trucs, non plus) et j'ai fini par tout réécrire mon roman pour qu'il s'adresse à de jeunes collègiens, sur les conseils avisés de mon éditeur préféré. Et ce n'a pas été une mince affaire, vu que la V1 s'adressait plutôt à des écoliers. Vous imaginez le travail, il a fallu tout changer : les cadres de références, la manière de parler etc etc.....
Et vu qu'au final [tragédie], il ne l'a pas pris quand même - d'où les larmes-, je cherche un éditeur qui voudrait donc bien, de ses petits doigts magiques, faire en sorte que ledit texte se trouve une existence de papier...

Ami lecteur, si vous avez un petit moment pour vous dire ce que vous en pensez ? Allez, je vous en mets un petit petit morceau.....


1.

Aujourd’hui, ça fait un mois que j’ai rencontré Chine. Un petit mois de rien du tout, alors que j’ai l’impression de la connaître depuis toujours. Chine, ce n’est pas le pays, mais ma copine.
C’est la première fois que je suis amoureux et que c’est réciproque. Non, en fait c’est la première fois que je suis amoureux tout court. Alors il faut que je fasse très attention, parce qu’entre elle et moi, c’est tellement fort que c’est impossible que ça m’arrive une deuxième fois.

Je m’appelle Timothée, j’ai 12 ans et j’ai déjà déménagé 4 fois. Et à part ça, j’ai une vie tellement ordinaire que je parfois, je me demande à quoi elle sert. Enfin, ça, c’était jusqu’à ce que je rencontre Chine.
Chine, c’est la première personne qui m’a parlé quand je suis arrivé dans mon nouveau collège.
Je déteste être le nouveau, ce qui tombe mal parce que justement, ça m’arrive souvent. Tout le monde vous regarde comme si vous étiez en slip ou comme si on vous avait refilé les chaussures de votre grand-père, ou les deux à la fois. Il faut traverser toute la classe sous les regards des élèves qui se retournent au fur et à mesure, ça donne l’impression d’avoir des semelles en plomb.
Quand je suis arrivé dans la classe, je l’ai tout de suite remarquée. C’est comme si tout avait été en gris et blanc, sauf son pull rouge et elle dedans. Elle avait d’épais cheveux qui coulaient comme de l’encre sur ses épaules et quelque chose de très étrange, qui me donnait envie d’aller vers elle alors qu’elle semblait très distante. Elle était là sans être là, on aurait dit que quoi qu’il puisse se passer, elle n’était pas concernée.
- Timothée ? Timothée !
La voix de la prof principale, qui m’avait planté sur l’estrade pour me présenter aux autres, m’a fait sursauter. Elle aurait pu dire que je m’appelais Jean-Gyrophare et que j’étais champion de mots-croisés que je ne l’aurais même pas remarqué. J’étais complètement hypnotisé par la Fille aux Cheveux d’Encre, ça me faisait presque mal de la regarder.
La prof a continué :
- Voyons, Timothée…où est-ce que tu vas t’installer ? Tiens, va donc là-bas, à la table de Chine.
Sur le coup, je n’ai pas très bien compris. C’était quoi, cette histoire de tables chinoises ? De quoi est-ce qu’elle me parlait ?
Et puis la Fille au Cheveux d’Encre s’est levée et j’ai réalisé que Chine, c’était comme ça qu’elle s’appelait. Chine.
Chine Chine Chine. J’ai répété plusieurs fois le prénom dans ma tête et j’ai décidé que ça lui allait parfaitement bien, parce que c’était un prénom incroyable. Comme elle.
D’un coup, je me suis senti mal. Qu’est ce que j’allais bien pouvoir lui dire ? Et pourquoi j’avais mis ce ce pull à carreaux ? Elle allait me trouver complètement nul.
La prof principale m’a tapoté le dos. J’ai inspiré un bon coup et j’ai commencé la Grande Traversée de la classe. Ce qui est bizarre, c’est qu’en fait, je n’avais pas de semelles en plomb à traîner, d’ailleurs, c’est la première fois que ça m’arrivait.
Elle m’a regardé dans les yeux, ça m’a cloué sur place, avant de dire d’une voix très calme et assurée :
- Salut. Je m’appelle Chine.
C’est comme ça qu’entre nous, ça a commencé.

2.

