Invitations, rencontres scolaires : prochaine présence en métropole du 24 novembre 2013 au 8 janvier 2014.

jeudi 14 octobre 2010

ça doit être les hormones !

Haaan mais quelle productivité ! Bon, c'est pas parce qu'on écrit 3 mots que vos éditeurs préférés se ruent devant votre porte pour vous supplier, me direz-vous, mais quand même, c'est un début !

Et donc, entre deux lettres de motivation, échographies ou expérimentations culinaires - vous avez déjà fait votre propre crème de marrons ? c'est super bon -, je viens de finir plusieurs choses :

- les corrections de mon petit roman policier (la commande reçue cet été)

- la reprise d'un petit roman 7/9 ans que j'avais écrit il y a un bail mais que j'aimais bien...Le pauvre a subi bien des mésaventures, puisqu'il devait sortir chez un éditeur sympa qui, pour cause de finances pas glorieuses -mais bon sang, achetez des livres quoi !!! - , s'est finalement dédit....Bref, le roman est tout beau-tout toiletté, j'espère donc qu'il trouvera quand même sa place dans les rayons d'une librairie ! C'est une histoire d'amitié entre un petit garçon et un vieux droguiste avec qui il a noué des relations toutes particulières, peut-être pour remplacer celles qu'il n'a plus avec son grand-père. Et devant la droguerie en question vient s'installer un Mégabricol'...C'est pas de chance, hein...
Et bien moi je dis non ! Le Mégabricol' ne passera pas par là ! Sus à la mondialisation !


Voilà un petit passage :

En tout cas, avec ses cheveux gris et sa devanture qu’on ne remarque pas, il n’a pas l’air comme ça, Armel, mais c’est un type super. Avec lui, je ne m’ennuie jamais. C’est un peu comme quand j’allais en vacances chez mon papi, avant, quand dans sa tête, il y avait encore de l’ordre et des souvenirs.

Dans la droguerie d’Armel, j’ai le droit de fouiller dans les boites et sur les étagères. Avec ce que j’y trouve, des bouts de tuyaux, des vis, des passoires, des ampoules ou des brosses à ongles, on construit des robots géants et des navettes spatiales.
Avec Armel, on invente des produits extra qui n’existent pas, comme le parapluie chauffant, le pantalon étirable ou la casserole thermomètre. On essaie de les bricoler nous-même et on écrit de belles lettres aux fabricants pour leur proposer nos idées révolutionnaires. Peut-être qu’un jour, on sera millionnaire !
En attendant, dans les rayons, on fait des courses poursuites avec les maxi-cabas ou des chasses aux trésors avec des indices planqués un peu partout. Parfois, les clients retrouvent de vieux bouts de papiers oubliés dans les boites et ça les fait sourire.

Et puis Armel, il a toujours des tas de trucs à raconter. Il a plein de souvenirs dans la tête et derrière sa caisse enregistreuse. Il y a collé des poèmes qu’il invente et des photos qui viennent de très loin et d’il y a très longtemps, quand il était jeune et qu’il n’était pas du tout droguiste en blouse bleue, mais au service militaire en Polynésie (qui est un tas de petites îles en plein milieu de l’océan pacifique, on y va en avion et c’est très long).

Souvent, il me raconte comment c’était quand il était là-bas. Il me donne une chaise, je sors mon goûter et à côté des énormes rouleaux de nappes en plastique, je l’écoute me parler de sable noir, de gens qui marchent pieds nus, d’essais atomiques affreux et beaux à la fois, et d’océan à perte de vue.

mardi 5 octobre 2010

samedi 2 octobre 2010

I Love mes cheveux !

