J'ai quitté la Polynésie (quelle idée) au printemps 2016 et suis donc désormais disponible pour des rencontres scolaires. A bientôt !



lundi 7 décembre 2015

On n'a rien vu venir

En ce lundi post-élections, je me permets de reparler de "On n'a rien vu venir", un roman à 7 voix que nous avions écrit en 2012, avec mes comparses Anne-Gaelle Balpe, Clémentine Beauvais, Sandrine Beau, Agnès Laroche, Fanny Robin et Séverine Vidal. Aujourd'hui, il est plus que jamais d'actualité, malheureusement. 

Une dystopie à lire à partir de 10 ans.






"Des manifestations de liesse populaire ont lieu dans tout le pays : le Parti de la liberté a gagné les élections… Mais, très vite, le nouveau pouvoir exclut tous ceux qui s’éloignent un tant soit peu de la norme, les “mal-habillés”, les “trop-foncés”, les “pas-assez-valides”… et instaure des règles de plus en plus contraignantes : une heure de lever obligatoire pour tous, des jours de congés fixes, des choses qu’on ne peut pas dire, faire, manger ou porter… La liste des nouvelles lois et prohibitions  s’allonge, les contrevenants sont traqués et des caméras de surveillance sont installées dans certains domiciles. Comment en est-on arrivé là ?"


Un roman qui se veut un appel à la conscience civique des plus jeunes et que Stéphane Hessel résume ainsi: «N’attendez pas de devenir des adultes! Aujourd’hui, déjà, vous avez le pouvoir de dire non à ce qui ne vous semble pas juste, de vous indigner face à ce qui vous révolte, de faire preuve d’esprit critique vis-à-vis de ce que vous lisez, de ce que l’on vous donne à regarder à la télévision. … Il n’est jamais trop tôt pour s’engager»."

Librairie Comptines à Bordeaux

samedi 28 novembre 2015

Décembre

Le mois de décembre me laisse souvent un goût doux-amer sur le bout de la langue. J'aime flâner devant les vitrines décorées, voir les enfants bricoler des guirlandes en papier et des faux cadeaux colorés, j'aime cuisiner des douceurs aux senteurs de cannelle et de cardamome  - avec de la purée de patate douce en guise de farine, c'est exquis ! -  j'aime choisir des cadeaux pour ceux qui comptent pour moi et faire brûler des écorces d'orange dans la cheminée (à Tahiti, je me contente d'imaginer)...

Et en même temps, Noël et le jour de l'an, c'est aussi ....un matraquage commercial obscène, des paquets bien trop nombreux pour des enfants dont on déplore l’exigence (qu'on s'applique pourtant fort bien à leur instiller), l'aiguillon qui se darde au souvenir de ceux que l'on a perdus, la honte lorsque l'on se surprend à chasser de son esprit l'idée que certains, au moment même où l'on pose le douzième plat sur la table rouge et dorée, n'ont pas les moyens d'acheter quoi que ce soit de différent, que certains sont en deuil, malades, malheureux. 


Bref. Comme tout le monde, j'ai envie de voir les yeux de mes enfants briller, mais je pense que c'est à nous, parents, de les aider à comprendre que le plaisir de la possession matérielle est très fugace, et que parfois, il s'éteint même lorsque la carte est retirée du TPE. De les aider à comprendre que l'accumulation et la quête de la propriété ne font pas le bonheur, contrairement à ce que les marchands nous serinent à longueur d'images sur papier glacé. 




http://bebe.doctissimo.fr/blog/21624-Le-sapin-les-cadeaux-le-scandale-.html?xtor=CS1-9







Gros coup de cœur pour cette fable philosophique inspirée d’une nouvelle de Tolstoï. Annelise Heurtier délivre un texte impeccable, au vocabulaire choisi, qui nous plonge illico dans la culture slave tout en dénonçant les affres du consumérisme à outrance.
Les sérigraphies lumineuses apportent un contrepoint très graphique et très contemporain à ce récit littéraire. Ce trait épuré et stylisé, ces grands aplats de couleurs sont l’œuvre du jeune et talentueux Raphaël Urwiller dont le travail mérite vraiment le détour.
[...]