- Bon alors, tu viens ?
Chine a sa voix de fille contrariée, comme à chaque fois que je discute avec quelqu’un d’autre qu’elle. Mais finalement, si elle me veut entièrement pour elle, c’est la preuve qu’elle m’aime, non ? Alors je fais semblant de soupirer, mais au fond de moi, ça me rend heureux. Et ça me rassure, aussi, parce que par rapport à elle, j’ai toujours l’impression d’être aussi intéressant qu’un documentaire sur l’histoire de la tringle à rideau. Ca a commencé dès le premier jour, pendant un cours de géo. On était en train de cartographier les cours d’eau du continent africain, quand elle m’a sorti comme ça, au milieu de rien :
- Quand j’étais petite, j’ai habité au Kenya, à Nairobi. Dans la savane, il faut faire attention à ne pas tomber sur une lionne avec ses petits. C’est très dangereux, les lionnes.
- Et alors, qu’est ce qu’on fait si on en voit ? j’ai chuchoté en l’imaginant au milieu des herbes hautes.
- Tu recules doucement en la regardant droit dans les yeux, mais surtout tu ne te retournes jamais. J’ai pensé à mes parents qui n’arrêtaient pas de nous faire déménager et qui n’étaient même pas fichus de nous emmener dans des endroits comme ça. Chine croisait des lionnes énervées dans la savane, et moi, la seule chose que je pouvais raconter des villes où j’avais habité, c’est qu’en Alsace j’avais eu la coqueluche, que l’essence de notre voiture avait gelé dans le Jura et qu’à Valenciennes, on ne dit pas serpillière mais wazingue. J’ai cherché un truc à raconter, n’importe quoi qui aurait pu me rendre un peu moins ordinaire, mais je n’avais rien. Même ma cicatrice au sourcil, je dis toujours que je me la suis faite dans un championnat de surf alors qu’en vérité, je n’ai jamais vu l’océan. En vrai, elle date de la fois où je suis cogné en ouvrant trop fort la porte du placard de la salle de bain. C’est drôle à pleurer.
Quelques minutes plus tard, la fin du cours a sonné.
- J’aurais préféré ne jamais y aller, a soudain ajouté Chine..
- Où ça ? j’ai répondu sans réfléchir, parce que j’étais toujours occupé à chercher comment continuer la conversation.
Chine m’a répondu d’un air excédé et j’ai eu l’horrible impression d’être le pire crétin qu’elle n’ait jamais rencontré, ce en quoi elle aurait eu raison. Qui d’autre que moi se serait laissé déconcentrer pendant que la Fille aux Cheveux d’Encre parlait ?
- Au Kenya ! Tu ne m’écoutais pas ?
- Bien sûr que si ! j’ai aussitôt répondu en espérant que ça sonne évident. Je me suis dépêché d’ajouter :
- Ne pas y être allé ? Au Kenya…Tu rigoles ? Moi, la seule chose que je connais de l’Afrique, c’est le magasin de Maalik en bas de chez moi !
Chine m’a regardé dans les yeux et il m’a semblé que les siens prenaient toute la place sur son visage. On s’est levés pour sortir de la salle et elle m’a soufflé :
- Mes parents sont morts quand on était là-bas.
Je me suis senti encore plus idiot. J’ai voulu faire quelque chose, disparaître ou l’embrasser mais pour cela, il aurait fallu être lâche ou courageux. Et je n’ai même pas été fichu d’être l’un des deux. Alors j’ai continué d’avancer sans rien dire et j’ai foncé dans Bertille qui s’était arrêtée en plein milieu de la classe pour refaire son lacet.

Ce qui est incroyable, c’est qu’après une entrée en matière aussi désastreuse, Chine a continué à me parler. A moi, Timothée Lambert, le type le plus désespérément ordinaire de la terre. Et ce qui est encore plus dingue, c’est qu’on s’est même tout de suite bien entendus.
En fait, comme il ne m’arrive jamais rien, j’ai vite compris qu’il fallait que je mise sur autre chose que sur lui en mettre plein la vue. La faire rire. Lui faire plaisir. Ou l’écouter. Je veux dire, l’écouter vraiment, et parler de choses qu’on a au fond de soi et qu’on ne partage avec personne d’autre.
Et ce n’est pas difficile. De toute façon, je crois que je serais prêt à faire n’importe quoi pour qu’on me laisse seulement la regarder.
- Timothéeeeeeeee !
Je serre la main de Matthieu et je file rejoindre Chine qui fait la tête de quelqu’un qui attend depuis 12 ans.

3.

