J'ai quitté la Polynésie (quelle idée) au printemps 2016 et suis donc désormais disponible pour des rencontres scolaires. A bientôt !



samedi 27 décembre 2008

La couverture du prochain !










Pas mal non ?! J'adore la petite gamine planquée sous la robe de sa mère... Et le papa pirate tout fier de tenir son mouflet, parce que les filles, c'est bien, mais quand même, quand on en a 16+ 1 femme, on commence à se trouver un peu seul à laisser trainer ses chaussettes !

Pour les félicitations, il faut s'adresser à Stéphane Nicolet et à Jean-Luc Luciani des éditions Rouge Safran !




J'aimais également beaucoup les propositions de Michel Hellman, et comme je sais qu'il aimerait beaucoup illustrer pour la jeunesse, je mets ici l'un des dessins qu'il avait préparés pour ce roman. La scène fourmille de plein de petits détails super bien vus.... le berceau est fabriqué à partir d'un tonneau et d'ancres, il y a un os dans la balustrade, un rat qui se balade sur le pont...
Je vous conseille d'aller voir son blog ici , qui est excellent et très dépaysant (Michel habite à Montréal).




Mais pourquoi cette fichue image ne veut pas se mettre en gros ???


Pour finir, je vous mets mon petit pirate de poche :

vendredi 12 décembre 2008

Me voilà interviewée...

c'est ici, sur le site du Journal des Instituteurs de Nathan :
http://blogs.nathan.fr/le_coin_lecture/
Allez, plus que 10 000 articles et j'aurai peut-être une chance de battre mon homme au "google fight" !! pfffiou....

dimanche 7 décembre 2008

L'image du jour


Voilà une image que j'aime beaucoup, à double titre. D'une part parce que je suis d'accord avec le propos, cela va sans dire, d'autre part parce que je trouve l'illustration pleine d'harmonie et de douceur. Elle me donnerait presque envie d'écrire un petit quelque chose sur le sujet.
Les albums pour parents, ça se fait ? :-0

mercredi 19 novembre 2008

iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii-aaaaaaaaaaaaaaaaaaaaa !!

Tadam ! ça y est ! si si ! Notre album a trouvé preneur !
Je suis trop contente et Aurore est trop jouass (ça veut dire qu'elle est contente aussi).
Et la cerise sur le gateau, c'est que c'est une sacré maison, en plus ! Mais chuuut...je ne dirai rien avant d'avoir signé le contrat ! On n'est jamais trop prudent :-0

vendredi 31 octobre 2008

A vendre !

Projet d'album sympa recherche éditeur sympa aussi...et qui paie bien ! (non je rigole, je suis même prête à renoncer à mes droits d'auteur pour voir cette histoire en papier sonnant et trébuchant -si j'ose dire.)
C'est la première fois que je m'essaie au conte. Pas facile, comme exercice...parce que très court ! Et comme j'adore les tartines, j'ai eu du mal à ne pas me sentir frustrée quand j'ai vu se profiler (si vite) la limite fatidique des 10 000 signes !
Commence alors un jeu (pas drôle) de lettres musicales : vas-y que je te coupe une phrase par ci, une autre par là..lesquelles resteront au final ?


Allez, je vous en mets un morceau. J'avais déjà du le mettre il y a quelques temps mais comme j'ai pas mal rebossé dessus, la première fois ne comptait pas !


[...]
Au Château, les miroirs (magiques ou pas) avaient été ôtés, tout comme les fauteuils à bascule, les tapis (volants) ou les légers rideaux taillés dans des morceaux de ciel. Par contre, les canapés masseurs, les tableaux mouvants ou les horloges parlantes étaient tous à leur place.
En cuisine, impossible de mettre la main sur les cuillères télescopiques ou la cocotte-minute supersonique. Même le balai avait disparu !
Au marché, on se lamentait devant des étals à demi-vidés. Plus de thé étoilé, de meringues à la violette ou de guimauve des bois !
- Nom d’un hareng déplumé ! On m’a tout volé ! criait le poissonnier.
- Mille milliards de pingouins glacés, quel sort nous a-t-on jeté ? se lamentait Jørg, le marchand d’esquimaux.
A l’école, les enfants dansaient autour de l’institutrice, qui était bien embêtée ! Elle ne trouvait plus aucun livre, plus aucun cahier !
Et à la Grande Ménagerie Royale, Serpolette trouva les moutonniers en train d’essayer de faire avaler des carottes râpées aux escargots et moutons royaux :
- Saperlipopette, vous êtes tombés sur la tête !
Les moutonniers haussèrent les épaules. Il n’y avait plus le moindre brin de paille dans tout le Royaume ! [...]



Et voici, tadaaaam ! quelques illus de la Grande Aurore Petit (tiens c'est rigolo ça) avec qui je partage la maternité du projet :















lundi 13 octobre 2008

Premiers commentaires pour "Ma grand-mère..."

Trouvé sur le site http://www.choisirunlivre.com, de l'association du même nom, composée de libraires, parents et enseignants venus de toute la France et qui a pour but de "donner le goût de lire".

L'extravagante grand-mère de Noémie et Romain sort vraiment de l'ordinaire. Les enfants adorent... Mais leur père, Philippe, accepte tant bien que mal l'originalité de sa propre mère, surnommée Marie-Jo. Jusqu'au jour où elle leur apprend qu'elle souhaite se remarier. Philippe refuse dès lors tout contact avec Marie-Jo. Les enfants cherchent à les réconcilier par tous les moyens.

Commentaire
Hors du commun : l'histoire de l'ouvrage l'est autant que le personnage de la grand-mère. Noémie, la narratrice, se confie avec animation dans un langage parlé parfois désinvolte propre à l'adolescence. Le tout évoque avec délicatesse et esprit positif les tensions survenant parfois entre membres d'une même famille. Si rien n'est gagné d'avance, les efforts de compréhension mutuels sont toujours pleins d'enseignements fructueux. Un livre qui fait réfléchir. Couverture souple. 64 pages - 13 x 18 cm - ISBN 13 : 9782210985209 - Octobre 2008 - 6,10 €

samedi 11 octobre 2008

Sortie de "Ma grand-mère a un amoureux !" aux éditions Magnard

Qui a dit qu'on n'avait pas le droit d'être amoureux quand on a de cheveux blancs ??

Ayèèè !!!! Il est là ! (enfin, je crois :-/ car tous les sites ne semblent pas d'accord sur le jour "officiel" de sortie. Enfin bref, pour faire une moyenne on n'a qu'à positionner le curseur sur le 13 octobre). Cette histoire (qui sort donc chez Magnard, dans la collection Tipik cadet + -à partir de 9 ans), met en scène une grand-mère loufoque et rigolote qui annonce à sa famille qu'elle a décidé de se remarier.
J'avais envie de parler de tolérance, j'avais envie de faire vivre un personnage haut-en-couleurs...j'ai mélangé, j'ai bien remué...et Marie-Jo est sortie de mon clavier :-)


Les illustrations sont de Aurélie Guillerey, qui a donné une bonne tête à ma Marie-Jo, je suis contente !
Allez, je vous mets le début :
Dans les livres d’enfants, les grand-mères sont toujours d’adorables vieilles dames qui sentent la lavande et le caramel mou, qui font des confitures délicieuses ou qui tricotent des écharpes multicolores.
La mienne n’est pas du tout comme ça. Elle est géniale, mais elle serait bien incapable de s’occuper de fleurs dans son jardin. De faire des gâteaux à la cannelle ou de me coudre une mini-robe pour l’été. Non, ma grand-mère, c’est une véritable tornade. Elle ne tient pas en place : gymnastique, voyages en tout genre, guitare, théâtre ou cours de massages chinois, rien ne lui résiste. Et même si je suis la seule de mes copines à ne pas avoir une mamie, une mémé ou une maminouche, j’ai une Marie-Jo que je n’échangerais contre rien au monde.

lundi 6 octobre 2008

mini-revue de presse

Alors en ce moment, qu'est ce qu'on trouve de beau, voyons voyons....