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Les thèmes de l’envie de possession matérielle et de la (prétendue) nécessité d’accumulation font largement écho aux travers de nos sociétés occidentales, replètes et, parfois, déboussolées. La quête de la propriété, les injonctions à l’accumulation de biens : Pacôme les vit, déjà, au tournant du 20° siècle. Il ne fait pas figure de sage, s’essoufflant littéralement à rechercher l’extension de ses propriétés.




L'intégralité de la revue de presse est à retrouver ici :
http://histoiresdelison.blogspot.com/p/combien-de-terre-faut-il-un-homme-la.html






mardi 17 novembre 2015

Salon du livre de Tahiti

Aujourd'hui, j'étais l'invitée de l'émission de Fare Maohi, sur Polynésie Première, en compagnie de Fréderic Pillot et Gérard Moncomble, heureux invités métropolitains du Salon du Livre de Tahiti.
Si vous voulez voir comme je parle bien tahitien (euh non spa vrai), c'est en replay sur le site France TV Pluzz (autour de la 26° minute). Vous pourrez même assister à une chute en direct, ou plutôt l'entendre...ne vous réjouissez pas trop, ce n'est pas moi ... J'espère d'ailleurs que le monsieur en question ne s'est pas fait trop mal ! 

http://pluzz.francetv.fr/videos/fare_maohi.html




Si vous n'avez pas encore fait dédicacer votre "Danse, Hinatea !" que vous vous êtes bien entendu déjà procuré, je serai en dédicace au salon du livre de Papeete qui aura lieu sur le paepae de l'OTAC de jeudi à dimanche.
Et si vous n'avez pas envie de voir ma bobine, il y aura toujours celles des invités prestigieux de cette 15° édition, ainsi que du Light Painting et des sieste acoustiques. Tout un programme ! 
http://www.lireenpolynesie.pf/


© LIGHT CLUB Oeuvre 1 Light club















(tahiti-infos.pf)

mardi 10 novembre 2015

Un peu de soleil et de percussions dans la grisaille de novembre !

Voilà ! Depuis quelques jours, "Danse, Hinatea !", mon dernier-né est en librairies ! 

Voici la présentation de l'éditeur, la très belle maison Au vent des îles (chez eux, lisez - entre autres-  la trilogie de Célestine Hitiura Vaite  : L'arbre à pain, Frangipanier et Tiare, une réussite absolue, traduite en plus de 10 langues et qui vous plongera directement dans la vie quotidienne polynésienne, avec drôlerie et sensibilité...Un de mes meilleurs souvenirs de lecture !)

« Danse, Hinatea ! » est une tranche de vie polynésienne, celle d’une petite fille qui se prépare à ses premiers examens de danse tahitienne. Inquiète à l’idée d’affronter cette épreuve, Hinatea décide de recourir à l’aide de son arrière- grand-mère, ancienne danseuse de talent. Grâce à la malice et à la sagesse de cette dernière, Hinatea apprendra que la réussite ne se nourrit pas de magie ou de hasard, mais bien de travail et de confiance en soi.
Superbement mis en image par les aquarelles d’Elice, « Danse, Hinatea !» est un clin d’œil à tous ceux et celles, qui, un jour, ont eu à se transcender pour donner le meilleur de soi. C’est aussi une manière de mettre en lumière la danse traditionnelle ou Ori Tahiti, miroir de l’identité culturelle polynésienne, dont elle est l’un des principaux vecteurs.


Les illustrations sont d'Elice, avec qui j'avais déjà travaillé pour Bertille au chocolat (Alice Editions). Elle n'est jamais venue en Polynésie et s'est donc énormément documentée pour pouvoir rendre toute la beauté et la chaleur de nos îles...Nous lui avons même envoyé des photos des musiciens et des locaux du Conservatoire pour que l'ensemble soit le plus réaliste possible ... Un petit clin d'oeil à la super équipe de professeurs et de musiciens !
Elice, j'espère qu'un jour tu viendras voir tout cela en vrai ! Et peut-être même que tu apprendras à réaliser le fameux déhanché polynésien ^^













Les habitués du Conservatoire artistique de Polynésie française reconnaîtront Roger et son orchestre traditionnel :-) 



dimanche 11 octobre 2015

Au lycée hôtelier !

