Je quitte la Polynésie (quelle idée) au printemps 2016 et serai donc disponible pour des rencontres scolaires à partir du mois de mai. A bientôt !



mercredi 6 avril 2016

Le complexe du papillon

Aujourd'hui 6 avril, c'est la sortie en librairies de "Le complexe du papillon",  mon nouveau roman pour ados (et ceux qui ne le sont plus), où l'on croise Mathilde, une jeune fille férue d'athlétisme, et sa copine Louison, férue de ...de garçons et autres granolas.
Cette fois-ci, je suis restée en France, le sujet de l'anorexie me paraissant suffisamment fort pour ne pas le délayer dans un décorum "exotique". Mais rassurez-vous, les idées de voyages littéraires me reprennent déjà :-) 








Voici la présentation de l'éditeur, Casterman 


Qu'est-ce qui fait qu'une adolescente sportive, a priori bien dans sa peau, va basculer dans l'anorexie ? 
Il peut y avoir mille déclencheurs : la mort d'une grand-mère adorée, la réserve d'une mère, le regard des autres, ou de soi-même sur son propre corps, la naissance du désir, de l'amour, le dictat de la mode, des sites internet...
Petit à petit, Mathilde va tomber puis s'enfermer dans sa maladie... 

Démunie, son amie Louison refuse de la voir se détruire. Mathilde devra trouver en elle la solution pour résister et s'en sortir.




Et quelques extraits pour vous mettre en appétit (c'est le cas de le dire)


Non vraiment, cette fille a un corps parfait, qu’il est préférable de ne pas comparer avec celui que la nature a cru bon de vous attribuer, sous peine de vous plonger dans des abysses d’incompréhension. Pourquoi les grâces et les disgrâces sont-elles si mal réparties ? Pourquoi certaines personnes semblent-elles collectionner les dons, et d’autres, rien ? Peut-être que les qualités et les défauts sont distribués en fonction de ce que chaque personne est capable d’endurer. Et qu’il faut voir les handicaps comme des défis à relever. Mais quand bien même, qui est-ce qui décide ? Et comment ? 

Peut-être personne, tout simplement. Peut-être qu’il n’y a aucune raison à tout cela. 

Je soupire. Et moi, pourquoi est-ce que je me pose toujours autant de questions ? 

Je voudrais seulement être à la place de cette fille. Rien qu’une journée, pour savoir ce que cela fait de voleter tranquillement au dessus de la masse grouillante des insectes rampants. 


*******


Je me suis glissée dans cet espoir et le tissu soyeux en fermant les yeux. 

La fermeture éclair est resté bloquée au milieu de mon dos, en dépit des grognements de Louison pour la faire glisser jusqu’en haut. 

- Attends, c’est pas une fermeture à la con qui va nous empêcher d’acheter cette saloper… cette merveille. 

Elle a émis une sorte de râle sur le « merveille », tandis qu’elle donnait un dernier grand coup pour faire avancer le petit morceau de métal. 
Enfin, elle a hurlé, triomphante : 
- Yeeeessss !  
J’ai ouvert les yeux et ai pris le coup de poing de mon reflet en pleine figure.  
Derrière moi, les mains posées sur mes épaules, Louison souriait à s’en fendre la mâchoire, les joues rougies à cause des efforts déployés pour faire rentrer mon large dos dans le fourreau de soie. Mon image ne pouvait pas être plus éloignée de ce que j’avais espéré. 
Je me suis sentie affreusement boudinée, saucissonnée dans cette robe merveilleuse que je parvenais pourtant à rendre ridicule. Comment avais-je pu une seconde imaginer que je pouvais approcher la beauté naturelle de Cézanne, l’éclat singulier d’une Ama ? À nos pieds, nos sacs, nos vestes et nos foulards gisaient comme les victimes d’une bataille. La scène était grotesque à pleurer.
Avec un sens du timing remarquable, la voix onctueuse de la vendeuse a traversé le rideau de velours ras: 
- Alooors, qu’est ce que ça donne ? 
Les larmes ont commencé à couler sur mes joues. Louison a balancé une réponse à l’attention de la vendeuse et m’a serrée dans ses bras en chuchotant : 
- Oh, Mathilde, arrête… c’est pas grave, on va t’en trouver une autre.   