Chine m’attend, assise sur les marches de l’église. Avec ses converses et sa jupe blanche étalée tout autour de ses genoux, elle est belle comme un chou à la crème ou une danseuse.
Chine, c’est la seule fille du collège qui porte autre chose que des jeans ou des pulls couleur de rien. Quand elle met son short bleu électrique, on ne voit qu’elle dans les couloirs, mais elle s’en fout. En fait, je crois qu’elle aime bien ça, être remarquée. Etre le centre de l’attention. C’est une autre raison pour laquelle je l’admire. Moi, moins on me regarde et mieux je me porte.
- J’en ai marre de t’attendre ! elle grogne sans même lever les yeux.
Je cherche quelque chose qui pourrait faire rire une danseuse énervée. Mais je ne trouve pas. Au collège, à la place de l’anglais, on ferait mieux d’apprendre à être spirituel, ça serait plus utile.
- Allez, viens, je lui dis. Tu veux qu’on aille au photomaton ?
Chine, elle adore ça, je ne compte plus le nombre de fois où elle m’y a traîné. Elle se prend en photo en prenant des poses de cinéma et ensuite, elle déjante complètement. Et moi, il faut que je fasse pareil.
Chine marche à côté de moi, sans un mot. Et puis d’un coup, elle se met à pleurer. Sans me prévenir, rien ! Qu’est ce qu’elle a ?
- Qu’est ce que j’ai dit ? Tu ne veux pas y aller ? Hé, attends, on n’est pas obligés, je disais ça pour te faire plaisir, moi !
Elle secoue la tête pour dire que ce n’est pas ça.
-T’as mal quelque part ? T’as l’appendicite ? T’as…tes trucs de fille ?
Elle lève les yeux au ciel. Toujours non. Parfois, c’est un peu compliqué, une copine.
- Ben qu’est ce que t’as ? Dis-moi !
Chine lève la tête et me regarde avec ses grands yeux inondés, elle doit me voir tout flou :
- C’est mon anniversaire, aujourd’hui…et tout le monde s’en fout !
Je ferme les yeux en me traitant de tous les noms. Comment j’ai pu oublier son anniversaire ?
Il faut dire que j’ai des circonstances atténuantes, aussi. C’est quand même un peu à cause de la prof de maths, si je ne m’en suis plus rappelé. Déjà, elle nous a rendu les interros et on a tous eu des notes minables, même Chine qui est plutôt bonne, d’habitude. Et puis après l’intercours, elle ne retrouvait plus ses lunettes et il a fallu que toute la classe l’aide à les chercher, ce qui n’a servi à rien, d’ailleurs, car on ne les a pas retrouvées. Elle a des tout petits yeux, la prof, sans ses lunettes, ça lui fait une tête de fouine. Alors voilà, ça m’a perturbé et je n’ai plus repensé à l’anniversaire de Chine.
Je suis planté au milieu du trottoir avec ma danseuse qui renifle comme un déménageur quand soudain, j’ai une idée.
- Viens, suis-moi !
Je lui attrape le bras et on fait demi-tour.
- Mais qu’est ce que tu fais ? demande Chine en me regardant monter les marches de l’église.
- Tu verras ! Allez, viens, je te dis !
Je pousse la porte en bois et le temps que mes yeux s’habituent, je ne vois rien du tout. Je respire à fond l’air sombre et froid. Ça sent une odeur ….une odeur d’église, quoi. J’aime bien cette odeur, ça me donne l’impression d’être complètement ailleurs, dans un endroit où le temps se repose.
Autour de nous, il n’y a que du silence et un vieux qui dort sur la rangée du milieu. Soudain, j’ai très envie de hurler « ohééééé », comme quand j’étais petit, juste pour voir comment ça résonne.
- Ferme les yeux, je chuchote à Chine.
Je vérifie qu’elle ne triche pas et je l’entraîne dans le coin des vœux à 2 euros, là où il y a tous les cierges. On met de l’argent dans une tirelire en fer-blanc, on allume une bougie et on peut faire un vœu. Enfin, personne n’est là pour vous obliger, mais il vaut mieux faire un vœu, sinon ça fait cher la lumière. J’imagine que ceux qui ont besoin d’un gros coup de main donnent plus. Je ne sais pas si ça marche, je n’ai jamais essayé, je ne vais jamais à l’église. Ma mère dit qu’on n’a pas besoin d’aller voir un curé pour croire en quelque chose. Je crois que je suis d’accord avec elle. A mon avis, c’est comme l’amour : c’est à l’intérieur de soi que c’est le plus fort.
En tous cas, c’est beau, ces petites flammes dans l’obscurité. Le visage de Chine est tout décoré d’ombres de lumière qui dansent.
Je fouille mes poches. Je n’ai rien dans celle de droite et la monnaie du pain d’hier dans celle de gauche. Je compte. 15 centimes. Ça ne fait quand même pas beaucoup, pour un vœu, 15 centimes. Ca doit à peine être assez pour demander d’avoir deux fois de la pizza.
Dans la poche de derrière, je trouve un ticket de bus. Allez, y’a personne, ça fera l’affaire. L’important, c’est de donner quelque chose, non ? En plus il n’est même pas composté. Je glisse mon ticket dans la boite. Il y a une grande bougie sur la gauche, mais je ne la prends pas, faut pas exagérer. En équivalent-tickets, elle vaudrait tout le carnet. J’en choisis une plus petite et pendant que je l’allume, je fais mon vœu.
Je souhaite que Chine et moi, on s’aime toujours.
- Tim ! chuchote Chine qui attend toujours, les yeux fermés. C’est bon ? Je peux ouvrir ?
Mince, je l’avais presque oubliée !
- Oui oui, vas-y, c’est bon !
Elle ouvre les yeux, et sans qu’elle ait le temps de demander quoi que ce soit, je lui crie « Bon anniversaire ! » et je lui dis de souffler les bougies.
Pendant quelques secondes, Chine ne dit rien. Puis soudain, elle éclate de rire, ça résonne dans toute l’église. Elle essaie de souffler sur les cierges mais comme elle rit de plus en plus, elle est obligée de recommencer 3 fois. Ça fait comme une cascade de rires et moi, je la regarde en souriant parce que c’est quand elle rit de cette manière, exactement de cette manière, qu’elle est la plus jolie. Ça lui dessine des petites fossettes juste en dessous des yeux. Il faut être attentif pour ne pas les rater. Elles se méritent
. Chine rit toujours si fort que le papi ne dort plus. D’ailleurs il ne dort tellement plus qu’il vient vers nous, d’un air carrément pas content.
- Hé, vous deux !
Chine et moi, on sort de l’église en courant. Il peut bien continuer à crier qu’on ne s’en tirera pas comme ça et que le curé le saura, de toute façon, on s’en fout. On rigole comme des bossus, et pour l’instant, il n’y a que ça qui compte.