La semaine dernière, j'étais l'invitée du Lycée hôtelier de Tahiti, qui étudient Sweet Sixteen (Casterman), quand ils n'apprennent pas à cuisiner de délicieux gâteaux.  

Accueillie avec de très beaux colliers de fleurs, j'ai passé 2 heures très sympathiques en compagnie d'élèves très attentifs et intéressés ! Un bonheur ! Merci à Mehau d'avoir organisé ma venue, aux professeurs ayant impliqué leurs classes et aux élèves ! 












vendredi 2 octobre 2015

Coruscant

Voici certainement l'analyse la plus ébouriffante qui soit parue sur Refuges.
On la doit à la non moins ébouriffante Clémentine Beauvais, l'auteur du décapant roman "Les Petites Reines", paru chez Sarbacane, qui fera d'ailleurs l'objet d'une adaptation cinématographique. 

Clémentine, du haut de ses 25 ans, est également Docteur en éducation (littérature de jeunesse/philosophie de l'enfance) et chercheuse à l'université de Cambridge. Donc quand elle écrit un truc, vous êtes un peu obligés d'être d'accord avec elle. 

Voici un extrait de sa chronique, je vous invite à aller lire le reste (et tous ses autres billets, à la fois intelligents et drôlissimes, en plus vous apprendrez des mots que vous pourrez même réutiliser sur votre blog pour faire des titres de mystérieux)  http://clementinebleue.blogspot.co.uk/2015/10/refuges-dannelise-heurtier.html


[...]

J'ai dit que j'avais aimé les précédents livres d'Annelise, mais celui-ci est exceptionnel; non seulement dans son corpus à elle, mais plus généralement en littérature adolescente contemporaine. Ce roman, qui aurait pu être d'un consternant sentimentalisme, est absolument coruscant. A rebours des trois A de la grande majorité de la littérature ado (Action, Amour, Angoisse), il ne s'y passe presque rien. Bien sûr, les ados érythréens traversent la mer; quelques pages vers la fin sont pleines d'orages, de vagues et de terreur. Mais Annelise résiste fermement au sensationnalisme, et c'est le voyage intérieur de ces adolescents qui s'arrachent à leur pays et à leur famille que l'on suit beaucoup plus intensément. Quant à Mila, son action se résume à faire du vélo ou de la Vespa autour de l'île, et c'est au travers de ces errements circulaires que va évoluer son histoire et sa perception du monde. [...]



Un grand merci, Clémentine. 

vendredi 18 septembre 2015

Merci Anaïs !

Je reçois assez régulièrement de gentils mails de lecteurs dans ma boite aux lettres ...
S'ils me font tous un immense plaisir, certains me touchent plus que d'autres ! Alors je publie aujourd'hui le message d’Anaïs (avec son accord), qui est en terminale dans un lycée de la Somme. Elle a lu "Là où naissent les nuages" et a visiblement apprécié ! 


Encore une fois, merci Anaïs pour ta sincérité et tes gentils mots. 