Sidonie Quenouille est sur le blog des "clés de l'actualité junior" rubrique 'les chouchous de l'été' ! A lire absolument avant la rentrée, qu'ils disent :-)
http://www.lesclesjunior.com/rubriques/culture/la-selection/les-chouchous-de-l2019ete

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J'ai aussi trouvé ces commentaires de petits lecteurs : j'adore ! Je fais un copier-coller (pour la VO, c'est sur le site de la bibliothèque de Brest)

Réaction n°7 par albandlf
J'ai aimé ce livre car il me faisait rire quand les enfants tenaient le panneau:"accord sujet verbe".J'ai aimé les illustrations et aussi la tête de l'inspecteur qui me faisait penser à une grenouille.
Réaction n°6 par dorianel

J'ai bien aimé ce livre car on y trouve de l'humour, mais moi j'aurai du mal à m'habituer à la méthode de Sidonie pour apprendre les divers matières, comme le précise adrien.
Réaction n°5 par mariecaroline
Je n'ai pas trop aimé ce livre car contrairement à Sidonie je trouve que faire du cidre n'aide guère pour plus tard.Aussi,J'aurais aimé connaître la réaction de Sidonie de sa propre bouche quand à la fin de l'histoire elle reçoit le chameau ne carton,ne fil de fer et en papier maché.Si non,il y a boucoup d'images.Donc ce livre n'est pas très bien.
Réaction n°4 par clairel
C'est l'histoire d'une maîtresse qui a une façon d'enseigner un peu particulière...Ses élèves l'adorent.Un livre assez humoristique très agréable à lire.
Réaction n°3 par ombelinef
J'ai bien aimé ce livre,il est rigolo !!!!
Réaction n°2 par isaureg
J'ai trouvé ce livre assez amusant.
Réaction n°1 par manonb le 20/01/2008 @ 19:26
Je conseil ce livre car il est rigolo , drole , humouristique ....il est génial je lai adorer

vendredi 26 septembre 2008

lundi 1 septembre 2008

Sortie de "Un sort renversant pour Mirabelle"




Il s'agit d'un petit roman qui parait en ce moment dans la collection Tirelire des editions Averbode. Yuio signe les illustrations.

Voilà le début :

- Quoi ? Que l’on défrise les moutons ? Et que l’on mette des bigoudis aux chats angoras ?
Le Roi soupira en hochant la tête. La fée Astarté, son amie de toujours, le regardait avec des yeux ronds comme les hublots d'un bateau .
- Et toi, comme d’habitude, tu ne dis rien ! Depuis 18 ans, ta fille exige des choses insensées et tu restes les bras croisés ? Et bien moi je dis : ça suffit ! Je vais lui dire ce que j’en pense…et pas plus tard que maintenant !
Astarté attrapa son chat et sortit en grommelant :
- Ne t’inquiète pas, Abracadabra. Je ne laisserai pas le moindre bigoudi s’approcher de toi. Princesse ou pas !


A la porte de la chambre de la princesse veillait Roselore, sa fidèle servante :
- La princesse Mirabelle a demandé qu’on ne vienne pas la déranger, elle a des affaires de la plus haute importance à régler !
Astarté haussa les épaules :
- Des affaires de la plus haute importance ? Pfff ! A part recompter ses couronnes ou regarder des idioties sur canal-royal, je me demande bien ce qu’elle peut avoir à faire !
Et, sans frapper, elle entra dans la chambre de Mirabelle. Celle-ci, allongée sur son lit, se redressa, furieuse :

- Nom d’une chouette en chaussettes ! J’ai demandé qu’on ne vienne pas me déranger ! Astarté, si tu ne disparais pas sur le champ, je fais un tas d’allumettes de ta baguette !


Plus de détails sur le site :




http://www.averbode.com/fr/revues/detail.php?ID=26&menu=l&selectedsubnavigation=lageronderwijs







"C'est ainsi qu'Astarté et son chat Abracadabra furent chassés du Royaume par la princesse Mirabelle en personne"























lundi 28 juillet 2008

AAAAAAAAAAAARRRRRRRRGGGGGHHHH

Entre les pfff et les arrgggh, on pourrait croire :

- que je me suis lancée dans une grande auto-étude inédite sur « Les effets de l'économie de salive sur la consommation quotidienne de liquides » (je vous vois déjà venir, mais non non, je bois de l'eau ! Nanmého, j'ai un bébé élevé sous la mère, moi ! )
- que je suis à l'article de la mort (écrasée sous une demi-tonne de lettres de refus ou de linge à repasser…ou les deux)
- que je me suis mise à parler comme mon amoureux, ah ah, c'te blague, non, comme mon petit Paul qui commence à me faire des grands discours dans un mystérieux langage réservé aux initiés…

Hé bien non ! Que nenni ! Je dis « arrrrgggh » parce que…parce que quoi, déjà ? Ah, oui ! Parce qu'il faut que j'entame les grands travaux dans mon dernier texte, celui sur la droguerie (pour ceux qui suivent). On m'a conseillé de le retravailler pour qu'il soit plus mieux bien (hin hiiin, vous aimeriez bien que je vous dise de quel éditeur international je parle, bande de petits curieux !! bon, d'accord, en fait, c'est ma mère. Naaan, je rigole.)
Et donc, pour ces grands travaux, je ne sais pas comment m'y prendre…
Arrrrrrrrrrrrgggh !

dimanche 27 juillet 2008

pfff...

Il parait qu'il faut écrire des messages très régulièrement s'il on veut que son blog reste référencé en bonne place dans les moteurs de recherche...pfff...chépakoidire, moi !

Ceci dit, ça y est, j'ai écrit un message...Bon, faudra pas que je fasse ça trop souvent, sinon y'a bien que ma mère qui continuera à venir sur mon blog !

mercredi 9 juillet 2008

Une rescapée...

En essayant de retrouver, à droite à gauche, les morceaux de mes productions (épars depuis que ma clé USB a rendu l'âme sans même me prévenir !), j'ai mis la main sur ce texte que j'avais écrit pour le concours de la Nouvelle Gourmande de la ville de Périgueux. Le sujet était : "le plaisir, la satisfaction et l’éveil des sens que peuvent faire naître la confection, la réussite ou la dégustation d’un plat, d’un repas autant que les senteurs et les parfums et les couleurs d’un marché. Il s’agit d’un récit bref, de fiction, dans lequel la qualité de la langue française doit permettre de savourer les mots avec délectation."
C'était mon premier essai de texte "pas-pour-les -enfants"...Alors je lui offre un semblant d'existence en le publiant sur mon blog ! Lisez-le, ça lui fera plaisir !
Et pour info, le Prix est reconduit chaque année...pour 2008, les textes sont à rendre avant le 18 septembre et il y a 3000 € à la clé. Chouette.