4.

- Là-haut, c’est ma chambre.
On est tout en bas d’une maison qui est si grande que ça me fait mal au cou de la regarder. J’en ai rarement vu des comme ça : il y a presque autant de fenêtres que là où j’habite, sauf que moi, c’est un immeuble.
Tout à l’heure, avec mon idée d’anniversaire à l’église, j’ai vraiment été inspiré. Après, Chine était tellement de bonne humeur qu’elle m’a invité chez elle. Elle dit que c’est la première fois qu’elle amène un garçon du collège. Je suis assez fier, non, très fier, parce qu’être le premier à aller chez elle, ça veut forcément dire quelque chose. Je pense que ça signifie qu’à ses yeux, je ne suis pas comme les autres. Enfin il me semble.
Je n’aurais jamais pensé que regarder une fenêtre me rendrait si heureux. En fait, je ne suis pas seulement fier, je flotte sur un petit nuage, à quinze mille de tous les autres, de tous ceux qui sont populaires, qu’on choisit toujours pour être capitaines de l’équipe de foot ou que les filles regardent en gloussant. Alors pour la remercier de tout ce bonheur qui explose dans mes poumons, je lui promets de lui fêter son anniversaire tous les mois.


Chine pousse la porte de sa maison. A l’intérieur, on se sent tout petit. C’est immense et il y a une bonne douzaine de lustres allumés et des tableaux géométriques sur les murs, ça me rappelle le musée qu’on avait visité avec ma classe de CM2. C’est dommage que je n’ai pas d’appareil photo parce que ma mère, quand je vais lui raconter, elle ne me croira jamais. Chine referme la porte, elle est très haute et pleine de trucs sculptés, quand un monsieur très propre qui n’a pas l’air d’être un comique arrive vers nous. Je me demande qui il est. Peut-être qu’ils font aussi galerie, ou musée, et qu’il va me demander de payer une entrée.
Il se penche tout raide et tourne la tête vers Chine :
- Et ce jeune homme, j’imagine que c’est un camarade de classe ?
« Jeune homme ». « Camarade ». En fait, il est marrant, ce type ! Je ne crois pas qu’il soit là pour me réclamer de l’argent, alors je lui dis « bonjour monsieur » avec mon air très poli, celui qui fait plaisir à ma mère.
- Papa et maman sont là ? demande Chine en lui donnant sa veste.
- Vos parents rentreront tard ce soir, mais ils ont fait livrer un très beau gâteau pour votre anniversaire. Avec des physalis.
Chine a l’air d’être déçue, je le vois dans ses yeux. Peut-être qu’elle ne voulait pas de phy…comment il a dit déjà ? Je n’ai jamais entendu un nom pareil. De quoi peut-il bien parler ?
Chine soupire et demande :
- On pourrait en avoir dans ma chambre ?
Sans attendre la réponse, elle m’attrape par le bras et me dit de venir parce qu’elle va me montrer ses affaires. On monte un grand escalier en pierre et elle me raconte une histoire de rambarde mais je n’écoute pas. Il y a trop de questions que je me pose depuis qu’on est arrivés. Déjà, à quoi sert exactement le type ou à combien peut se monter la note d’électricité. Et surtout, ce que je n’arrive pas à comprendre, c’est qu’elle ait parlé de ses parents. Elle a peut-être été adoptée ? Parce que si ses vrais parents sont morts au Kenya, j’ai du mal à comprendre comment ils ont pu commander son gâteau d’anniversaire.