Madame Heurtier,
Si je me suis décidée à vous envoyer ce mail aujourd'hui, c'est parce que j'ai terminer votre livre il y a quoi... trois heures, et que je l'ai dévoré en deux jours -dont une partie alors que j'étais en cours,mais ça, ça restera notre secret ! - et je dois avouer que ce livre m'a bouleversé, a bouleversé une partie de mes convictions et d'une certaine façon ma vision du monde. Quand j'ai refermé le livre, je n'avais plus de mots. Je ressentais quelque chose d'ineffablement fort que j'ai eu envie d'essayer de l'expliquer quand même au travers des mots.
Mais je voulais tout d'abord vous demander si vous aviez, vous même participé à une mission humanitaire en Mongolie, ou même dans un autre pays ? Parce que les détails que vous retranscrivez, ceux de la vie d'Amélia là-bas ou encore ceux des paysages sont à la fois saisissant et dépaysant. J'ai aussi été touchée par la maturité d'Amélia, que ce soit vis à vis de la prise de conscience que ce voyage lui octroie ou même de la décision qu'elle a prise lorsqu'elle avait des doutes concernant son père. 
Enfin il m'a aussi secouée parce qu'à mon tours j'ai eu un peu honte. Honte d'être la petite Occidentale qui se plaint tout le temps pour des problèmes qui ne sont finalement que des désagréments fluets. 
Voilà, ce n'est pas un mail enflammé comme vous le dites si bien sur votre blog mais j'ai eu envie de vous faire part de mes impressions, à chaud. Comme je vous l'ai dit donc, j'ai beaucoup aimé ce livre dans sa globalité, au départ parce que je pouvais facilement me glisser dans la peau d'Amélia, puis parce que l'histoire m'a touchée tout simplement. 
Je pense que c'est tout ce que je peux vous dire pour le moment.
Cordialement,

lundi 20 juillet 2015

Teasing (encore, oui)

En ce moment, je ne suis pas très inspirée niveau clavier (en même temps, avec les enfants en vacances, ce n'est pas plus mal) alors je me contente, quand lesdits marmots sont occupés à leurs stages et autres activités estivales, de mettre la main aux dernières corrections d'un roman écrit en décembre dernier. Il devrait paraître au printemps prochain, comme d'habitude pour mes romans "ados" ! 

Je vous mets quelques extraits ici. Je ne sais jamais quoi choisir alors j'ai un peu pioché au hasard. J'espère que cela vous donnera envie ! 
Alors, à votre avis, de quoi est-ce que ça parle ? Des idées ? ;-) 



[...]
J’ai commencé à mettre mes chaussures à pointes avec une grâce qu’un bélier ne m’aurait pas enviée (chez moi, l’été a été plus taquin : il a concentré ses pouvoirs sur la grandeur de mes pieds, plutôt que sur celle de ma beauté). J’ai demandé :
- Mais qu’est ce qu’elle a de si spécial, cette fille ? J’ai vu de ces blogs… Je suis sûre qu’il y a des folles qui fouillent ses poubelles pour savoir ce qu’elle mange.
- Ou ce qu’elle ne mange pas, a corrigé Kentia, le doigt levé. 
Imane a haussé les épaules, vaguement condescendante, comme pour montrer qu’elle n’était en rien concernée par cet engouement de masse. Juliette a mis ses mains sur ses hanches et a hoché la tête, admirative :
- Etre une it-girl, ça ne s’explique pas. C’est comme ça. Elle a un truc en plus. Du chien.
Kentia s’est mise à aboyer et nous, à glousser comme des idiotes. Kentia a ajouté :
- Vous saviez que c’est elle qui a lancé la mode du Thigh gap ?
- Le quoi ? ai-je demandé en terminant de nouer mes lacets.
Encore quelque chose dont je n’avais jamais entendu parler. Si je commençais à me sentir comme une extra-terrestre au milieu de mes coéquipières, la situation était peut-être plus grave que je l’imaginais. Il faudrait probablement que me résigne à demander à Louison une séance de people rééducation.
- Le Thigh gap, l’écart entre tes cuisses ! a soupiré Imane, comme si c’était l’évidence même. Regarde.
Elle s’est postée devant moi et a collé ses pieds l’un contre l’autre :
- Si tu vois passer la lumière, comme moi, t’es une bombasse. Par contre, si tes cuisses se touchent… t’as plus qu’à mettre des jupes longues pour le restant de ta life.
Elle a commenté, ajoutant un bonne dose de mépris dans sa voix :
- Il y a vraiment des filles à qui l’on pourrait faire faire n’importe quoi.
N’importe quoi ou pas, Juliette a tout de même voulu imiter Imane, et constatant que ses cuisses étaient marquées par le sceau de l’infamie, a haussé les épaules, vexée : 
- En tous cas, au 100 mètres, je ne lui donne pas deux secondes avant d’écrouler ses genoux cagneux sur la piste, à la Cara. 
Ensuite, je ne me rappelle plus ce que l’on a dit parce que Jim est sorti des vestiaires, et quand Jim apparait, tout le reste disparait. Plus de starting blocks, plus de coups de sifflets exaspérés de Seb, plus de sueur qui roule dans le dos, plus de douleur dans les mollets, plus de lumière ou de perfides cellules surnuméraires entre les cuisses.
Plus que Jim et mon cœur qui vacille. [...]
 


