Invitations, rencontres scolaires : prochaine présence en métropole à partir du printemps 2016.
Avant cette date : me contacter (heurtier@gmail.com) pour évaluer la faisabilité d'un retour / ou
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lundi 20 juillet 2015

Teasing (encore, oui)

En ce moment, je ne suis pas très inspirée niveau clavier (en même temps, avec les enfants en vacances, ce n'est pas plus mal) alors je me contente, quand lesdits marmots sont occupés à leurs stages et autres activités estivales, de mettre la main aux dernières corrections d'un roman écrit en décembre dernier. Il devrait paraître au printemps prochain, comme d'habitude pour mes romans "ados" ! 

Je vous mets quelques extraits ici. Je ne sais jamais quoi choisir alors j'ai un peu pioché au hasard. J'espère que cela vous donnera envie ! 
Alors, à votre avis, de quoi est-ce que ça parle ? Des idées ? ;-) 



[...]
J’ai commencé à mettre mes chaussures à pointes avec une grâce qu’un bélier ne m’aurait pas enviée (chez moi, l’été a été plus taquin : il a concentré ses pouvoirs sur la grandeur de mes pieds, plutôt que sur celle de ma beauté). J’ai demandé :
- Mais qu’est ce qu’elle a de si spécial, cette fille ? J’ai vu de ces blogs… Je suis sûre qu’il y a des folles qui fouillent ses poubelles pour savoir ce qu’elle mange.
- Ou ce qu’elle ne mange pas, a corrigé Kentia, le doigt levé. 
Imane a haussé les épaules, vaguement condescendante, comme pour montrer qu’elle n’était en rien concernée par cet engouement de masse. Juliette a mis ses mains sur ses hanches et a hoché la tête, admirative :
- Etre une it-girl, ça ne s’explique pas. C’est comme ça. Elle a un truc en plus. Du chien.
Kentia s’est mise à aboyer et nous, à glousser comme des idiotes. Kentia a ajouté :
- Vous saviez que c’est elle qui a lancé la mode du Thigh gap ?
- Le quoi ? ai-je demandé en terminant de nouer mes lacets.
Encore quelque chose dont je n’avais jamais entendu parler. Si je commençais à me sentir comme une extra-terrestre au milieu de mes coéquipières, la situation était peut-être plus grave que je l’imaginais. Il faudrait probablement que me résigne à demander à Louison une séance de people rééducation.
- Le Thigh gap, l’écart entre tes cuisses ! a soupiré Imane, comme si c’était l’évidence même. Regarde.
Elle s’est postée devant moi et a collé ses pieds l’un contre l’autre :
- Si tu vois passer la lumière, comme moi, t’es une bombasse. Par contre, si tes cuisses se touchent… t’as plus qu’à mettre des jupes longues pour le restant de ta life.
Elle a commenté, ajoutant un bonne dose de mépris dans sa voix :
- Il y a vraiment des filles à qui l’on pourrait faire faire n’importe quoi.
N’importe quoi ou pas, Juliette a tout de même voulu imiter Imane, et constatant que ses cuisses étaient marquées par le sceau de l’infamie, a haussé les épaules, vexée : 
- En tous cas, au 100 mètres, je ne lui donne pas deux secondes avant d’écrouler ses genoux cagneux sur la piste, à la Cara. 
Ensuite, je ne me rappelle plus ce que l’on a dit parce que Jim est sorti des vestiaires, et quand Jim apparait, tout le reste disparait. Plus de starting blocks, plus de coups de sifflets exaspérés de Seb, plus de sueur qui roule dans le dos, plus de douleur dans les mollets, plus de lumière ou de perfides cellules surnuméraires entre les cuisses.
Plus que Jim et mon cœur qui vacille. [...]
 


*********************


[...]