Dans sa chambre, je pensais que Chine allait me montrer des masques africains ou des dents de crocodile, mais j’ai beau regarder, je ne vois rien. Même pas un portrait de zèbre.
Par contre, elle a une télé. Un écran plat, en plus. Elle m’explique qu’elle ne la regarde pas tellement, mais que ça faisait plaisir à ses parents qu’elle en ait une et puis pourquoi je fais une tête pareille.
- Tu les as depuis quand, tes parents ? je lui réponds.
Chine fronce les sourcils :
- Ben…depuis que je suis née ! C’est débile, ta question !
- Je croyais qu’ils étaient morts en Afrique !
Chine me regarde comme si je venais de lui proposer de la glace à la viande.
- Nimporte quoi ! Pourquoi tu dis ça ?
- Parce que c’est toi qui me l’as dit, tiens !
Elle fronce les sourcils comme si elle cherchait de quoi je pouvais bien parler puis éclate de rire.
- Bah, allez, c’était une blague, quoi ! T’es bêta, tu crois tout ce qu’on te dit !
Elle rigole, mais ça ne sonne pas pareil que tout à l’heure, à l’église. Je crois qu’elle se moque de moi, et ça, ça ne me donne pas envie de rire du tout. J’ai une grosse boule dans la gorge. Pourquoi elle m’a invité, si c’est pour me dire des trucs pareils ? C’est ma copine, ou quoi ? Je ne me sens pas bien. Il fait chaud, personne n’ouvre les fenêtres, ici ? Et puis j’ai l’impression d’être comme une tâche sur un t-shirt blanc, dans cette maison remplie de trucs qui me sont complètement inconnus. Je vais rentrer chez moi, oui, voilà ce que je vais faire.
On toque à la porte. Chine crie « ouiii !». C’est un gros gâteau au chocolat parsemé d’espèces de minuscules lanternes de papier avec derrière, le monsieur qui le porte.

Je n’avais pas très faim mais j’ai quand même accepté de rester pour manger du gâteau, déjà par politesse et ensuite parce que je ne voulais pas partir sans avoir vu les physalis. J’ai regardé Chine cueillir une petite lanterne. Elle l’a ouverte du bout des doigts et c’est là que j’ai aperçu la petite cerise orangée qui s’y trouvait cachée. Avec un sourire à tomber par terre, Chine m’a tendu le physalis.
- J’adore ça, les amours en cage, pas toi ?
J’ai marmonné un « oui » pour ne pas passer pour un idiot et j’ai croqué le petit fruit inconnu.

J’ai bien fait de ne pas partir tout de suite, parce que c’était le meilleur gâteau que j’aie jamais mangé. C’est clair, il ne vient pas du supermarché.
Chine est debout devant moi, elle me fait des démonstrations de judo, je la regarde comme si j’étais au spectacle. Elle fait des mouvements dans le vide en se marrant, c’est drôle et en même temps, c’est beau. Dans son visage, tout va tellement bien ensemble que plus tard, elle pourra être présentatrice télé, mannequin pour la Redoute ou femme de footballeur…enfin, si je deviens bon au foot.
Alors, au bout d’un moment, je n’ai plus envie de partir. De quoi je me plains ? Je suis le seul qui vient manger des physalis dans une maison assez grande pour loger tout mon immeuble, chez la fille la plus hallucinante que j’ai jamais rencontrée.
Après tout, elle a raison, c’est moi qui suis peut-être nul en blague.