*********************


[...]

On a passé le reste de l’après-midi au centre commercial. On a pulvérisé la patience des vendeuses de douze boutiques (j’ai récolté un bon échantillon de commentaires excédés et/ou hypocrites, depuis « elle vous va à ravir », en passant par « le noir, ça affine », et même, photo à l’appui, un « regardez, c’est une imitation de celle que porte Cara Delevingne »).
C’est vrai qu’elle était sublime, cette robe là. D’un bleu de Prusse qui devenait de plus en plus soutenu à mesure que le tissu s’évasait vers le bas. Quand je l’ai vue, j’ai tout de suite su que ce serait celle-ci et aucune autre. Peut-être parce qu’elle m’a immédiatement rappelé la longue jupe vaporeuse qu’Ama aimait mettre les soirs d’été. Plus petite, je pensais qu’elle l’avait taillée dans un morceau de ciel. Hôtesse de l’air. Rien que l’expression me faisait rêver.
Soudainement, j’ai ressenti la furieuse envie d’être quelqu’un d’autre que moi. Etre belle, comme Cézanne. Avoir de la personnalité, comme Ama.  Après tout, pourquoi n’y aurais-je pas droit ? Cette injustice me faisait affreusement mal.
Je me suis glissée dans cet espoir et le tissu soyeux en fermant les yeux.
La fermeture éclair est resté bloquée au milieu de mon dos, en dépit des grognements de Louison pour la faire glisser jusqu’en haut.
- Attends, c’est pas une fermeture à la con qui va nous empêcher d’acheter cette saloper… cette merveille.
Elle a émis une sorte de râle sur le « merveille », tandis qu’elle donnait un dernier grand coup pour faire avancer le petit morceau de métal.
Enfin, elle a hurlé, triomphante :
- Yeeeessss !
J’ai ouvert les yeux et ai pris le coup de poing de mon reflet en pleine figure.
Derrière moi, les mains posées sur mes épaules, Louison souriait à s’en fendre la mâchoire, les joues rougies à cause des efforts déployés pour faire rentrer mon large dos dans le fourreau de soie. Mon image ne pouvait pas être plus éloignée de ce que j’avais espéré.
Je me suis sentie affreusement boudinée, saucissonnée dans cette robe merveilleuse que je parvenais pourtant à rendre ridicule. Comment avais-je pu une seconde imaginer que je pouvais approcher la beauté naturelle de Cézanne, l’éclat singulier d’une Ama ? À nos pieds, nos sacs, nos vestes et nos foulards gisaient comme les victimes d’une bataille. La scène était grotesque à pleurer.
Avec un sens du timing remarquable, la voix onctueuse de la vendeuse a traversé le rideau de velours ras:
- Alooors, qu’est ce que ça donne ?
Les larmes ont commencé à couler sur mes joues. Louison a balancé une réponse à l’attention de la vendeuse et m’a serrée dans ses bras en chuchotant :
- Oh, Mathilde, arrête… c’est pas grave, on va t’en trouver une autre.  [...]


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Ne me demandez pas pourquoi la mise en page a changé, il y a des mystères qui restent impénétrables...


[...]

Avec une lenteur infernale, je sors la barre chocolatée.
Je réalise avec stupeur que je ne salive même pas. J’en suis aussi étonnée qu’inquiète. Je ne suis pas sûre que ce soit tout à fait normal, en fait. Comme si j’étais au-delà de ce que je voulais être. Mais peut-être que ma perception est simplement altérée parce que je suis fatiguée.
- Bon, tu manges, oui ? On t’attend, je te signale.
Je brise un petit morceau et le porte à ma bouche, tête baissée.
Explosion de sucre dans le corps. Les yeux m’en piquent. Je le sens presque se propager dans mon sang, investir chacun de mes globules. J’avais oublié à quel point c’était si bon. Et si mal. Je m’étais promis de ne plus jamais manger ce genre de bombe énergétique. Je ravale mes larmes, me forçant à mastiquer cette bouillie aussi obscène que délicieuse.
Seb se détend, l’air de quelqu’un dont on a satisfait le caprice. Il ne se rend pas compte de ce qu’il vient de m’obliger à faire. 