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Certains blogueurs ou journalistes ont déjà donné leur avis ! Merci à eux de partager ainsi leurs lectures...



" L’auteur donne une idée juste de ce qui se passe dans la tête d’une jeune malade dont la fragilité physique est contrebalancée par un sentiment de toute-puissance. Cela n’exclut pas de la délicatesse à l’égard de son sujet. "

Le Figaro littéraire du jeudi 14/04/2016





[...]
Annelise Heurtier décrit avec beaucoup de justesse et de sensibilité l’état de Mathilde, sa volonté de passer d’une moche chenille à un magnifique papillon et l’engrenage terrible dans lequel elle tombe, à quel point il est si facile de ne pas se rendre compte quel danger cela représente… Cet aspect-là est vraiment très bien traité, sans jugement mais avec tous les outils de réflexion nécessaires pour le lecteur.
[..]
Bob et Jean-Michel 








Voici un roman que j'attendais de lire avec la plus vive impatience et que j'ai dévoré en une fin d'après-midi sans vraiment m'en rendre compte. Il s'agit d'un véritable page-turner où nous avons envie de savoir ce qu'il va arriver à cette adolescente mal dans sa peau et, une fois de plus, l'auteure nous fait réfléchir sur un thème important grâce à l'élégance naturelle de son écriture.
Un roman à découvrir absolument et qui a été pour moi un très joli coup de coeur. Vivement le prochain roman..



J’ai beaucoup aimé ce roman jeunesse. Comme toujours avec Annelise Heurtier, il dénonce un sujet sans non plus jugé. C’est ce que j’aime dans ses livres, ce sont des romans à messages, qui poussent à la réflexion le lecteur, et qui lui permet de se forger son opinion.



Les mots d’Annelise Heurtier nous touchent en plein cœur. J’avoue avoir été émue plus d’une fois en lisant ce livre tant on ressent parfaitement le mal être de Mathilde lorsqu’elle se rend compte de son corps est « difforme » parce qu’elle n’a pas ce thigh gap. Alors que cela n’a pas lieu d’être car elle n’est pas grosse, loin de là. Sans compter le fait qu’elle n’a que 14 ans, son corps va encore changer et avec l’athlétisme qu’elle pratique, elle ne peut pas être en surpoids. Au début du récit, Mathilde n’a aucun problème avec son corps ce n’est qu’à mesure qu’elle va commencer à y voir des défauts, à se dire qu’elle est trop grosse pour plaire et qu’elle va vouloir maigrir.




Sur ce thème fort, Annelise Heurtier, en donnant  la parole à une adolescente, a construit une belle histoire telle que peuvent encore en vivre des jeunes – et moins  jeunes filles principalement. Elle ne porte aucun jugement moral, mais sait mettre en valeur le rôle de l’entourage, des amis aussi qui doivent rester vigilants. Dans le roman, Louison  refuse de voir son amie se détruire sous ses yeux, et se confie à la mère de Mathilde.
Cercle René Vigo



Librairie M'Lire

[...]
On s’attache très vite à ce personnage, dont les gestes et les pensées nous ramènent parfois à notre propre adolescence. Ce roman montre aussi comment les jeunes filles cherchent à ressembler aux critères physiques que nous renvoie la société :Thigh gap et autres obsessions qui incitent à maigrir. C’est par une écriture fluide et délicate que l’auteure nous offre un récit émouvant sur le mal-être et l'anorexie. Un très beau texte éprouvant à découvrir ! [...]  