Dans une simple assiette de porcelaine blanche



Une jeune serveuse au visage ordinaire lui apporta le premier plat. Elle s’immobilisa devant lui, la mine figée dans un masque d’obséquiosité, l’assiette serrée dans ses mains aux ongles peints. Il décida qu’un tel manque de distinction faisait offense à l’évènement. « Aucune importance » pensa-t-il en la remerciant. Dans son esprit, il venait de la remplacer par une superbe brune au teint pâle.
La bouche pleine de salive, il contempla, fasciné, la promesse de bonheur déposée devant lui, dans une simple assiette de porcelaine blanche. Il attendait ce moment depuis si longtemps. Au fur et à mesure que la date approchait, le douloureux désir s’était mué en jouissance. Il savait qu’à la première bouchée, le plaisir tout particulier de l’attente s‘évanouirait, chassé par la déferlante gustative répandant son exquise chaleur dans son corps engourdi d’années.
Il ferma les yeux, décidé à donner à cet instant une solennité de circonstance.
Puis, lentement, il saisit la fourchette argentée, piqua un morceau de foie gras satiné et l’amena sous son nez. Il voulait d’abord l’observer, le sentir, en comprendre l’odeur avant d’en expérimenter le goût. Quand les premières molécules s’emparèrent de son nez, un arôme de fête le submergea, presque immédiatement suivi par la réminiscence des Noëls en famille. L’odeur du sapin, le bruit des bûches crépitant dans la cheminée, le crissement de la neige sous les pieds. Les sempiternelles querelles au sujet de celui qui serait de corvée pour ouvrir les huîtres. La certitude que ce serait encore lui, mais le bonheur enfantin de goûter avant les autres à ce parfum iodé. Le rire de Marie et de leurs 6 petits-enfants.
Il décida que le moment était venu de porter à ses lèvres la fourchette et son délicieux contenu. Les tempes battant sous ses cheveux argent, il ouvrit grand sa bouche, son cœur et son esprit.
L’émotion provoquée par la douce caresse du foie gras fondant sur sa langue lui fit monter les larmes aux yeux. Un baiser d’enfant, un mot d’amour chuchoté par une voix adorée. Puis la puissance d’un goût incomparable, de ce goût dont il avait, il ne savait comment, oublié la charnelle violence.
Il dégusta lentement le reste de son assiette, alternant la figue et le foie gras, la roquette et la coriandre, attentif aux émotions provoquées par ce patchwork de saveurs le ramenant à la vie. Textures et flaveurs se mariaient à la perfection : le poivre de la roquette associé à la figue craquante et sucrée le plongea dans un abîme de délectation. Tout à son plaisir, il ne vit même pas la jeune fille venir s’assurer qu’il ne manquait de rien. Pas plus qu’il n’entendit les cris de l’enfant à la table voisine. Perdu dans ses pensées, il savourait cette fête – sa fête - du goût et du passé.
Pour la suite, il avait commandé un sauté de poulet au gingembre et au sésame. Il était impatient de goûter au souvenir d’un des moments les plus heureux de son existence.
La volaille odorante fut apportée par la jeune fille ou plutôt la brune sublime que son imagination lui préférait.
La peau du poulet était parfaitement dorée, il pensait déjà au bruit croustillant qu’elle ferait sous la pression du couteau. Il contempla béatement le sésame qui habillait délicatement la volaille d’une robe de plumetis blancs. Il respira l’odeur piquante et citronnée du rhizome jusqu’à ce que son nez en soit pratiquement anesthésié. L’effet escompté se produisit. Marie se tenait devant lui. Ils étaient dans la cuisine, attablés et dévorant avec les doigts une cuisse de poulet truffée de gingembre. Il voyait les yeux rieurs de Marie pétiller de plaisir lorsque sa langue rencontrait un morceau de l’épice poivrée et sucrée. « Et en plus, c’est bon pour la digestion, la circulation, contre les rhumes…et pour la vigueur sexuelle ! » répétait-elle à chaque fois qu’elle en mangeait. Pour lui, le gingembre avait un goût d’allégresse depuis de nombreuses années, depuis ce très lointain jour de février où ils déjeunaient en regardant la neige tomber. Du bout du doigt, Marie récupérait soigneusement les derniers morceaux de gingembre laissés dans son assiette. C’était la première fois qu’elle goûtait à cette curieuse racine, et l’expérience l’avait laissée ravie et étonnée. Soudain, elle avait levé les yeux vers lui. Ils brillaient d’un éclat très particulier. « Je suis enceinte » lui avait-elle simplement soufflé.

Il ouvrit les yeux : Marie avait disparu. Il était seul dans ce restaurant de province, le cœur encore gonflé par cette réminiscence de bonheur.
En hommage au passé, il saisit la cuisse de poulet dans ses doigts fébriles.


Comme prévu, la peau grillée craqua agréablement, tandis qu’une légère giboulée de sésame tombait dans l’assiette.
Sous les yeux outrés de la vieille dame de la table de gauche, il porta un morceau de volaille à la bouche. La chair était ferme et juteuse, délicatement parfumée de gingembre frais.
Ce fut un rare délice d’une dizaine de minutes, pendant lesquelles le plaisir ressenti par son corps écarta à nouveau son esprit de toute autre considération. Quand il ne resta plus rien dans l’assiette, il se lécha les doigts pour ne pas perdre une molécule de ce réconfort gustatif.
Il ne toucha pas au riz, qui lui rappelait la cantine de là-bas, même si celui-là n’avait pas l’air aussi collant. « Pourtant, la mangue, c’est une bonne idée » se dit-il en contemplant les petits dés jaunes perdus au milieu des grains blancs. Il se rendit compte qu’il avait oublié le goût de ce fruit onctueux. Il hésita à goûter un petit morceau. Mais décidément non, le contact avec le riz en rendait l’éventualité insupportable.
« Vous avez terminé ? » lui demanda la jeune fille en se penchant vers lui. Il acquiesça en contemplant deux seins ronds, mal à l’aise dans une chemise trop étriquée pour ne pas éveiller la concupiscence masculine ou la médisance féminine.
La serveuse partie, il attrapa le verre à pied et but une gorgée d’un vin à la jolie robe rouge carmin.
Le délicieux nectar se répandit en volutes de saveurs enjouées. Moelleux, bourru, racé, rond ou canaille : lui qui avait toujours été dubitatif face au sabir des amateurs de vin sentait clairement des notes de cannelle s’accrocher à son palais. Il hésitait entre charpenté et racé, deux termes qu’il avait souvent entendus sans vraiment les comprendre, quand la serveuse lui apporta le plat suivant. Pour cette soirée qui n’appartenait qu’à lui, il avait décidé de ne rien économiser : ni son temps, ni son argent. Ce festival d’odeurs, de saveurs et de souvenirs était le symbole de sa renaissance. Il marquerait un nouveau départ.
La jeune fille déposa la lotte d’un air plus artificiel que jamais. En lieu et place dans son esprit, l’image de la brune à la pâleur marmoréenne était déjà imprimée. Il était satisfait de la teinte opaline qu’il avait choisie pour la fille : avec le zinzolin presque agressif de la sauce à la myrtille dans l’assiette, le contraste était étrange et saisissant.
Sans se soucier de la vieille sur la gauche, que le persiflage systématique intéressait apparemment bien plus que le contenu de son assiette, il attrapa sa petite cuillère et commença à racler la sauce épaisse. Il regarda l’éphémère sillon blanc tracé par la cuillère disparaître à nouveau sous la sauce. Puis, respectueusement, religieusement même, il la goûta. Elle était délicieusement sucrée, relevée d’une légère pointe d’acidité. Il savait qu’elle le mènerait dans la maison de son enfance, quand il ramassait les précieuses petites baies avec ses frères. Ils prenaient une infinie précaution pour ne pas les écraser, en avalaient autant qu’ils en cueillaient et ramenaient à leur mère le butin, la mine triomphante et les vêtements constellés de tâches bleutées.


Il dégusta lentement la sauce à la myrtille et les souvenirs de son enfance avant d’entamer la lotte. La chair était ferme et nacrée. Parfaite. Il n’y avait plus de sauce pour l’habiller, mais ça n’avait pas tellement d’importance, la fraîcheur du poisson le dispensant de tout accompagnement. « Comment une chose si laide peut-elle être si bonne ? » se demanda-t-il, amusé, en pensant à l’aspect repoussant du poisson.

Il n’avait pas demandé de fromage, il n’en avait jamais supporté l’odeur, ce qui avait toujours suscité la plus profonde incrédulité de la part de 99% des personnes ayant pu partager un repas avec lui. Pour certains, c’était même aussi incompréhensible que de manger des haricots en boite. Ou que d’avaler du bloc de foie gras tartiné sur du pain de mie industriel.
Ces considérations gustatives prirent fin avec l’arrivée fracassante du chariot de dessert cahotant sur les irrégularités du parquet. Merveilleuse vision que cette improbable roulotte promenant ses tiroirs de saveurs au milieu des regards envieux, surtout quand on sait que c’est devant soi qu’elle s’arrêtera en premier lieu. Devant lui trônaient donc une bonne vingtaine de desserts en tous genres. La variété des couleurs et des textures lui rappelait les étals des marchés d’été. Qu’elles lui semblaient loin, ces allées bigarrées ! Depuis combien de temps n’avait-il pas flâné au milieu de producteurs bedonnants, s’égosillant pour attirer le chaland ? Depuis quand n’avait-il pas vécu le plaisir simple de remplir son panier d’abricots tous justes cueillis ? De fèves au vert tendre ? D’un melon à l’odeur arrogante et d’une baguette croustillante ?
Il s’en fit la promesse : après le restaurant, le marché serait la seconde étape de sa redécouverte de la vie.
Après une longue et délicieuse hésitation, il se décida pour un assortiment mêlant le classicisme le plus absolu à l’aventure gustative. Un fondant au chocolat, une timbale d’œufs à la neige et une mini-charlotte à la poire se retrouvèrent face un petit beignet à l’angélique, un morceau de pavlova et de la mousse fraise et basilic.
L’exploration de ces multiples saveurs lui prit une bonne demi-heure, souvenirs compris. Défilèrent pêle-mêle les vacances itinérantes à travers la campagne française, les soirées avec ses fidèles amis et même sa fabuleuse rencontre avec Count Basie.
Pour le restaurant comme pour chacun des plats, rien n’avait été laissé au hasard. Les longs mois passés dans l’ambiance javellisée d’un hôpital de banlieue, au milieu de vieillards aux yeux éteints, avaient été un électrochoc. Entre les murs blancs de la chambre, il s’était fait la promesse solennelle de profiter de tous les instants supplémentaires qu’il lui seraient désormais accordés. A 72 ans passés, il n’avait pas le droit d’effilocher un ruban d’années déjà bien utilisé. Il voulait porter un œil neuf sur tout ce qui l’entourait. Renaître. Redécouvrir l’importance de toutes ces petites choses qui sont la vie. Et pour marquer ce nouveau départ, il avait décidé de s’offrir, lorsqu’il sortirait enfin, un arc-en-ciel de saveurs et de souvenirs.