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jeudi 11 juin 2015

Moissonnons, moissonnons (c'est le début d'une comptine de ma fille)

La moisson continue pour Sweet Sixteen ! 




Oui il est bizarre mon blé mais c'est normal parce que c'est du quinoa
(le gluten ne passera plus par mon estomac !)




Ces dernières semaines, ce sont 5 nouveaux prix 100% pas trafiqués (pas comme le blé, oui, aujourd'hui je suis d'humeur prosélyte) que le roman a remportés ! 

Il s'agit du :
- Prix Lire@Sénart 2015
- Prix Aficionados 2015

- Prix des collégiens de Haute-Savoie 2014/2015
- Prix Tatoulu 2015
- Prix Tapage 2015


Il est temps de mettre à jour mes tablettes !
Si je ne me trompe pas (mon organisation laisse parfois à désirer malgré les tentatives de mon amoureux de me créer des tas de fichiers Excel censés être tous plus pratiques les uns que les autres), voici donc les 11 prix décernés à Sweet Sixteen depuis sa parution en 2013. 


C'est pas un peu super, ça ? Et hop, tournée de fondant gingembre-chocolat sans gluten pour tout le monde ! ;-) 


Prix NRP 2013/2014
Prix de la librairie Honoré 2013
Prix de la ville de Loudéac et de la Cidéral 2013/2014
Prix Ado'lire (Vaux-en-Velin) 2014
Prix Livrentête 2014
Prix du festival de Cherbourg Octeville 2013/2014
Prix littéraire Ravinala du livre voyageur (collège F.Dolto de Madagascar)
Prix Aficion'ados 2015 (Mont de Marsan)

Prix des collégiens de Haute-Savoie 2014/2015
Prix Tapage 2015 
Prix Tatoulu 2015 

lundi 1 juin 2015

Les chroniques continuent de fleurir autour de "Refuges" et je ne peux que m'en réjouir. Pas tant pour ma gloriole personnelle (le besoin est inversement proportionnel à l'apparition des rides, et puis, sur ce sujet, ce serait bien malvenu), mais parce que malgré la réticence que l'on peut avoir à se plonger délibérément dans ce genre de thématique, cela me semble tout de même essentiel. 
Certes, on est renvoyé à notre propre impuissance, à notre culpabilité, à notre malaise peut-être... Nous, qui avons eue la chance inouïe de ne pas naître du mauvais côté. Nous qui n'imaginons pas à quel point la vie peut être différente à quelques milliers de kilomètres seulement. Mais refuser de voir des faits ne les feront pas disparaître ! 
Et sinon en commençant par s'informer, comment espérer un jour voir les choses changer ? 







Pour son numéro du mois de juin, le magazine Causette met donc  "Refuges" à l'honneur : 




Causette, juin 2015



La radio Boomerang FM le met également à l'honneur dans son émission "Au comptoir de Marianne". C'est à écouter ici : 

http://www.boomerangfm.com/site/emissions/view/60





Le collectif de blogs littéraires Les loupiotes en parle dans son hors-série n°13 (avec une interview + des chroniques sur certains autres romans que j'ai écrits), à télécharger ici 
https://entrelespages.wordpress.com/2015/06/01/les-loupiotes-n13/






Et pour tous les autres articles presse/ web parus sur ce roman, c'est ici : 
http://histoiresdelison.blogspot.com/p/refuges.html

samedi 2 mai 2015

Une fin de semaine aux accents internationaux !


