J'ai quitté la Polynésie (quelle idée) au printemps 2016 et suis donc désormais disponible pour des rencontres scolaires. A bientôt !



mardi 3 juillet 2018

La fille d'avril



Il y a 51 ans, en 1967, Kathrine Switzer bravait les interdits de l'époque en s'inscrivant (avec seulement ses initiales et nom de famille) au Marathon de Boston, qui, comme toutes les autres épreuves de course à pied excédant 1500 m, étaient interdites aux femmes. 
Quand des membres de la fédération réalisèrent qu'une femme ( OMG, une FEMME !!! ) s'était introduite dans la course, ils se jetèrent sur elle pour l'empêcher de continuer, donnant lieu à une série de clichés devenus célèbres.


Cette histoire, pas si lointaine, date d'un temps où le corps médical assurait donc aux femmes que des poils leur pousseraient sur le corps si elles se mettaient à pratiquer ce genre d'activités considérées comme masculines - si tant est qu'elles en sortent vivantes, bien entendu.
Tout cela a inspiré un roman, qui sortira en septembre prochain chez Casterman !






Je n'y raconte pas la vie de Kathrine Switzer - que vous pouvez découvrir dans sa bio, Marathon Woman - mais celle d'une Catherine de mon invention, qui, en 1966, grandit un peu comme toutes les filles de son âge et de sa classe sociale, entre tâches ménagères, collège et absence quasi-totale de recours à l'information...
Pour ce roman, j'ai réalisé plusieurs mois de recherches documentaires, interwievé beaucoup de volontaires (merci), déniché et lu de la littérature....vintage. 







Je ne photographie pas toutes les pages de cet excellent manuel mais le coeur y est ^^






















Bref, toute cette période de recherches fut très enrichissante. Et j'en sors avec une idée plus forte que les autres, celle de l'impact hallucinant du progrès technologique et de l'accès à l'information sur le visage de l'adolescence...que cela soit positif ou négatif n'étant d'ailleurs pas forcément la question. 




Voici quelques extraits du roman, en attendant le 5 septembre !  

[...]

Suzanne haussa les épaules tandis que Marie reprit :
- Mon père dit que les filles ne sont pas faites pour ce genre de sport. Si tu cours trop longtemps, des poils vont te pousser partout sur le corps. Comme un homme. De la barbe aussi. Et de la moustache.
- Ha bon ? murmura Nicole. C’est atroce !
L’image s’imprima automatiquement sur ma rétine, comme si Marie avait appuyé sur le bouton de la télévision. Moi, en short blanc, couvertes de poils drus. Ou non, longs et soyeux.
- N’importe quoi ! m’écriai-je brusquement, comme si cet éclat de voix pouvait suffire à faire disparaitre la vision traumatique.
Marie me lança un étrange regard, très fugace, comme assorti d’un froncement de sourcils, mais à l’intérieur de la pupille.
Suzanne crut bon de me faire remarquer :
- Il est médecin, son père, quand même…
Je ne répondis rien, encore abasourdie. Est-ce que cela pouvait être vrai ? Y avait-il des femmes sur terre qui étaient devenues barbues parce qu’elles avaient trop couru ? Cela paraissait incroyable, je n’avais jamais rien entendu de pareil. Mais en même temps, comment remettre en cause la Science incarnée par le père de Marie ? Le mien n’était qu’ouvrier, alors par extension, j’avais forcément moins raison que lui.






[...]

- Qu’est- ce que c’est ? interrogea Madame Pichenaud tandis qu’elle le servait copieusement, trois épaisses tranches de rôti nappées de sauce luisante. 

- Le journal des derniers Jeux Olympiques  de 1964. Je garde tout, tu me le reproches assez. Eh bien voici la preuve s’il en faut que c’est très utile ! Cela permettra à Catherine de s’instruire. Et peut-être à toi aussi. 


Je lorgnai sur le fameux journal comme s’il s’agissait d’un trésor, d’une lettre d’amour, d’un billet pour les Etats-Unis. Les jeux Olympiques, bien sûr ! Nous en avions parlé en cours d’histoire ancienne. Par contre, je ne me souvenais pas qu’il y ait eu des Jeux en 1964. Mais en même temps, je n’étais pas sûre que j’aie pu en garder des souvenirs marquants. Mes parents n’avaient pas tellement le temps de s’intéresser au sport. 


- Voilà, les femmes peuvent parcourir… voyons… il tourna les feuillets encore et encore. 


Presqu’arrivé à cours de pages, il s’exclama brutalement, ce qui fit même sursauter le clown triste : 


- Ah, voilà ! 800 mètres. Et moins, bien sûr. D’ailleurs, avant les jeux de 1960, les femmes n’avaient le droit de courir que 100 mètres. 800 mètres, c’est une nouveauté, ma foi, mais je gage que cette fantaisie va vite être supprimée. Car voyez-vous, comme si cela avait besoin d’être prouvé, la moitié des concurrentes se sont effondrées à l’arrivée. Un spectacle bien navrant, à vrai dire. Oui, bien navrant.