Il avait donc choisi les évènements heureux de sa vie, avait composé le menu qui les ferait revivre au mieux et avait cherché le restaurant qui pourrait les lui proposer. Et en ce jour particulier, il avait vécu une expérience sensuelle inespérée. Il lui semblait que tous les goûts, toutes les odeurs étaient différentes. Plus intenses. Il ne comprenait pas comment il avait pu traverser plus de 70 ans sans frémir sous la caresse d’un foie-gras ou sans prendre mesure de la saveur insolente d’un simple morceau de poulet doré.
En sortant du restaurant, il inspira l’air frais à pleins poumons. Il était serein, apaisé et étrangement revigoré. Dans le cœur et dans la bouche, ces madeleines de Proust lui laissaient un goût délicieux. Il sourit.
« Finalement, Marie-ma-jolie, je ne suis pas si pressé de te rejoindre ! » murmura–t-il en levant au ciel son beau visage sillonné de rides.



jeudi 3 juillet 2008

Terminé !

Je viens de terminer un nouveau petit roman...ça se passe dans une droguerie ! Je trouve ça assez poétique, en fait, les drogueries... ça a un petit charme suranné.

Voici le début :

Pour rentrer de l’école, mon copain Nathan et moi, on prend toujours le même chemin. On est en CM2, alors depuis le temps, on pourrait le faire les yeux fermés !
D’abord, on passe devant la boulangerie de Madame Dumoulin, qui a un bébé avec des joues toutes roses et rondes comme des brioches. Des fois, elle nous en donne, mais ce n’est pas souvent, j’ai l’impression que c’est juste quand elles sont trop cuites.
Ensuite, il y a une laverie automatique, qui est souvent vide et toujours moche. Quand on passe devant, je fais exprès de ne pas regarder à l’intérieur, pour punir le patron d’avoir mis un truc aussi triste dans le quartier.
Après, on traverse la rue et on passe devant chez Viviane. Elle est coiffeuse, elle est assez chouette, sauf que son salon s’appelle Diminu’tif. Et ça, ça gâche tout, parce que c’est complètement nul, comme nom. Moi, si j’avais un magasin, je lui trouverais un nom aux petits oignons !
Après, on passe devant la boutique d’Archibald Morel, qui n’est pas tellement content de vendre des téléphones, parce que son vrai métier, c’est de faire des photos. Pas des photos de mariés qui prennent des poses complètement tartes dans un parc, mais des vraies photos ar-ti-stiques qui valent un paquet d’euros. Il aurait bien attendu que les gens se rendent compte de son talent, Archibald, mais le grand frère de Nathan, qui le connaît bien, dit que c’est son amoureuse qui ne voulait pas.
Ensuite, il faut que l’on fasse attention de pas trop faire les imbéciles, parce qu’on arrive devant la pharmacie de Monsieur Grapin, qui surveille toujours ce qui se passe dehors en regardant par-dessus ses lunettes. Il aurait dû faire concierge ou gendarme, Mr Grapin, mais pas pharmacien. Là, normalement, je dis au revoir à Nathan parce qu’il tourne à gauche pour rentrer chez lui. Sauf, par exemple, si j’ai du gâteau au chocolat, parce que dans ces cas-là, il continue un peu avec moi. Il me reste encore les deux immeubles qui viennent d’être refaits, le square et le bureau de poste et après je suis arrivé.
Il reste aussi le magasin d’Armel Lampion.
Son magasin, à Armel, on dirait qu’il est tout ratatiné entre les deux gros immeubles qui le serrent comme s’ils voulaient le faire disparaître. Sa devanture est toute timide et à côté des nouveaux immeubles bien propres, elle a l’air encore plus vieille que la voiture de mon papi qui n’a même pas la clim’, ni les vitres électriques. Dans la vitrine d’Armel, il n’y a pas de trucs qui clignotent comme chez Archibald Morel. Pas d’énormes affiches pour une nouvelle super crème amincissante qui pulvérise les bourrelets en 3 semaines chrono, comme chez Monsieur Grapin.

lundi 30 juin 2008

Bravo Aurore et moi ! On a remporté le Prix des Embouquineurs !


Toujours pour Sidonie Quenouille...Ben voilà, c'est tout ce que je voulais dire !

vendredi 20 juin 2008

Allez, je vous en copie-colle un morceau...(en vert, puisque c'est la couleur de l'espoir !)

Ce matin-là, Serpolette, princesse du Royaume de Kosmopole, comprit tout de suite que quelque chose ne tournait pas rond au Château. Un drôle de brouhaha l’avait réveillée, et pourtant, ce n’était ni le jour du Fabuleux Tournoi de Lancés (de poêles à frire), ni celui de la Course Mensuelle des Escargots Royaux.
En ouvrant l’œil dans son hamac royal, la princesse fut tellement surprise qu’elle perdit l’équilibre (et ping, se cassa la figure sur le parquet).
- Nom d’un trombone en guimauve, j’ai la berlue ! Qu’est ce qui s’est passé dans ma chambrette ?
se dit-elle en cherchant ses lunettes …avant de se rappeler que ça ne servait à rien, puisqu’elle n’en portait pas.
Sa superbe armoire à pois n’était plus là. Autour de la table, plus de jolies chaises à paillettes. Plus de tapis, plus de rideaux ! Plus de colliers, plus de souliers hauts…même ses vieilles espadrilles avaient disparu ! Ce qui était bizarre, par contre, c’est qu’on avait touché ni à sa console de jeux en or, ni à sa collection de tablettes de chocolat !
Serpolette décida qu’elle devait être en train de rêver. Elle se recoucha donc et ferma les yeux pour reprendre la journée à zéro.1,2,3 ! Elle ouvrit prudemment un œil...puis l’autre. Zut et re – zut : elle ne rêvait pas.
Elle n’y comprenait rien de rien. Un voleur qui aurait embarqué ses espadrilles, laissé sa console et qui n’aimait pas le chocolat, ça n’existait pas !

Bonhomme patate...

Ca y est ! j'ai terminé le texte pour notre album. Aurore va s'attaquer aux illustrations et ensuite, on s'attelle à la recherche d'un éditeur assez perspicace pour réaliser qu'il va devenir (encore plus) célèbre grâce à cet album génialissime que les enfants du monde entier vont s'arracher....
Comment ça, j'ai plus qu'à m'auto-éditer ?

Bon sinon, cet album ne s'appelera pas "bonhomme patate" (ouf), c'est juste une expression (du jargon des illustrateurs) qu'Aurore vient de m'apprendre...alors comme je suis partageuse, je vous transmets l'information, des fois que ça vous fasse gagner chez Julien Lepers. Pour votre culture personnelle, donc, il s'agit de dessins très grossiers qui servent au début, pour le découpage d'un texte...

dimanche 8 juin 2008

Remise des prix Revues Nathan

Le 24 juin aura lieu la remise des "prix des revues Nathan". Sidonie Quenouille a remporté le 2° prix, catégorie Romans.