Tout d'abord, j'ai la joie de constater que "Combien de terre faut-il à un homme ?" (éditions Thierry Magnier) s'exporte au delà de nos frontières. La belle maison italienne Orecchio Acerbo vient de l'ajouter à son catalogue, avec une traduction de Paolo Cesari. 
Bien entendu, ils ont conservé les sublimes illustrations de Raphael Urwiller sans qui l'album ne serait pas ce qu'il est. 


http://www.orecchioacerbo.com/editore/index.php?option=com_oa&vista=np&tipo=n&Itemid=63





"Les thèmes de l’envie de possession matérielle et de la (prétendue) nécessité d’accumulation font largement écho aux travers de nos sociétés occidentales, replètes et, parfois, déboussolées. La quête de la propriété, les injonctions à l’accumulation de biens : Pacôme les vit, déjà, au tournant du 20° siècle. Il ne fait pas figure de sage, s’essoufflant littéralement à rechercher l’extension de ses propriétés."
Chez Liseron








Ensuite, j'ai appris que la maison d'édition coréenne a racheté les droits de Là où naissent les nuages (ils avaient déjà traduit et publié Le carnet rouge et Sweet Sixteen. ) Sortie prévue l'année prochaine, avec une nouvelle couverture que je suis curieuse de découvrir! 


















Enfin, très bonne nouvelle, Casterman sort "Là où naissent les nuages" en version poche. Vous n'aurez plus aucune excuse pour ne pas l'avoir dans votre bibliothèque personnelle !
(Si si si, l'info rentre dans ma rubrique internationale. Après tout, c'est une maison belge ! Alors.) 





Bon week-end et bonnes lectures à tous ! 






mercredi 29 avril 2015

Prix RTS littérature ados : merci !




J'ai le grand honneur d'avoir remporté le prestigieux Prix RTS Littérature Ados de la chaîne de télévision Suisse du même nom, pour mon roman "Là où naissent les nuages" (Casterman). Pour cette récompense dotée de 5000 euros, sept ouvrages étaient en lice, et vous pouvez retrouver toute la sélection ici :



Il a été proclamé ce mercredi 29 avril 2015, en direct du Salon du livre et de la presse de jeunesse de Genève. Une émission télé sera consacrée à cette remise de prix samedi 2 et dimanche 3 mai à 9H45 (RTS 2).

Pour l'occasion, j'avais préparé une vidéo de remerciements et une série d'autres vidéos en réponse aux questions qui m'avaient été posées par les élèves. Je suis bien désolée de ne pas avoir pu être là en "vrai" ! En tous cas, le coeur y était ! 

Mille mercis pour cette belle récompense. 




video

mardi 14 avril 2015

Aujourd'hui dans votre librairie préférée

Voilà ! Aujourd'hui 15 avril sort en librairies Refuges, mon dernier roman "ados et +", publié aux éditions Casterman. 





Il revient sur le destin peu médiatisé des Érythréens qui fuient la dictature de leur pays et qui tentent de venir vivre en Europe, via Lampedusa : une entreprise désespérée et cauchemardesque à travers le Soudan, la Libye, entre tortures, rafles des bédouins qui les tuent pour revendre leurs organes, enfermement...

Si le sujet vous intéresse, Causette a publié un long dossier dans l'un des ses derniers numéros. 



Causette Février 2015 (merci Astrid !)



J'ai travaillé pendant de nombreux mois avant de commencer à écrire ce texte, en me documentant via des reportages de journalistes, des rapports d'ONG du monde entier ou d'autres associations visant à aider les migrants. 
Peut-être que ce roman permettra de considérer d'un œil différent ces milliers de clandestins qui frappent aux portes de l'Europe. Derrière l'anonymat, la catégorisation effectuée par les médias se cachent autant d'histoires individuelles, jeunesses fracassées, espoirs immenses.