Il hocha une tête oscillant entre dégoût et désolation. 


- Et les hommes ? hasardai-je. 


- Les hommes ? répéta-t-il, presque amusé. Et bien nous pouvons aller jusqu’au marathon, bien sûr ! Quarante deux kilomètres. 


Il se rengorgea, comme s’il avait la certitude de pouvoir s’inclure dans le « nous » dès le moment où il déciderait de troquer sa blouse contre un vêtement de sport. 
Quarante deux kilomètres… j’en restai admirative. Un homme pouvait donc courir une si longue distance ! Et tout cela parce qu’il n’avait pas d’utérus ?  Comme la nature était injuste !
Monsieur Pichenaud trancha sa viande et déclara allègrement : 


- De toute façon, je partage l’opinion de ce grand homme qu’était Pierre de Coubertin,  le créateur des Jeux Olympiques modernes, pour ainsi dire, ajouta-t-il à mon intention , le rôle des femmes doit se limiter à celui de couronner les vainqueurs. Et puis, même au-delà de ça… Il est vraiment très laid de voir une femme courir. Oui, très laid. 


Il nous sourit et empoigna ses couverts : 


- Sur ce, bon appétit, mes chères.

mercredi 20 juin 2018

Booktrailer

Hier, j'étais de nouveau à Belfort, cette fois dans le cadre du Prix des collégiens du territoire.

A l'institution Sainte- Marie, les élèves et leurs professeur avait incroyablement bien préparé ma venue. J'ai été accueillie sur un plateau télé, et les deux présentatrices ont enchaîné les différentes rubriques avec un grand professionnalisme.

J'ai eu un coup de cœur pour le booktrailer plutôt...original réalisé par Noé, Marco et Guillaume, qui, outre une imagination en parfait état de marche, ont l'art de faire la promo d'un livre sans aborder le sujet du livre...(voire même sans l'avoir lu ! Je ne vous ai pas posé la question, les garçons ^^)

En tous cas un grand bravo à vous 3. J'ai vraiment adoré.








lundi 4 juin 2018

Belfort, encore ! :-)

Encore une belle journée à Belfort au lycée Follereau !
Voici quelques photos de cette sympathique journée.
Un grand merci à Angélique, Myriam, Marie-France et tous les professeurs concernés pour cette nouvelle série de rencontres chez vous. A l'année prochaine avec plaisir !


Une présentation JT de Yanis and co  (désolée, ami de Yanis, si tu vois ce post n'hésite pas à me rappeler ton prénom^^) :






D'étonnants coups de crayon :







De très bonnes idées de titre....








Et donc, une auteur contente de son job : 



Merci à tous et bonne fin d'année !


lundi 28 mai 2018

Etonnants Voyageurs

Me voilà de retour du très beau et inspirant festival Étonnants Voyageurs qui s'est tenu du 18 au 21 mai sur les remparts de Saint Malo !



J'adore cette peinture d’Albert Bierstadt, elle me fait invariablement penser à l'arrivée à Moorea depuis Tahiti..




Mes photos à moi sont moins romanesques mais tout à fait représentatives de l'ambiance propre à la Bretagne :-) 



Florence Cadier, Tristan Koegel et moi-même étions les auteurs jeunesse invités, dans le cadre de la thématique retenue cette année par le festival "USA, les chemins de la liberté".
Dans ce cadre, nous avons rencontré les classes des collèges bretons qui avaient participé au Défi Presse organisé par le festival. Merci à tous pour votre énergie et votre enthousiasme !
J'ai une pensée particulière pour Elise, du collège Charcot, qui m'a expliqué qu'elle est entrée en littérature grâce à Sweet Sixteen. Je suis incroyablement fière de savoir que c'est grâce à un de mes romans que tu t'es mise à lire...Merci Elise, d'être venue me le dire.



















 Le séjour s'est poursuivi par une présence au Salon du Livre, sur le stand de la très dynamique librairie M'lire de Laval, représentée par l'irremplaçable Simon dont vous pouvez revoir une présentation ci -dessous (La grande Librairie)







Un grand merci aux organisateurs, aux animatrices des conférences, aux lecteurs et à toute l'équipe de la librairie Mlire.

mardi 15 mai 2018

And the winner is...

En ce jour de sortie en librairie, voici le résultat du tirage au sort !
Merci à tous, qui avez participé si nombreux sur Facebook ! 





On ne voit pas sur la photo mais l'heureuse gagnante est le n°50, Anne Blanchet ! 



Résultat de recherche d'images pour "le plus beau des colliers heurtier"

Le plus beau des colliers
éditions Casterman 
illustrations Elisa Caroli

Un album aux couleurs tropicales, à raconter à des petits à partir de 5 ans ! 


"Maman place les mains de Maimiti juste derrière son cou. 
Front contre front, elle chuchote : 
- Regarde, Maimiti. Ce collier-là, celui que tu formes avec tes bras, est plus beau et plus précieux que tous ceux que l’on m’offrira. Et celui-là, je te promets, il ne fanera jamais."