Le Prix des Lecteurs JDI 2008
Comme chaque année,le Prix des Lecteurs JDI - “Sélection 7/11 ans” vient d’être décerné par notre jury littéraire, composé de 30 classes d’école élémentaire. Nous sommes heureux de vous présenter les cinq ouvrages récompensés. Nous remercions chaleureusement les élèves et leurs enseignants qui ont partagé, durant plusieurs mois, cette aventure littéraire afin de départager les 12 livres en compétition. Nous vous donnons rendez-vous à l’automne, pour découvrir la sélection du Prix des Lecteurs JDI 2009 !
Catégorie Album
1er prix
La Panthère Blanche, de Jackie Morris, Gautier-Languereau, 2007, 163, 8-11 ans. L’HISTOIRE : La panthère blanche, gardienne d’une vallée himalayenne, sent sa fin venir et attend son successeur. Elle le trouvera en la personne d’une jeune enfant, à qui elle offrira tous ses secrets…
LE MOT DU JURY : “L’histoire est magique, un peu triste, mais pleine de vie. Nous avons la sensation de plonger dans les illustrations, car elles sont grandes et magnifiques ; les couleurs sont très belles.” La classe de CE1 de Gaëlle Duray, école Daumesnil.
2e prix
Pourquoi personne ne porte plus le caïman pour le mettre à l’eau?, de Blaise Cendrars, ill. de Merlin, Le Sorbier, 2007, 13,503, 6-8 ans.
L’HISTOIRE : Un chasseur généreux porte au milieu de la rivière un caïman et ses quatre petits. Il devient alors la proie des bêtes affamées…
LE MOT DU JURY : “Mes élèves ont beaucoup aimé cette histoire, même s’ils ont avoué trouver la fin un peu triste. Les changements de taille et de forme des caractères, au fil des pages, ont stimulé leur lecture.” Nicolas Baron, enseignant de cycle 3 à l’école primaire de Beauvoir-en-lyon (76).

Catégorie Roman
1er prix
Le Miraculeux voyage d’Édouard Tulane, de Kate Di Camillo, ill. de Bagram Ibatoulline, trad. de Sidonie Van Den Dries, Tourbillon, 2007, 12,953,8-11 ans.
L’HISTOIRE : Propriété de la jeune Abilène, Édouard Tulane est un lapin de porcelaine orgueilleux et indifférent aux autres. Il va bientôt quitter sa vie de confort et d’égoïsme… LE MOT DU JURY : “La lecture de ce roman fut presque magique. La classe a adoré les nombreux rebondissements du récit. Beaucoup ont apprécié les différentes personnalités que ce héros de porcelaine doit endosser au fil de son voyage.”Véronique Bruneau, enseignante de CM2 à l’école Jean-Jaurès d’Ermont (95)
2e prix ex aequo
Le Marchand de glace à la vanille, de Kochka, ill. de Violaine Leroy, Nathan, 2007, 5,503, 6-8 ans.
L’HISTOIRE : Il y a fort longtemps, deux fées ont conféré l’immortalité au jeune Jiguzavey, à la condition qu’il fabrique ad vitam aeternam des glaces à la vanille pour la joie des enfants. Un jour, la petite Olga entre dans son échoppe…
LE MOT DU JURY : “Nous avons choisi ce livre parce qu'on aime les glaces, que c’est une histoire d’amitié à la fois drôle et romantique.” Sophie Ferraro, enseignante de cycle 3 à l’école de Charnay-Le-Bourg (69).
Sidonie Quenouille, d’Annelise Heurtier, ill. d’Aurore Petit, Le Rouergue, 2007, 63, 6-8 ans. L’HISTOIRE : Le jeune Adrien, qui se faisait tirer du lit pour aller en classe, est désormais le premier levé. La toute nouvelle institutrice, Sidonie, et ses méthodes très originales n’y seraient-elles pas pour quelque chose…
LE MOT DU JURY : “Les élèves ont aimé ce livre, dont l’intrigue se déroule dans un environnement qui leur est très familier, et qui est dépeint avec humour par l’auteur. Et puis ce roman montre que l’on peut se sentir bien à l’école !” Elvina Dollé, enseignante de CM2 à l’école de la rue Tandon, à Paris.

source : http://www.jd2i.com/actualites/default.asp?num=1028

mercredi 4 juin 2008

Rencontre à l'école du Petit Defend

Une saynète réalisée par la classe de CE2...notez le petit inspecteur à la grande cravate et l'institutrice avec d'énooooooooormes lunettes vertes en papier maché !

Zut, la photo n'est pas dans le bon sens :-/ Mais si vous tournez la tête, vous verrez que ce sont des titres de chapitres proposés par les élèves !




lundi 2 juin 2008

Dernière classe, samedi 1 juin


Les élèves de l'Ecole Turcan de Fréjus (qui ont un directeur très rigolo, pas comme madame Moulineau !), et moi, au milieu...si si, cherchez bien !

Oui, je sais, y'en a qui sont presque aussi grands que moi...et c'était des CE2.....

Paul a trouvé une nouvelle amoureuse


Susie Morgenstern en personne !



Il s'est produit un truc incroyable lors du dernier diner à l'hôtel, vendredi soir...Alors que j'entamais ma 4° cuillèrée d'une divine glace au citron biscuitée, j'expliquais à Susie - qui habite à Nice- que du côté de Nicolas, tout le monde était nicois depuis plusieurs générations déjà...J'ajoute d'ailleurs que le grand-père de Nicolas, Jean Onimus, était écrivain et philosophe quand elle me dit avec son superbe accent :
"Nooon ? Jean Onimus ? Nicolas est le petit-fils de Jean Onimus ? "
Et oui, Grand-Papa était le directeur de thèse de Susie quand elle était à la fac de Nice...Le monde est petit, n'est-ce pas ? En rentrant dans ma chambre, je raconte ça à mon bien-aimé (il s'était dévoué pour garder le babydoux pendant le diner)...qui était à la fois très heureux et très malheureux, venant de se rendre compte qu'il ne pourrait pas le raconter à Grand-Papa...

Quelques travaux des élèves rencontrés





Des dessins, des dessins, encore des dessins...Notez la Sidonie Quenouille noire...J'ai adoré !

Le prix de l'Esterel en images







Il y avait beaucoup de monde ....et on a échappé de peu à la pluie...



Ci dessous,de gauche à droite, les 4 participants au Prix Romarin (romans) :

Jean-Charles Sarrasin (illustrations) Susie Morgenstern (texte) pour le "Camping des Fées"

ben...moi (textes) pour "Sidonie Quenouille"

Gwen Keraval (illustrations) pour "Lydia et l'aquarelliste"





Et ci -dessous, les participants pour le Prix Lavande (albums)


Agnes de Lestrade (textes) pour "L'enfant qui mangeait les nuages"
Cecile Gambini (illustrations) et Stephane Servant (textes) pour "Coeur d'Alice"

Muriel Kerba (textes et illustrations) pour "Un nouveau monde"







dimanche 1 juin 2008

De retour (fatigués) de notre séjour dans le Sud, pour le prix de l'Estérel

Ah oui, fatigués, parce que quand même, 7H de voiture, ça calme ! surtout avec un bébé ...

Bon, sinon, je dois dire que nous avons passé un très bon séjour à Saint Raphaêl.
J'en profite pour saluer :
- le travail des organisateurs (super bien fichu, ce prix),
- le porte-monnaie de l'inspection académique (hôtel Mercure sur la plage -ok, sous la pluie, aussi. Mais je suis d'accord, on ne peut pas tout acheter)
- le courage au quotidien des instits et profs que j'ai rencontrés pendant ces 4 jours...et souvent, leur enthousiasme, leur engagement, leur travail auprès des enfants...Bravo, parce que nous savons tous que par les temps et les réformes qui courent, travailler en tant qu'enseignant, ça doit parfois être ...décourageant. Frustrant.Démotivant.
- tous les enfants qui ont participé au Prix : merci pour tous ces sourires, ces yeux qui brillent, ces questions qui pétillent...Un merci tout spécial aux pièces de théatre croquignolesques réalisées au collège Léotard. Inoubliable !
- Agnes de Lestrade, qui m'a bien fait rigoler !
- l'immense, l'incroyable, l'epastrouillante, la truculente, l'excellentissime, la talentueuse, la mirifique, l'illustre, la picaresque Susie Morgenstern. En plus d'être immense, incroyable, épastrouillante, truculente...ok, j'arrête ! elle a aussi très bon goût en bébé, puisqu'elle a adoré mon petit mouflet, qui lui a bien rendu, d'ailleurs.
- mon homme d'amuuur....qui a baby-sitté à merveille pendant ces 4 jours. Malgré la pluie, balades avec le petit, discutaillage avec d'autres bébés croisés au détour d'un couloir de l'hôtel, mini thalasso papa/bébé....

Photos de tout ça dans quelques jours, pour vous montrer que je ne vous raconte pas de conneries.

Et pour les curieux, c'est Susie qui a gagné le prix, pour "le camping des fées".

dimanche 25 mai 2008

Album....

En ce moment, je suis sur un projet d'album, en collaboration avec Aurore Petit. Il s'agit d'une histoire pour les 7/8 ans je pense, par contre, je n'ai aucune espèce d'idée quant au nombre de signes que comportent habituellement les albums pour cette tranche d'âge. Si quelqu'un pouvait me tuyauter...

mercredi 14 mai 2008

Rencontres avec des élèves...