On a passé le reste de l’après-midi au centre commercial. On a pulvérisé la patience des vendeuses de douze boutiques (j’ai récolté un bon échantillon de commentaires excédés et/ou hypocrites, depuis « elle vous va à ravir », en passant par « le noir, ça affine », et même, photo à l’appui, un « regardez, c’est une imitation de celle que porte Cara Delevingne »).
C’est vrai qu’elle était sublime, cette robe là. D’un bleu de Prusse qui devenait de plus en plus soutenu à mesure que le tissu s’évasait vers le bas. Quand je l’ai vue, j’ai tout de suite su que ce serait celle-ci et aucune autre. Peut-être parce qu’elle m’a immédiatement rappelé la longue jupe vaporeuse qu’Ama aimait mettre les soirs d’été. Plus petite, je pensais qu’elle l’avait taillée dans un morceau de ciel. Hôtesse de l’air. Rien que l’expression me faisait rêver.
Soudainement, j’ai ressenti la furieuse envie d’être quelqu’un d’autre que moi. Etre belle, comme Cézanne. Avoir de la personnalité, comme Ama.  Après tout, pourquoi n’y aurais-je pas droit ? Cette injustice me faisait affreusement mal.
Je me suis glissée dans cet espoir et le tissu soyeux en fermant les yeux.
La fermeture éclair est resté bloquée au milieu de mon dos, en dépit des grognements de Louison pour la faire glisser jusqu’en haut.
- Attends, c’est pas une fermeture à la con qui va nous empêcher d’acheter cette saloper… cette merveille.
Elle a émis une sorte de râle sur le « merveille », tandis qu’elle donnait un dernier grand coup pour faire avancer le petit morceau de métal.
Enfin, elle a hurlé, triomphante :
- Yeeeessss !
J’ai ouvert les yeux et ai pris le coup de poing de mon reflet en pleine figure.
Derrière moi, les mains posées sur mes épaules, Louison souriait à s’en fendre la mâchoire, les joues rougies à cause des efforts déployés pour faire rentrer mon large dos dans le fourreau de soie. Mon image ne pouvait pas être plus éloignée de ce que j’avais espéré.
Je me suis sentie affreusement boudinée, saucissonnée dans cette robe merveilleuse que je parvenais pourtant à rendre ridicule. Comment avais-je pu une seconde imaginer que je pouvais approcher la beauté naturelle de Cézanne, l’éclat singulier d’une Ama ? À nos pieds, nos sacs, nos vestes et nos foulards gisaient comme les victimes d’une bataille. La scène était grotesque à pleurer.
Avec un sens du timing remarquable, la voix onctueuse de la vendeuse a traversé le rideau de velours ras:
- Alooors, qu’est ce que ça donne ?
Les larmes ont commencé à couler sur mes joues. Louison a balancé une réponse à l’attention de la vendeuse et m’a serrée dans ses bras en chuchotant :
- Oh, Mathilde, arrête… c’est pas grave, on va t’en trouver une autre.  [...]


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Ne me demandez pas pourquoi la mise en page a changé, il y a des mystères qui restent impénétrables...


[...]

Avec une lenteur infernale, je sors la barre chocolatée.
Je réalise avec stupeur que je ne salive même pas. J’en suis aussi étonnée qu’inquiète. Je ne suis pas sûre que ce soit tout à fait normal, en fait. Comme si j’étais au-delà de ce que je voulais être. Mais peut-être que ma perception est simplement altérée parce que je suis fatiguée.
- Bon, tu manges, oui ? On t’attend, je te signale.
Je brise un petit morceau et le porte à ma bouche, tête baissée.
Explosion de sucre dans le corps. Les yeux m’en piquent. Je le sens presque se propager dans mon sang, investir chacun de mes globules. J’avais oublié à quel point c’était si bon. Et si mal. Je m’étais promis de ne plus jamais manger ce genre de bombe énergétique. Je ravale mes larmes, me forçant à mastiquer cette bouillie aussi obscène que délicieuse.
Seb se détend, l’air de quelqu’un dont on a satisfait le caprice. Il ne se rend pas compte de ce qu’il vient de m’obliger à faire. 




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jeudi 11 juin 2015

Moissonnons, moissonnons (c'est le début d'une comptine de ma fille)

La moisson continue pour Sweet Sixteen ! 




Oui il est bizarre mon blé mais c'est normal parce que c'est du quinoa
(le gluten ne passera plus par mon estomac !)




Ces dernières semaines, ce sont 5 nouveaux prix 100% pas trafiqués (pas comme le blé, oui, aujourd'hui je suis d'humeur prosélyte) que le roman a remportés ! 

Il s'agit du :
- Prix Lire@Sénart 2015
- Prix Aficionados 2015

- Prix des collégiens de Haute-Savoie 2014/2015
- Prix Tatoulu 2015
- Prix Tapage 2015


Il est temps de mettre à jour mes tablettes !
Si je ne me trompe pas (mon organisation laisse parfois à désirer malgré les tentatives de mon amoureux de me créer des tas de fichiers Excel censés être tous plus pratiques les uns que les autres), voici donc les 11 prix décernés à Sweet Sixteen depuis sa parution en 2013. 


