J'ai quitté la Polynésie (quelle idée) au printemps 2016 et suis donc désormais disponible pour des rencontres scolaires. A bientôt !



lundi 30 juillet 2012

L'été est propice à la lecture

(quand on n'a pas deux enfants à occuper, des corrections à rendre et des commandes à honorer....).
En tous cas Michel Bonnet vous conseille de lire le "Carnet Rouge" et je ne peux que relayer son avis éclairé ;-)


Ici : http://www.vivre-a-chalon.com/lire_A-Chalon-aussi-l_ete-c_est-fait-pour-lire-_-Le-carnet-rouge,2303936e62a081b993506561f522af260073cb18.html

L’été c’est fait pour lire et j’ai toujours pensé que lire était une chance ! Une chance pour apprendre, pour rêver, pour se construire, pour avoir tout simplement le plaisir de se raconter une histoire dans laquelle notre marge de liberté est beaucoup plus grande que ce que l’on croit généralement. En effet, quand je lis, c’est moi qui donne le rythme de l’histoire, qui provoque son intensité, qui choisis les acteurs, leur donne des voix, des tiques, des petits aspects qui les différencient et leur donnent leurs véritables caractères. Certes, l’auteur me donne des indices, mais ma liberté est grande et c’est cette liberté du lecteur qu’il faut arriver à transmettre au jeune lecteur…


Le roman que je vous invite à découvrir aujourd’hui est un ouvrage pour adolescent – certains diraient adolescente mais je crois que ce serait une erreur – mais chaque adulte se souviendra de sa jeunesse et devrait y prendre, lui aussi du plaisir… L’héroïne est Marie, elle a 16 ans et elle vit avec sa maman dans la région de Lille. Elle est d’origine népalaise mais nous n’en savons pas beaucoup plus au départ du roman…


Bien sûr, Marie va avoir à effectuer une quête identitaire, c’est à dire qu’elle va partir à la recherche de son histoire. Elle ne pourra le faire que parce qu‘elle va trouver sur son chemin un carnet rouge… Il s’agira d’un texte écrit par sa grand-mère qu’elle croyait morte et qui va raconter sa jeunesse. Elle va ainsi offrir à sa petite fille, à travers le temps et l’espace, les clefs de son histoire alors que la maman s’était tue depuis toujours comme si elle avait honte de ses origines…


Marie ne va pas tout comprendre instantanément à la lecture du cahier car il ne s’agit pas seulement d’une histoire humaine, il s’agit de comprendre ce que cela peut entrainer pour elle, dans sa propre vie, dans ses rapports avec sa mère, avec les autres. Heureusement, Marie est accompagnée par son meilleur ami, celui à qui on peut tout avouer, celui qui comprend avant même que l’on ait eu le courage de tout dire… Il se prénomme Alex…


Maintenant que le cadre est posé, tout le cœur du roman repose sur le contenu de ce cahier. Qui était cette grand-mère ? Pourquoi sa mère ne lui a jamais dit qui elle était ? Ce qu’elle avait fait dans sa vie ? Pourquoi ne pas lui avoir dit qu’elle était elle aussi en France ? Pourquoi l’avoir privée de grand-mère ?


Je n’ai pas envie de vous révéler le contenu des mémoires de la grand-mère. Vous le découvrirez en même temps que Marie, comme moi et cela fera le charme de ce beau roman, très bien écrit et doté d’un fond humaniste bien agréable. Oui, dans une telle histoire, nous sommes bien éloignés des super-héros, quoi que, finalement, la grand-mère ait eu un petit aspect hors normes…

Dans cette histoire, vous allez aussi découvrir quelques-unes des coutumes népalaises car le Népal est un petit pays que nous ne connaissons pas bien. Certes on connaît sa capitale et ses montagnes, pour le reste…

Ce pourrait être aussi l’occasion d’une lecture de famille avec des discussions ultérieures qui permettraient aux enfants de connaître leur propre histoire. Pourquoi gardons-nous tant de secrets au fond de nos mémoires ? Pourquoi ne pas dire les choses, tout simplement ? Quand on mesure les conséquences individuelles et collectives des secrets de famille, on se dit que l’on devrait tous écrire des Carnets rouges… En attendant, prenons le temps de le lire !


  • On trouve également ici : http://boumabib.fr/2012/07/20/on-na-rien-vu-venir/ une critique de "On n'a rien vu venir", notre livre à 7 mains (avec Anne Gaelle Balpe, Sandrine Beau, Agnès Laroche, Clémentine Beauvais, Fanny Robin, Severine Vidal et moi-même)

Le Parti de la Liberté a gagné les élections. Une partie de la population est en liesse, l’autre commence à frissonner de peur. Le nouveau pouvoir proclame très vite de nouvelles lois : l’heure à laquelle se lever, quoi manger, boire, dire ou chanter. La liberté est contrôlée. 7 voix, 7 enfants d’un même village nous racontent leur quotidien bouleversé.
J’introduirais mon billet en portant votre attention sur le fait que tous les auteurs sont des femmes. Je ne sais pas si c’est voulu ou si c’est un fait du hasard mais j’aurais quand même bien aimé un peu de parité ici aussi De plus, j’ai trouvé dommage que les textes ne soient pas signés. On ne sait qui a écrit quoi. Mais bon, cela ne nuit en rien à ce très bon roman dont je vais vous parler aujourd’hui.


Chaque chapitre est écrit comme une nouvelle par un auteur différent et montre le point de vue d’un enfant. Chacun porte un regard différent sur la nouvelle situation du pays, de leur ville et de leur entourage. Mais plus qu’un amas de nouvelles regroupées, on sent le travail de groupe des auteures. On retrouve dans chaque histoire des indices menant à une autre. Les enfants se connaissent, parfois de près, parfois de loin, et portent une vision sur la vie des autres. Le livre montre de multiples réactions à la montée de l’extrémisme : la fuite, l’attente, la rébellion, le conformisme, la résistance… Chacune ayant sa propre répercution sur la vie de l’enfant et de la communauté.


Le texte est bien fait car il montre comment un parti extrémiste peut arriver au pouvoir (n’oublions pas qu’Hitler a tout d’abord été élu). En tant qu’adulte, on aimerait voir les choses un peu plus poussées, approfondies, qu’elles restent moins en surface. Pour moi, ce roman est surtout une invitation au dialogue avec les enfants afin de ne jamais laisser se reproduire les erreurs du passé. Je conseillerais ce livre à partir de 10/11 ans car il faut déjà avoir quelques notions d’histoire ou de politique…


1 commentaire:

Sardine a dit…

C'est chouette, tout ça :-)