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! BREAKING NEWS ! Je quitte la Martinique à l'été 2022. N'hésitez pas à me solliciter pour programmer des rencontres dès la rentrée, je serai enchantée de vous retrouver !
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mercredi 8 mars 2017

Le roman annuel de printemps !

Aujourd'hui 8 mars sort en librairies Envole-moi, mon dernier roman ados Casterman. 
Une belle couverture soleil, douce comme le sable de Tahiti (bien sûr) et un très beau titre emprunté à Jean-Jacques Goldman, qui a bien voulu qu'on le réutilise. 




Vous n'y trouverez pas de lagon ni de cocotiers, mais un lonesome guitariste ténébreux, une jeune parapentiste incollable en western des années 70, un vide-grenier pour les faire se rencontrer, Lou Reed et les Pixies à fond, de la danse qui résonne comme un défi et beaucoup, beaucoup d'amour (mais qui ne dégouline pas, rassurez-vous). 






J'espère qu'il vous plaira ! 


Extrait 

Je n’ai pas remarqué Joanna tout de suite.
Au départ, j’étais trop absorbé dans l’installation de mon stand : PSP, jeux vidéo, DVD et collection de Tom-Tom et Nana bien en évidence (une valeur sûre, récupérée chez la voisine), boites de playmobils savamment entassées en pyramide, biographie de Jimmy Hendrix (je l’ai en double) et vieilles tablatures de guitare disposées en éventail devant un saladier rempli de mini-snickers.
Ce n’est qu’après avoir fini de vérifier toutes mes étiquettes et pris des décisions commerciales stratégiques (du genre « 1 livre offert pour 5 achetés ») que j’ai commencé à pouvoir envisager la vie en dehors des six mètres carrés qui m’avaient été attribués. 
J’ai d’abord examiné les stands qui me côtoyaient, avec l’œil méfiant du commerçant qui jauge la concurrence. A ma droite, une femme en blouse fleurie vendait un tas impressionnant d’articles de puériculture. Le lit, la poussette, la chaise bébé et les valises sous les yeux allaient par paire, j’en déduisis que ses enfants aussi. À ma gauche, une fille de 14/15 ans, plus gothique qu’une cathédrale vouée à l’Antéchrist, surveillait ses Barbie en mâchant méchamment du chewing-gum. Je me suis demandé quelle gamine de 6 ans allait bien pouvoir s’en approcher autrement qu’en y étant poussée par un grand frère sadique ou des parents maltraitants. La gothique a brusquement tourné son air lugubre et son mâchonnement vers moi, avant de se mettre à me reluquer avec une mine sinistre et gourmande à la fois.
Par réflexe, j’ai aussitôt reporté mes yeux n’importe où ailleurs, en l’occurrence en face de moi, de l’autre côté de l’allée. 
Et là, BAM. La claque de ma vie.
Et pourtant, on peut dire que je m’y connais, en matière de jolies filles. En quinze ans, je dois dire que j’en avais embrassé un paquet. Mais aucune, ni Jenny (the bombe du collège, toutes classes confondues), Sarah, Vanessa et Malika (meilleurs souvenirs en « -a »), Margot et Louise (stage guitare de l’été dernier) ou même l’incroyable Alizée (la fille de la voisine de mes grands-parents, 2 ans de plus que moi, mon premier « vrai » flirt avec les mains et tout,  et accessoirement, copine officielle  de Luc, mon grand frère) n’avait réussi à me troubler autant. En trois millisecondes, elle avait réussi à faire disparaître toute trace de salive de ma bouche, à me vriller l’estomac comme on essore une serviette mouillée, à me faire palpiter le cœur jusque dans les globules. C’était comme si j’avais perdu la télécommande de mon corps et qu’un savant fou avait décidé de tester toutes les combinaisons de touches à la fois.
Un type haut comme un mur s’est arrêté devant mon stand, a plongé une main velue dans le saladier de snickers en marmottant des remerciements, avant de se lancer dans un examen minutieux de mes boites de playmobils.
- C’est la série de 1983, ton bateau pirate ?
Je me suis contenté de hausser les épaules, tout en me penchant sur la droite pour m’assurer que la fille était toujours de l’autre côté, que je n’avais pas rêvé, qu’elle n’était pas une mystérieuse apparition au milieu d’un bric-à-brac d’occasion, façon Madone des Vide-greniers, Icône des débarras. Elle avait une moue très singulière, légèrement boudeuse, et un air à la fois vulnérable et déterminé, qui me parut complètement irrésistible, comme celui d’un petit chat décidé à obtenir du lait.
En fait, elle ressemblait à Lana Del Rey. En mieux. Non, c’était plutôt Lana Del Rey qui lui ressemblait.
Tandis que sidéré et émerveillé, j’admirais l’évidence, le mur, lui, continuait son monologue :
- C’est la seule qui manque à ma collection, alors tu comprends, si je la trouvais…
Derrière ces mots transparents, la fille était toujours là, entre les iron men en plastique et le bouquet de chapeaux, avec ses épaules à la rondeur nacrée, ses lèvres charnues, ses mèches de chocolat qui éparpillaient la lumière tout autour.
Il y avait quelque chose en elle que j’étais incapable de décrire. J’ai pensé à cette histoire de nombre d’or dont nous avions parlé en arts plastiques, cette proportion précise que l’on évoque pour expliquer le mystère de la beauté. Voilà, c’est ça, elle avait le nombre d’or posé sur son visage. Elle a placé un casque de musique sur sa tête, geste d’une banalité extrême, qui, chez elle, confinait au sublime. Le casque s’était fait couronne de fleurs bleutées, le bric-à-brac  dorures et cathédrale, et je m’attendais à ce que deux tigres viennent indolemment se coucher à ses pieds, exactement comme dans le clip de son sosie.
- Si jamais tu connais quelqu’un qui vend le bateau pirate de 1983, appelle-moi, a déclaré le type en tendant une main  à travers les brumes baroques de mon hallucination.
D’un geste impatient, j’ai attrapé la carte de visite et l’ai fourrée dans la poche arrière de mon jean, tout en continuant à jeter des petits coups d’œil furtifs à la fille. Elle avait une façon bien à elle de vivre la musique. Sa tête restait immobile, mais je percevais très bien qu’elle était partie, transportée par les notes, les vibrations dans sa poitrine. Je me suis demandé ce qu’elle pouvait bien écouter. Peut-être un solo de Jimi Hendrix.
C’était complètement surréaliste. A 15 ans, je venais de rencontrer la femme de ma vie. 