J'ai lu dans le Nouvel Obs (ou je ne sais plus où) un article édifiant sur le racisme....anti-roux. Réseaux sociaux aidants, on assiste, selon le journaliste, à une recrudescence du phénomène.
Vous allez me dire que ce n'est pas nouveau et vous aurez raison....Dès l'antiquité, avec Seth Typhon, le frère d'Osiris (un type pas tellement fréquentable), ça commençait mal pour notre pomme. Il y a aussi Mars, le dieu de la guerre, qui souvent est représenté avec une tignasse rousse.
Ensuite, il y a eu Esaü "celui que Dieu a haï", qui était le frère de Jacob et dont la Genèse nous raconte qu'il avait fait une connerie dont je ne me souviens plus, mais qui devait être sacrément grosse pour que Dieu ne la lui pardonne pas. Pour couronner le tout, ce vilain Esaü était "roux, tout velu comme une fourrure de bête".
De fil en aiguille, à cause de ces deux là et de bien d'autres, l'idée est devenue courante que les roux étaient par nature méchants, violents, sanguins et tout le tintouin. On le trouve noir sur blanc dans un texte du 13° siècle : "il est impossible de trouver un roux pacifique. Ils sont tous violents, j'en ai la preuve effective".

De toute façon, à cette époque, les roux étaient suspectés d'entretenir commerce avec le diable, la preuve, sinon, hein, pourquoi leurs cheveux auraient-ils eu la couleur des flammes ?
Sans blague quand même, il parait que pendant l'Inquisition, plus de 20 000 femmes finirent au bûcher à cause de leurs cheveux et de leurs tâches de rousseur.

Bon, je vais m'arrêter là parce que sinon j'en ai pour l'après-midi. Or, si les siestes des enfants de 3 ans duraient suffisament longtemps pour qu'on ait le temps de ranger la maison, étendre le linge et écrire un article ch*adé sur son blog, ça se saurait, hein.


Bref, je reviens à mes moutons. Il parait donc qu'il y a des groupes anti-roux sur facebook. Au Canada, un charmant adolescent plein de neurones a même lancé un groupe visant à faire du 20 novembre la "journée nationale des coups de pieds aux roux" (c'en est presque drôle). Le truc a dégénéré et il me semble que le mioche a fini au poste (interrogé, si ça se trouve, par un flic roux et énervé, arf arf arf (pléonasme, si vous avez suivi)).

Alors voilà, tout ça pour dire que certes, il y a bien plus grave dans la vie et sur cette terre, on est d'accord, mais quand même, cela m'a donné envie d'écrire un petit texte là dessus. Pas sur facebook ou sur ce charmant bambin qui doit avoir le QI d'une poutine, mais sur le fait qu'il n'est pas forcément évident quand on a les cheveux roux d'être assez fort pour surmonter la connerie de certains ( lire "le têtard", de Claude Lanzman).
Je ne vais pas m'étendre ici sur les raisons psy qui expliquent généralement l'attitude de ceux qui ont l'impression d'exister en rejetant les autres (qu'ils soient roux, juifs, noirs, gros, moches, pauvres, blondes, mal habillés, roms, vieux, jeunes...enfin ce que vous voulez puisque tout est prétexte à stigmatisation). Tiens d'ailleurs, ça me fait penser à hier soir, une scène vue en allant au resto : deux abrutis qui jetaient des petites boules de gateaux apéros sur un pauvre clodo qui n'avait rien demandé (j'espère au moins qu'il a pu les manger). Faut vraiment être c*n et mal dans sa peau pour faire ce genre de trucs.

Mon texte à moi met en scène une petite fille qui s'appelle Leïlou et qui a les cheveux roux.

J'aimerais bien trouver une maison pour l'accueillir, parce que s'il pouvait aider certains enfants qui doutent à se sentir mieux, je serais vraiment contente et j'aurais vraiment l'impression que mes livres servent à quelque chose (d'autre que m'auto-satisfaire, bien entendu).

Parce que j'ai de la chance : j'adore mes cheveux et je ne les changerais pour rien au monde.


edit : merci à Sophia pour son illustration avec le clip Born Free de MIA (censuré sur youtube), réalisé par Romain Gavras.
On en pensera ce qu'on veut, provoc' quasi pornographique - au figuré- et vide de sens, teaser pour son prochain film (2 roux qui fuient en Irlande) ou clip choc à message....il n'en reste pas moins que c'est assez violent....et que cela déclenche les passions !

http://www.rue89.com/2010/04/27/born-free-le-clip-choc-de-mia-realise-par-romain-gavras-149240-0