Voilà ! J'espère qu'il vous plaira. 

mercredi 16 mars 2016

Dans les îles

La semaine dernière, pendant que mon homme suait sous 36 °au milieu des cartons et des dernières formalités administratives, les collèges et lycées des Iles Sous le Vent m'ont offert une belle escapade à Raiatea. Raiatea, c'est l'île sacrée de Polynésie (sur laquelle se trouve le fameux marae Taputapuatea, en passe d'être inscrit par l'Unesco sur la liste du patrimoine mondial de l'humanité.)
Il s'agissait de ma dernière rencontre "auteur" en Polynésie avant notre retour en métropole.
J'en garderai donc un souvenir particulier, encore plus singulier que d'habitude. Sûrement parce que c'est la Polynésie, sûrement aussi parce que ce sont les polynésiens....Je ne me risquerai pas à essayer d'expliquer, tant il est difficile de rendre le mana et le charme de cette terre avec de simples mots. Ici, c'est ailleurs, et pas seulement - loin de là- grâce à la beauté des paysages. 











A tous ceux qui peuvent mais qui hésitent encore à tout quitter pour vivre autre chose, je dis "foncez !"...Je souhaite à tous ceux qui en ont la possibilité de connaitre une expérience d'expatriation aussi riche et intense que la nôtre, quel que soit l'endroit où vous poserez vos valises.
Ce retour est un déchirement, vraiment, mais je me console en pensant que je reviens différente, grâce à ce petit bout de Fenua qui brille à l'intérieur de moi, un bouquet d'odeurs, de rires, de nonchalance, de partage, de sérénité, de vivre-ensemble, d'amitié et de chaleur, qui m'accompagnera partout, même dans le froid et le brouillard métropolitain ;-)


Merci à tous les élèves de Raiatea, à leurs professeurs et au chef d'établissement du Lycée des Iles sous le Vent pour leur enthousiasme, leurs sourires et leurs questions pleines de sens et d'entrain. 


Ci- dessus, les élèves du LP de Uturoa et leur professeur
et ci-dessous, les élèves du collège/lycée Anne Marie Javouhey






Les élèves du LUT (4°)


Il y a avait même des morceaux embossés en braille (en bas à gauche), par deux élèves malvoyants



La Dépêche de Tahiti du 15/03/2016




Plus généralement, merci à tous les élèves que j'ai pu rencontrer lors de mes années ici. 
Et puis qui sait, peut-être que nous reviendrons dans quelques années pour un troisième séjour sur cette terre qu'on ne peut oublier ! 






mercredi 24 février 2016

¿Cuánta tierra necesita un hombre?

Notre album "Combien de terre faut-il à un homme ?" continue son petit bonhomme de chemin- c'est le cas de le dire - en dehors de l'hexagone.
Après l’Italie l'année dernière, il paraîtra très bientôt en Espagne, au Venezuela et au Chili grâce à l'éditeur Ekaré, qui a racheté les droits à Thierry Magnier.






http://www.ekare.com/ekare/cuanta-tierra-necesita-un-hombre/




C'est l'occasion de parler à nouveau du remarquable travail de Raphael Urwiller, dont les illustrations ont été saluées dans les nombreuses chroniques parues au sujet de cet album. 



"Bleu nuit, jaune d'oeuf, rouge feu : l'album entier se nourrit de ces trois seules teintes, posées sur la page dans leur matière brute, profonde, puissante. "Telerama



 "Une histoire portée par le somptueux travail de sérigraphie effectué par Raphaël Urwiller. Une finesse et une justesse du trait, associées à des aplats de couleurs chaudes, vives et contrastées, rendent chaque planche saisissante et affirment encore davantage la puissance du texte." Librairie La courte Echelle


"De superbes illustrations au service d'un texte inspiré d'une nouvelle de Tolstoï: MAGNIFIQUE! " Librairie Pax





Les autres chroniques ici ! 