Voici la présentation de l'éditeur : 


Eté 2006. À l’occasion des grandes vacances, Milla, jeune italienne de 17 ans, revient avec ses parents sur l’île de Lampedusa, dans la grande maison familiale un peu défraîchie où elle n’est plus revenue depuis ses dix ans. L’ambiance est pesante, hantée par le souvenir obsédant du petit frère de Milla, Manuele, emporté par la maladie alors qu’il n’avait que quelques mois. Pourtant Milla parvient peu à peu à retrouver de l’allant, grâce aux décors enchanteurs de l’île et à la présence réconfortante de Paola, une étudiante rayonnante un peu plus âgée qu’elle, qui l’a prise sous son aile. Lampedusa, que l’on surnomme « l’île du Salut », démontre une fois de plus les vertus bénéfiques de ses atmosphères paradisiaques. Mais du paradis à l’enfer, tout n’est peut-être qu’affaire de perspective. Car à quelques kilomètres seulement, c’est un tout autre drame qui se joue : entassés dans un zodiac misérable, fugitifs de leur propre pays après avoir risqué mille morts et enduré mille souffrances, une demi-douzaine de jeunes Erythréens dont les voix et les souvenirs ponctuent l’histoire de Milla jouent leur existence sur une mer déchainée… Une fois encore très inspirée, Annelise Heurtier signe un roman puissant, qui parvient à donner du drame des immigrants clandestins une vision intime et profondément humaine.


Certains chroniqueurs ont lu Refuges en avant-première et ont délivré leur avis sur leur blog, voici ce qu'ils en disent. 



[...]
Annelise Heurtier creuse depuis quelque années un sillon à part dans la littérature jeunesse. Un chemin suivi avec bonheur par ses lecteurs, qui gardent en eux les petits graines semées de-ci de-là par une auteure qui engage. 
[...]



[...]
Un roman magnifiquement écrit, qu'on ne lâche plus, sur un sujet d'actualité, comme souvent avec Annelise Heurtier. On se laisse porter facilement par la poésie de Lampedusa, on est tenu en haleine par les voix des migrants et horrifié par leur condition. Une lecture où l'on ne s'ennuie pas une minute et où l'on finit outré par la loi votée par le gouvernement Berlusconi de l'époque. Heureusement, un livre qui porte l'espoir dans les dernières pages.
[...]





[...]
Difficile de reposer ce livre une fois commencé.
AnneLise Heurtier signe encore une fois un roman jeunesse bien singulier. Loin de toute mièvrerie, elle s'engage en poussant (à) la réflexion.
Beau, hypnotisant, fascinant et très émouvant, ce titre emporte le lecteur avec une puissance telle que l'histoire se grave profondément, durablement...

De la très belle littérature jeunesse! Dure... sublime!
 [...]





[...]
J'ai ouvert ce livre et n'ai pu le reposer, la gorge serrée. Annelise Heurtier signe un roman puissant que j'ai refermé avec une profonde émotion doublée d'une grande admiration pour la richesse stylistique et la sensibilité accordée au drame de l'immigration clandestine.
[...]





[...]

Comme à son habitude, Annelise Heurtier nous propose l'histoire d'une jeune européenne à problème et la compare à celles d'adolescents d'ailleurs. Sans porter de jugement, elle pousse le lecteur à relativiser ses petits malheurs en le confrontant aux vrais problèmes du monde. Elle ne force pas le trait, elle nous présente la vie telle qu'elle est, dans un récit subtil, émouvant et fort. Son écriture très visuelle nous permet d'imaginer avec précision tant la splendeur des paysages décrits par Mila que la misère des conditions de vie des jeunes Erythréens. Loin de pousser à la culpabilité, l'auteure suscite cependant l'émotion et la réflexion à travers un récit réaliste et juste.





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La construction et l'écriture remarquables de ce roman apportent incontestablement une profondeur et une réflexion : huit voix d'adolescents d’Érythrée se mêlent au récit. Avec leurs rêves, leur parcours, leurs désillusions, leur espoir fou de rejoindre l'Europe. Une obsession. Le lecteur est happé de l'intérieur. Et c'est terrible. On a la gorge serrée de tant d'horreurs subies.

Le tour de force de l'auteure est de ne pas pour autant minimiser le drame que traverse Mila. Au contraire. On est tous nés quelque part...On ne maîtrise pas cela. Chacun mène sa barque comme il peut. Au bout du chemin, il devrait toujours y avoir une main tendue pour aider celle ou celui qui en a besoin. Être humain, c'est d'abord cela...
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