Et donc, entre deux lettres de motivation, échographies ou expérimentations culinaires - vous avez déjà fait votre propre crème de marrons ? c'est super bon -, je viens de finir plusieurs choses :
- les corrections de mon petit roman policier (la commande reçue cet été)
- la reprise d'un petit roman 7/9 ans que j'avais écrit il y a un bail mais que j'aimais bien...Le pauvre a subi bien des mésaventures, puisqu'il devait sortir chez un éditeur sympa qui, pour cause de finances pas glorieuses -mais bon sang, achetez des livres quoi !!! - , s'est finalement dédit....Bref, le roman est tout beau-tout toiletté, j'espère donc qu'il trouvera quand même sa place dans les rayons d'une librairie ! C'est une histoire d'amitié entre un petit garçon et un vieux droguiste avec qui il a noué des relations toutes particulières, peut-être pour remplacer celles qu'il n'a plus avec son grand-père. Et devant la droguerie en question vient s'installer un Mégabricol'...C'est pas de chance, hein...
Et bien moi je dis non ! Le Mégabricol' ne passera pas par là ! Sus à la mondialisation !
Voilà un petit passage :
En tout cas, avec ses cheveux gris et sa devanture qu’on ne remarque pas, il n’a pas l’air comme ça, Armel, mais c’est un type super. Avec lui, je ne m’ennuie jamais. C’est un peu comme quand j’allais en vacances chez mon papi, avant, quand dans sa tête, il y avait encore de l’ordre et des souvenirs.
Dans la droguerie d’Armel, j’ai le droit de fouiller dans les boites et sur les étagères. Avec ce que j’y trouve, des bouts de tuyaux, des vis, des passoires, des ampoules ou des brosses à ongles, on construit des robots géants et des navettes spatiales.
Avec Armel, on invente des produits extra qui n’existent pas, comme le parapluie chauffant, le pantalon étirable ou la casserole thermomètre. On essaie de les bricoler nous-même et on écrit de belles lettres aux fabricants pour leur proposer nos idées révolutionnaires. Peut-être qu’un jour, on sera millionnaire !
En attendant, dans les rayons, on fait des courses poursuites avec les maxi-cabas ou des chasses aux trésors avec des indices planqués un peu partout. Parfois, les clients retrouvent de vieux bouts de papiers oubliés dans les boites et ça les fait sourire.
Et puis Armel, il a toujours des tas de trucs à raconter. Il a plein de souvenirs dans la tête et derrière sa caisse enregistreuse. Il y a collé des poèmes qu’il invente et des photos qui viennent de très loin et d’il y a très longtemps, quand il était jeune et qu’il n’était pas du tout droguiste en blouse bleue, mais au service militaire en Polynésie (qui est un tas de petites îles en plein milieu de l’océan pacifique, on y va en avion et c’est très long).
Souvent, il me raconte comment c’était quand il était là-bas. Il me donne une chaise, je sors mon goûter et à côté des énormes rouleaux de nappes en plastique, je l’écoute me parler de sable noir, de gens qui marchent pieds nus, d’essais atomiques affreux et beaux à la fois, et d’océan à perte de vue.