Le 28, 29, 30 mai prochain, je serai à Saint Raphaël pour rencontrer plusieurs classes, dans le cadre du prix littéraire de l'Estérel. Susie Morgenstern et Agnes de Lestrade sont également invitées....wouah ! je suis déjà intimidée, rien que d'y penser !

mercredi 23 avril 2008

Un samedi de chien (Milan Presse, mai 2008)

"Un samedi de chien" est une petite histoire parue en mai 2008 dans le mensuel "Moi je Lis" (Milan Presse). Les illustrations sont de Zelda Zonk.







C'est une histoire sans prétention, juste... rigolote ;-) Il n'y a pas vraiment de message à l'adresse des enfants (si ce n'est, peut-être, ce qu'implique le fait d'être responsable de quelque chose, en l'occurence, un animal) . Dans cette histoire, Adrien doit garder le caniche adoré de la tante Aglaé....

Voici le premier chapitre

Tout a commencé par un coup de téléphone, un vendredi soir, alors que je lisais ma BD préférée. Quand maman a décroché, j’ai essayé de deviner qui était à l’autre bout du fil. Pendant un moment, j’ai eu peur que ce soit la maîtresse, à cause de cette histoire de bagarre, à la récré.Ce qui n’aurait vraiment pas été chouette de sa part, parce qu’après tout, ce n’est pas moi qui avait commencé.Bref, j’ai vite compris que ce n’était pas la maîtresse, mais la tante Aglaé. Ce qui est au moins 10 fois pire.
La tante Aglaé habite seule dans une maison qui ressemble à une boite de bonbons. Il y a du rose et du doré partout et puis des tas de trucs qui ne servent à rien et qu’il ne faut toucher sous aucun prétexte. C’est pénible, on n’a rien le droit d’y faire, des fois que l’on casse ou salisse quelque chose.
Quand je dis qu’elle habite seule, ce n’est pas tout à fait vrai. D’ailleurs, si elle m’entendait, elle en ferait une attaque! Aglaé habite avec Prince Hubert, qui, selon elle, est la compagnie la plus distinguée et la plus chic de toute la terre. En fait, Prince Hubert n’a pas vraiment de couronne ou de château, car Prince Hubert est…un caniche. Le genre de petit toutou blanc et frisé avec une coupe très élaborée qui lui fait comme des pompons au bout des pattes. Le genre surtout ridicule, quoi. Et puis, je vous demande bien à quoi ça sert d’avoir un chien si on ne peut ni jouer avec lui dans le jardin, ni courir dans les flaques d’eau!
Bref, la mauvaise nouvelle, dans tout ça, c’est qu’après avoir raccroché, maman m’a annoncé, l’air mi-ennuyé, mi-amusé :
- Adrien, demain, Aglaé te confie son chien adoré !



Moi, peur? Jamais ! (Milan presse, mai 2008)





"Moi,peur? jamais !" est une "grande" histoire (de plus 30 000 signes, pour les initiés) qui s'adresse à des enfants à partir de 8/9 ans. Il vient de sortir chez Milan Presse, dans le magazine Zaza Mimosa.J'aime tout particulièrement cette histoire...je ne sais pas pourquoi, mais c'est l'une de mes préférées. J'ai pris beaucoup de plaisir à l'écrire...
Le thème principal est la gestion de la peur. L'idée de base est d'expliquer aux enfants qu'il est normal d'avoir peur (même si les adultes ont souvent tendance à dire "mais tu es grand maintenant.."), et que la meilleure façon de soulager ses angoisses (que l'héroine de l'histoire compare à un sac de cailloux) est de les partager avec d'autres...Il s'agit donc de l'histoire de Sophie, qui n'a peur de rien....jusqu'au jour où elle rentre à l'hôpital pour se faire opérer. Une intervention banale, mais qui lui fera apprendre pas mal de choses sur elle, grâce à la rencontre d'un petit garçon hospitalisé, d'un vieux monsieur qui n'a plus toute sa tête et qui cherche son chat dans les couloirs de l'hôpital, d'une infirmière qui ressemble à une fée ou encore d'un médecin qui joue de la guitare...
Les illustrations sont de Marie Margot.







Voici le deuxième chapitre. Sophie entre à l'hôpital...

Les portes s’ouvrent devant nous. A l’intérieur, tout est blanc et brillant, j’ai l’impression d’être dans une navette spatiale. Je me sens un peu bizarre…enfin, juste un peu. C’est peut-être à cause de la drôle d’odeur qui flotte dans les airs. J’attrape la main de ma mère et on avance vers le comptoir au dessus duquel est écrit « accueil-admissions ». C’est idiot, il est tellement grand, ce comptoir, je ne peux même pas voir s’il y a quelqu’un derrière. En face, il y a des tas de chaises orange avec des gens qui n’ont pas l’air tellement ravi d’être ici. Ma mère s’approche du comptoir. A priori, il y a bien quelqu’un derrière. Mais le quelqu’un en question, soit il a 90 ans, soit il est en train de piquer un petit roupillon, parce que ma mère le salue avec une voix qui ferait sursauter un menhir.
Cette fois, le quelqu’un doit être bien réveillé, alors elle continue avec un « Ma fille doit se faire opérer par le professeur De La Phalange » digne d’une tragédie grecque. De l’autre côté, rien ne bouge. Ma mère se mord la lèvre inférieure, ce qu’elle fait toujours quand elle est stressée. Enfin, une réponse arrive :
- Vous avez les étiquettes ?La voix n’est pas très engageante, je suis sûre que son propriétaire non plus. Ma mère me regarde d’un air interrogateur. Mais moi non plus, je ne sais pas ce que c’est, ces étiquettes !Le Comptoir reprend, toujours aussi gracieusement :
- Pour les admissions, il me faut les étiquettes, c’est le règlement. 2° à gauche au fond du couloir.
Ma mère se retourne vers moi et m’emmène vers les chaises en plastique.
- Sophie, chérie, attend moi ici. Je vais aller voir si je trouve ces étiquettes.
Elle m’embrasse et disparaît dans le couloir de la navette spatiale. Je l’imagine, affrontant des Comptoirs de plus en plus hauts, triomphant du sol glissant et des lumières aveuglantes, à la Recherche des Etiquettes de Sophie Chérie. Quelques minutes passent, que je remplis en essayant de deviner ce que les gens assis en face de moi peuvent bien faire ici. Pour la grosse dame à lunettes, c’est facile : elle est en train de tout raconter à sa voisine, qui l’écoute distraitement en lissant sa robe à fleurs. Son mari s’est cassé une jambe en voulant régler l’antenne télé sur le toit , ce qui est une chance, hein, parce qu’il aurait pu y rester, vous savez. Un vieux monsieur en pyjama et robe de chambre passe devant nous et s’arrête devant l’aquarium. Je suis en train de chercher ce qui a bien pu lui arriver quand je vois revenir ma mère, victorieuse, brandissant plusieurs feuilles noires de codes-barre.- Les voilà, elle dit au Comptoir en souriant de toutes ses dents. Je retourne à mon monsieur en pyjama, qui est en train de regarder l’aquarium comme s’il y avait fait tomber quelque chose. Il ne peut pas être là pour l’appendicite. Il a au moins 70 ans et ma cousine Aglaé (qui l’a eu l’année dernière) est formelle : l’appendicite, ce n’est pas pour les vieux. Au bout d’un moment, ma mère me pose la main sur l’épaule.
- Sophie ? Prête, on y va ?
Elle soulève ma valise, je la suis dans le couloir. On s’arrête tous les 10 mètres pour regarder les plans qui sont collés au mur. Malgré ça, j’ai l’impression qu’on ne prend pas tellement le chemin le plus rapide pour arriver à destination. Quand on passe devant la cantine pour la 2° fois, je ne dis rien à ma mère, je vois bien que ce n’est pas le moment. On croise plusieurs infirmières très pressées. Aux pieds, elles ont toutes des chaussures horribles, en bois ou en plastique. Soit elles ont des prix dans le magasin où se sert ma grand-mère, soit elles font partie du club des passionnées de la chaussure orthopédique.Miracle ! Nous voilà enfin devant la porte « Pédiatrie ». Ma mère pose ma valise en soupirant.
- Ah ! nous y voilà !D’un coup, je me rends compte que je ne suis finalement pas vraiment très pressée d’arriver. Je me sens encore plus bizarre que tout à l’heure. En fait, j’ai l’impression d’avoir une petite boule dans le ventre, comme un caillou qui me fait une drôle de sensation. A bien y réfléchir, ça serait plutôt un sac de cailloux tout entier.Mais comme je dois montrer à ma mère que je n’ai pas peur, je prend ma valise et lui offre un vrai sourire de publicité pour dentifrice. Je pousse la double-porte. Dans ma poitrine, mon cœur proteste en tambourinant très fort.Ici, l’ambiance est différente. D’accord, il y a toujours cette même odeur, un mélange de piscine, de dentiste et de produits pour récurer les toilettes. Mais là, c’est quand même plus gai. Il y a des dessins au mur, et cette fois, le Comptoir a l’air sympa. Elle est jeune, elle a de doux yeux gris et aux pieds, elle porte des ballerines dorées. C’est un signe. D’ailleurs, mon sac de cailloux me parait presque un peu moins lourd.
- Bonjour madame, bonjour jeune fille !
- Bonjour ! Je suis madame Valentin, et nous venons pour Sophie.
La jeune fille regarde ses fiches en fronçant les sourcils, elle doit certainement chercher mon nom. Et s’ils m’avaient oubliée ? Je rentrerais tranquillement avec maman, et …
- Bienvenue, Sophie Valentin, dit la jeune fille en pulvérisant mes espoirs . Je m’appelle Chloé, je suis l’une des infirmières du service et c’est moi qui vais m’occuper de toi. Si tu veux, avant que je ne t’emmène dans ta chambre, tu peux aller dans la salle de jeux.
Du doigt, elle me montre une grande porte vitrée, derrière nous, avant de se retourner vers ma mère en souriant :
- Pendant ce temps, je vais remplir quelques papiers avec ta maman. Madame Valentin, vous avez les étiquettes ?