C'est pas un peu super, ça ? Et hop, tournée de fondant gingembre-chocolat sans gluten pour tout le monde ! ;-) 


Prix NRP 2013/2014
Prix de la librairie Honoré 2013
Prix de la ville de Loudéac et de la Cidéral 2013/2014
Prix Ado'lire (Vaux-en-Velin) 2014
Prix Livrentête 2014
Prix du festival de Cherbourg Octeville 2013/2014
Prix littéraire Ravinala du livre voyageur (collège F.Dolto de Madagascar)
Prix Aficion'ados 2015 (Mont de Marsan)

Prix des collégiens de Haute-Savoie 2014/2015
Prix Tapage 2015 
Prix Tatoulu 2015 

lundi 1 juin 2015

Les chroniques continuent de fleurir autour de "Refuges" et je ne peux que m'en réjouir. Pas tant pour ma gloriole personnelle (le besoin est inversement proportionnel à l'apparition des rides, et puis, sur ce sujet, ce serait bien malvenu), mais parce que malgré la réticence que l'on peut avoir à se plonger délibérément dans ce genre de thématique, cela me semble tout de même essentiel. 
Certes, on est renvoyé à notre propre impuissance, à notre culpabilité, à notre malaise peut-être... Nous, qui avons eue la chance inouïe de ne pas naître du mauvais côté. Nous qui n'imaginons pas à quel point la vie peut être différente à quelques milliers de kilomètres seulement. Mais refuser de voir des faits ne les feront pas disparaître ! 
Et sinon en commençant par s'informer, comment espérer un jour voir les choses changer ? 







Pour son numéro du mois de juin, le magazine Causette met donc  "Refuges" à l'honneur : 




Causette, juin 2015



La radio Boomerang FM le met également à l'honneur dans son émission "Au comptoir de Marianne". C'est à écouter ici : 

http://www.boomerangfm.com/site/emissions/view/60





Le collectif de blogs littéraires Les loupiotes en parle dans son hors-série n°13 (avec une interview + des chroniques sur certains autres romans que j'ai écrits), à télécharger ici 
https://entrelespages.wordpress.com/2015/06/01/les-loupiotes-n13/






Et pour tous les autres articles presse/ web parus sur ce roman, c'est ici : 
http://histoiresdelison.blogspot.com/p/refuges.html

samedi 2 mai 2015

Une fin de semaine aux accents internationaux !


Tout d'abord, j'ai la joie de constater que "Combien de terre faut-il à un homme ?" (éditions Thierry Magnier) s'exporte au delà de nos frontières. La belle maison italienne Orecchio Acerbo vient de l'ajouter à son catalogue, avec une traduction de Paolo Cesari. 
Bien entendu, ils ont conservé les sublimes illustrations de Raphael Urwiller sans qui l'album ne serait pas ce qu'il est. 


http://www.orecchioacerbo.com/editore/index.php?option=com_oa&vista=np&tipo=n&Itemid=63





"Les thèmes de l’envie de possession matérielle et de la (prétendue) nécessité d’accumulation font largement écho aux travers de nos sociétés occidentales, replètes et, parfois, déboussolées. La quête de la propriété, les injonctions à l’accumulation de biens : Pacôme les vit, déjà, au tournant du 20° siècle. Il ne fait pas figure de sage, s’essoufflant littéralement à rechercher l’extension de ses propriétés."
Chez Liseron








Ensuite, j'ai appris que la maison d'édition coréenne a racheté les droits de Là où naissent les nuages (ils avaient déjà traduit et publié Le carnet rouge et Sweet Sixteen. ) Sortie prévue l'année prochaine, avec une nouvelle couverture que je suis curieuse de découvrir! 


















Enfin, très bonne nouvelle, Casterman sort "Là où naissent les nuages" en version poche. Vous n'aurez plus aucune excuse pour ne pas l'avoir dans votre bibliothèque personnelle !
(Si si si, l'info rentre dans ma rubrique internationale. Après tout, c'est une maison belge ! Alors.) 





Bon week-end et bonnes lectures à tous ! 






mercredi 29 avril 2015

Prix RTS littérature ados : merci !




J'ai le grand honneur d'avoir remporté le prestigieux Prix RTS Littérature Ados de la chaîne de télévision Suisse du même nom, pour mon roman "Là où naissent les nuages" (Casterman). Pour cette récompense dotée de 5000 euros, sept ouvrages étaient en lice, et vous pouvez retrouver toute la sélection ici :



Il a été proclamé ce mercredi 29 avril 2015, en direct du Salon du livre et de la presse de jeunesse de Genève. Une émission télé sera consacrée à cette remise de prix samedi 2 et dimanche 3 mai à 9H45 (RTS 2).

Pour l'occasion, j'avais préparé une vidéo de remerciements et une série d'autres vidéos en réponse aux questions qui m'avaient été posées par les élèves. Je suis bien désolée de ne pas avoir pu être là en "vrai" ! En tous cas, le coeur y était ! 

Mille mercis pour cette belle récompense. 




video