mardi 10 novembre 2015

Un peu de soleil et de percussions dans la grisaille de novembre !

Voilà ! Depuis quelques jours, "Danse, Hinatea !", mon dernier-né est en librairies ! 

Voici la présentation de l'éditeur, la très belle maison Au vent des îles (chez eux, lisez - entre autres-  la trilogie de Célestine Hitiura Vaite  : L'arbre à pain, Frangipanier et Tiare, une réussite absolue, traduite en plus de 10 langues et qui vous plongera directement dans la vie quotidienne polynésienne, avec drôlerie et sensibilité...Un de mes meilleurs souvenirs de lecture !)

« Danse, Hinatea ! » est une tranche de vie polynésienne, celle d’une petite fille qui se prépare à ses premiers examens de danse tahitienne. Inquiète à l’idée d’affronter cette épreuve, Hinatea décide de recourir à l’aide de son arrière- grand-mère, ancienne danseuse de talent. Grâce à la malice et à la sagesse de cette dernière, Hinatea apprendra que la réussite ne se nourrit pas de magie ou de hasard, mais bien de travail et de confiance en soi.
Superbement mis en image par les aquarelles d’Elice, « Danse, Hinatea !» est un clin d’œil à tous ceux et celles, qui, un jour, ont eu à se transcender pour donner le meilleur de soi. C’est aussi une manière de mettre en lumière la danse traditionnelle ou Ori Tahiti, miroir de l’identité culturelle polynésienne, dont elle est l’un des principaux vecteurs.


Les illustrations sont d'Elice, avec qui j'avais déjà travaillé pour Bertille au chocolat (Alice Editions). Elle n'est jamais venue en Polynésie et s'est donc énormément documentée pour pouvoir rendre toute la beauté et la chaleur de nos îles...Nous lui avons même envoyé des photos des musiciens et des locaux du Conservatoire pour que l'ensemble soit le plus réaliste possible ... Un petit clin d'oeil à la super équipe de professeurs et de musiciens !
Elice, j'espère qu'un jour tu viendras voir tout cela en vrai ! Et peut-être même que tu apprendras à réaliser le fameux déhanché polynésien ^^













Les habitués du Conservatoire artistique de Polynésie française reconnaîtront Roger et son orchestre traditionnel :-)