Un sort renversant pour Mirabelle

"Un sort renversant pour Mirabelle" est un petit roman qui sortira en septembre 2008 aux éditions Averbode, dans la collection Tirelire (6/8 ans, il me semble)

Tu seras pirate, mon fils !

"Tu seras pirate, mon fils" est un roman qui paraitra en fin d'année 2008 aux éditions Rouge Safran.
Quand un pirate, après 16 filles, donne enfin naissance à un garçon, comment croyez-vous qu'il réagisse ?
Il tombe dans les pommes de bonheur et fait le serment (complètement pompette, mais devant une ribambelle de témoins) qu'il fera de son rejeton le plus grand pirate de tous les temps.
Sauf que....le rejeton en question, lui, n'a pas du tout, mais pas du tout envie d'être pirate. Ce qu'il veut, lui, c'est....devenir marin !


Voici le 2° chapitre : Archibald le pirate entraine son fils à devenir un grand pirate...

Pendant les dix-huit années qui suivirent, Archibald s’efforça donc d’apprendre les ficelles du métier à son rejeton. Car si son destin était de devenir le père du plus célèbre et du plus redouté des pirates du monde entier, il n’était pas question de lambiner : tous les secrets de la Grande Piraterie devaient être transmis à son petit !

Il s’agissait d’abord de lui donner l’allure d’un filou, d’un bandit des mers, d’un détrousseur de navires. Et selon Archibald, il n’était jamais trop tôt pour apprendre à devenir un vrai pirate ! Ainsi, le petit Flibuste n’était pas encore sorti de son berceau qu’Archibald lui avait déjà collé deux anneaux d’or à chacune des oreilles et un bandeau noir sur l’œil droit. Ou sur l’œil gauche. De toute façon, ça n’avait pas d’importance, c’était juste une question de style (car, bien entendu, aucun pirate n’attendait jamais d’avoir perdu un œil pour porter un bandeau).
Dès le plus jeune âge, Archibald l’entraîna à rire comme un corsaire, très fort et la bouche grande ouverte.
- Flibuste, nom d’un pirate de carnaval, ouvre plus grand la bouche, on ne voit pas toutes tes dents !
Il lui apprit aussi à marcher avec une jambe de bois (selon Archibald, c’était très chic, pour un pirate, et il espérait secrètement que son fiston en aurait une un jour, une vraie !).
Pour son 5° anniversaire, il lui offrit un perroquet, un superbe volatile turquoise, rouge et vert qui possédait déjà un sacré vocabulaire de corsaire.
Flibuste dut aussi s’exercer à dessiner et à coudre de belles têtes de mort sur les drapeaux, à hurler « à l’abordage » ou « vos cargaisons, et que ça saute ! » en n’importe quelle langue, à se balancer au bout d’une corde pour accoster avec classe et légèreté et à nager aussi rapidement qu’un espadon, même avec de grandes bottes aux pieds.
Archibald lui apprit également à naviguer avec n’importe quel bateau, sur toutes les mers et quel que soit le temps. Il lui expliqua comment éviter les courants dangereux, sentir la venue des tempêtes ou prévoir le sens du vent. Il lui apprit à utiliser la boussole, le sextant ou l’astrolabe, mais aussi à s’orienter simplement, grâce aux étoiles.
Il lui enseigna l’art et la manière de diriger un équipage : comment faire en sorte que ses hommes restent loyaux et fidèles, comment calmer les esprits en cas de famine à bord ou re-motiver les cœurs lorsque le sort se montrait trop dur avec l’équipage. Il lui prodigua mille conseils pour organiser au mieux la vie sur le navire, afin que chaque tâche soit effectuée en temps et en heure, pour qu’à tout instant du jour et de la nuit, ses hommes sachent ce qu’ils avaient à faire. C’était la seule manière de garantir que les voiles restent en bon état, que le pont soit toujours propre ou que les stocks de vivres et de munitions soient toujours suffisant.. .enfin, à peu près.
Très superstitieux, il lui révéla aussi tous ses secrets pour éloigner le mauvais sort. Flibuste apprit ainsi qu’il ne fallait jamais siffler sur un bateau (interdiction valable pour tous, sauf le cuisinier, qui, au moins, tant qu’il sifflait, ne pouvait pas s’empiffrer) ou qu’il était d’usage de jeter une pièce par dessus bord avant d’appareiller pour une nouvelle expédition.
Il lui montra comment repérer, d’un seul coup d’œil, les bateaux à attaquer et les meilleures combines pour les surprendre. Enfin, il lui répéta qu’il fallait toujours, toujours descendre dans les cales des bateaux pour vérifier s’il n’y avait pas d’esclaves à libérer. Car tout pirate qu’il était, s’il y avait une chose qui lui donnait de l’urticaire, c’était bien ces gros capitaines bedonnants qui emmenaient des esclaves vers le Nouveau Monde. Avec ceux-là, Archibald n’avait aucune pitié : il dévalisait tant et si bien le bateau que l’infortuné capitaine n’avait plus qu’à repartir d’où il venait, nu comme un ver et sans autre compagnie que les rats de son navire…ainsi que tous ceux que lui avait refilés Archibald, toujours prêt à faire plaisir en laissant un petit souvenir de son passage !

Ainsi, en dix-huit ans, Flibuste avait tant appris qu’il aurait pu devenir le plus grand pirate de tous les temps.
Le problème, c’est qu’il n’en avait pas du tout envie.

L'Opération Boite à Musique (ed.Averbode, sept 2006)


L'Opération Boite à Musique (ouh là là, mais qu'est ce-qu'il me déplait, ce titre!) est mon premier roman, publié en sptembre 2006 aux éditions Averbode, en Belgique, dans la collection Récits-Express (10/13 ans). Il est actuellement épuisé mais sera réedité à l'automne aux Editions Magnard. Je suis en train de chercher (désépérément) un nouveau titre...

Sidonie Quenouille (ed. du Rouergue, avril 2007)


"Sidonie Quenouille" est mon deuxième roman, publié en 2007 aux éditions du Rouergue. Selon moi, il s'adresse à des enfants à partir de 8 ans .Il met en scène une institutrice un peu ...inhabituelle. Si j'avais eu plus de "place", j'aurais encore plus aimé développer sa personnalité, son côté citoyen, écolo, rigolo, créatif, libre d'esprit, convaincu...J'aurais aimé en croiser, des institutrices un peu follasses, quand j'étais gamine...
Les illustrations ont été réalisées par Aurore Petit et personnellement, je trouve qu'elle a vraiment réussi à traduire en image l'état d'esprit général, le ton que je voulais donner à l'histoire. Vous trouverez son blog ici http://petitaurore.info/



Sélections , prix littéraires pour Sidonie Quenouille
Prix des Embouquineurs 2008
Prix du Journal des Instituteurs 2008 (Sidonie est arrivée 2°)
Prix Goya 2007 (remis à "Mona Lisa et moi")
Livre Elu 2007/2008
Prix de la Médiathèque d'Aubervilliers
Prix littéraire de l'Esterel
Prix de la bibliothèque de Dizy le Gros (gagné !)