Gracias ! 










vendredi 15 janvier 2016

De la relativité du concept de normalité


En ce mois de janvier (bonne année !), l'illustrateur Andrea Alemanno et moi-même publions un album aux éditions Alice Jeunesse. 

Quand j'ai reçu ses dessins, j'ai été bouleversée par la poésie qui s'en dégage.
Merci, Andrea, pour ta sensibilité et ta compréhension de mes mots. 






La couronne est un texte qui parle d'acceptation de soi.
J'en ai eu l'idée il y a quelques années, en découvrant l'existence d'un groupe facebook appelant à une sorte de lynchage dirigé envers...les roux.(cliquez ici) .
J'imagine que cela m'a particulièrement interpellée, étant moi même concernée !
Pour ma part, j'ai toujours adoré ma chevelure, que je considère encore aujourd'hui comme la plus jolie chose dont j'ai héritée ;-) Même si personnellement, j'ai eu la chance de ne jamais en souffrir - je ne me souviens pas avoir subi de quelconques moqueries, par exemple - je me rappelle que d'autres, au collège notamment, n'étaient pas épargnés...

Dans l'article de Slate, ici, vous pourrez lire que cette stigmatisation est si répandue qu'il lui arrive même d'échouer dans les centres commerciaux : 


La carte de voeux en question, retirée de la vente
"Le père Noël aime tous les enfants, même les roux"



Étrange, que cette caractéristique physique qui, souvent source de rejets, est aussi objet d'attirance et de fascination ...







Bref, je me doute bien que ce modeste album ne changera pas des préjugés qui remontent à l'antiquité, mais j'espère qu'il permettra d'ouvrir le dialogue entre l'enfant et son parent. La beauté et même la normalité sont des notions toutes relatives, et le seul jugement qui importe vraiment est celui que nous portons sur nous-mêmes. Je ne prétends pas que ce jugement puisse se modifier très facilement, simplement parce qu'on l'a décidé.
Mais q
ue l'on soit roux, chauve, blond, noir corbeau, gros, maigre, grand, petit, pâle, foncé...il ne faut jamais oublier de se donner (et de donner à son enfant) les moyens de s'aimer. Parce que c'est en s'aimant soi-même que l'on peut aimer les autres. 









La Couronne, 
album cartonné
éditions Alice Jeunesse,
parution le 18.01.2016

Illustrations Andrea Alemanno
https://www.instagram.com/lepracauno/

lundi 7 décembre 2015

On n'a rien vu venir

En ce lundi post-élections, je me permets de reparler de "On n'a rien vu venir", un roman à 7 voix que nous avions écrit en 2012, avec mes comparses Anne-Gaelle Balpe, Clémentine Beauvais, Sandrine Beau, Agnès Laroche, Fanny Robin et Séverine Vidal. Aujourd'hui, il est plus que jamais d'actualité, malheureusement. 

Une dystopie à lire à partir de 10 ans.






"Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays : le Parti de la liberté a gagné les élections… Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s’éloignent un tant soit peu de la norme, les “mal-habillés”, les “trop-foncés”, les “pas-assez-valides”… et instaure des règles de plus en plus contraignantes : une heure de lever obligatoire pour tous, des jours de congés fixes, des choses qu’on ne peut pas dire, faire, manger ou porter… La liste des nouvelles lois et prohibitions  s’allonge, les contrevenants sont traqués et des caméras de surveillance sont installées dans certains domiciles. Comment en est-on arrivé là ?"


Un roman qui se veut un appel à la conscience civique des plus jeunes et que Stéphane Hessel résume ainsi: «N’attendez pas de devenir des adultes! Aujourd’hui, déjà, vous avez le pouvoir de dire non à ce qui ne vous semble pas juste, de vous indigner face à ce qui vous révolte, de faire preuve d’esprit critique vis-à-vis de ce que vous lisez, de ce que l’on vous donne à regarder à la télévision. … Il n’est jamais trop tôt pour s’engager»."

Librairie Comptines à Bordeaux