Alors, Sidonie Quenouille, quoi qu'est-ce ?
Voici le premier chapitre :

J’adore l’école ! Enfin, c’est assez nouveau. Pour être plus précis, cela fait 287 jours exactement (j’ai compté). Depuis ma rentrée en CM1. C’est mes parents qui sont drôlement contents : maman n’est plus obligée de me tirer par les pieds pour me sortir du lit. Papa ne klaxonne plus dix fois pour que je me décide à monter dans la voiture… car j’y suis le premier ! Ca paraît incroyable, mais j’arrive même à m’y installer avant ma petite sœur Pomme. Pomme, c’est Mademoiselle je-sais-tout, je fais–tout-bien. Le genre « zéro tâche sur les habits, zéro mauvaise note à l’école, zéro bazar sous le lit ». En tout cas, c’est bien simple : moi, je ne veux pas qu’on sache que j’ai quelque chose à voir avec cette folle dangereuse. Alors à la récré, je fais bien attention à ne pas trop m’approcher d’elle. Moi, c’est Adrien. Et depuis peu, j’ai un problème : il est marqué sur mon calendrier et il arrive aujourd’hui. Vous allez sûrement trouver ça bizarre, mais en fait, ce qui m’ennuie, c’est que ce soir… les grandes vacances commencent. En fait, je suis le premier surpris : d’habitude, les grandes vacances, j’y pense dès le mois de janvier. Seulement, cette fois, tout est différent. Et c’est grâce à Sidonie.
Sidonie, c’est la maîtresse qu’on a eue cette année. C’est une nouvelle, elle est arrivée en septembre, pour remplacer le vieux Monsieur Aigrefeuille qui est parti à la retraite . Je me rappelle que le jour de la rentrée, quand on l’a vue arriver, on l’a trouvée drôlement fagotée, la nouvelle. Elle avait une espèce de collant vert sous un short rouge, un t-shirt un peu bleu avec «j’aime les baleines» écrit dessus, et plein de cheveux blonds tout ébouriffés de boucles pas du tout peignées. Elle est arrivée en retard, tout essoufflée, chargée de deux gros cartables bourrés à craquer, avec à l’intérieur, plein de feuilles et de livres pas vraiment rangés.
- Mais quelle histoire ! Figurez-vous que l’âne de mon voisin s’est échappé de son pré ! Il était planté au milieu de la route ! On a poussé, on a tiré… Quelle affaire, pour le faire avancer !
Comme on devait faire de drôles de têtes, elle a ajouté en redressant ses grosses lunettes :
- Ah oui ! Hum.…J’oubliais, je suis votre nouvelle institutrice, Sidonouille Quenie, euh…Sidonie Quenouille. Ravie de passer l’année avec vous !
Avec les copains, on s’est dit que l’année commençait bien ! Et on ne croyait pas si bien dire …




Quelques commentaires glanés à droite à gauche sur le net :


Adrien est désolé : ce sont les vacances d’été. Elève moyen, il a adoré son année de CM1, avec une maîtresse si originale, si captivante. Les méthodes éducatives de Sidonie Quenouille ne sont pas orthodoxes, et si elles plaisent aux enfants, elles séduisent moins la directrice et l’inspecteur…Œuvre de deux jeunes femmes, Sidonie Quenouille n’échappe pas à un certain univers proche à la fois du « fashion » et du « bobo » parisien : l’héroïne éponyme, qui évolue à travers les yeux du narrateur Adrien, est habillée de manière originale et jeune, utilise des bourses en tissu africain, conduit une petite voiture toute cabossée et privilégie un retour à la nature, l’instinct. Bon. Ceci passé, elle incarne un professeur des écoles dynamique, innovant, qui donne sans hésiter un bon coup de pied dans ce qui apparaît comme le mammouth Education nationale (voir la directrice au chignon désuet et l’inspecteur particulièrement laid). Les enfants plébiscitent son enseignement basé davantage sur des savoir-être et savoir-faire que sur un savoir tout court. Le message, qui peut toujours être discuté, est destiné aux adultes. Reste aux enfants un roman intelligent qui leur dévoile les dessous du monde professoral : une maîtresse aussi, ça rend des comptes. Le texte et l’illustration sont intimement liés, parfaitement dans le ton de la collection qui conjugue toujours un aspect personnel – le ressenti d’Adrien - à une intention citoyenne, éducative.
Sophie Pilaire
http://www.ricochet-jeunes.org



Pauvres gosses, ils vont remettre des blouses, vont être envoyés chez le curé et vont devoir rire aux blagues du président qui fait des grimaces quand il va les visiter. Quelle horreur ! Dire que c'est grâce à la réussite de l'entreprise de son ami de tf1 que les parents et les enfants se sont encrassés dans la bêtise, et que l'économie contre laquelle il ne peut rien à amener des profs qui ne pensent qu'à eux et à rien... Et il faut encore qu'il la ramène pour continuer à faire de la politique et jouer les donneurs de leçons mais quelle horreur ce type ! J'ai lu récemment un petit roman qui n'est pas un grand chef-d'oeuvre, mais qui montre une chose simple et plutôt sympathique à laquelle j'adhère à 100 %, c'est les bons profs qui nous font aimer l'école et remettre la marseillaise au programme je crois n'y changera rien, même si je n'ai rien contre ce chant qui fait bien rire mon garçon par son sérieux quand il doit l'interpréter depuis peu. Ce petit livre fait donc le portrait d'une maîtresse pas comme les autres Sidonie Quenouille ou Sidonouille Quenie comme vous voulez. Pleine d'idées originales, et oui sans doute une 68tarde attardée même si elle n'a jamais connu l'époque, qui met en scène les "COD" et possède un distributeur automatique de place... Une prof qui donne envie ni plus ni moins, qui sensibilise les élèves à la nature et au reste. La venue d'un inspecteur et un vrai faux débat sur L'Europe, vont créer la pagaille et la panique mais "Sidonie Quenouille", elle va nous manquer et avec elle l'école, c'était l'école et autre chose, plus un problème ne posait vraiment problème... Aux editions du Rouergue pour les 8/10 ans avec des dessins de Aurore Petit qui n'a pas son pareil pour dessiner les inspecteurs, et la crainte qu'ils inspirent le plus souvent...


site http://journaldunlibraire.hautetfort.com/



Sidonie Quenouille est la nouvelle maîtresse de CM1 où est élève Adrien. D'ordinaire, c'est un garçon qui n'aime pas l'école et qui soupire dès janvier après les grandes vacances. Or, cette année, tout a changé : il est le premier levé, il court pour aller en classe ... bref il adore l'école ! C'est grâce à sa nouvelle institutrice, une Sidonie Quenouille fort originale, affublée de vêtements extravagants (des collants verts, un short rouge et un tshirt bleu "j'aime les baleines" le jour de la rentrée) et aux techniques d'apprentissage qui bousculent les idées établies. Les enfants en redemandent, par contre certains parents ripostent, l'inspecteur grogne...
Vraiment un texte attachant et drôle, où le personnage de la maîtresse loufoque est accompagné d'illustrations aussi cocasses ... un bel ensemble, une lecture revigorante et qui donne une vision tout à fait sympathique de l'école pour les enfants qui rechignent !
site : http://blogclarabel.canalblog.com/archives/2007/05/23/index.html



Certains titres résonnent agréablement à nos oreilles et sont annonciateurs de bons moments. Sidonie Quenouille fait partie de ceux-là. Ce roman d’Annelise Heurtier, certes un peu utopiste, ne mettra pas tous les adultes d’accord car il dresse le portrait d’une enseignante hors du commun aux méthodes peu conventionnelles. On peut trouver le personnage caricatural mais il relève de la fantaisie et de l’humour par ailleurs très présents dans le texte et habilement soulignés par les illustrations d’Aurore Petit.
Rêver ne fait pas de mal, alors plongez-vous dans ce roman drôle et pétillant et vivez une année scolaire détonnante en compagnie d’Adrien.
Caroline Hayot, Librairie Larcelet