BREAKING NEWS

! BREAKING NEWS ! Je quitte la Martinique à l'été 2022. N'hésitez pas à me solliciter pour programmer des rencontres dès la rentrée, je serai enchantée de vous retrouver !

mercredi 3 avril 2013

Dans la mare !

Aujourd'hui (fichtre, que d'animation dans cette journée, en plus j'ai même fini mon repassage), je suis également l'invitée de l'excellent blog La Mare aux mots, en compagnie de l'illustrateur Lionel Larchevèque. 
C'est ici que ça se passe : 
http://lamareauxmots.com/blog/les-invites-du-mercredi-lionel-larcheveque-et-annelise-heurtier/


hein que c'est beau, la mare aux mots



Merci à Gabriel pour m'avoir donné la parole ! 

mardi 2 avril 2013

Sweet Sixteen

Voilà ! Aujourd'hui, à l'heure du premier thé (ou du chant du coq, de la cigarette, du sein à donner, de la série d'abdominaux, des baies de goji, de la relecture de votre passage préféré de la Critique de la raison dialectique, du petit verre de Château Yquem, du caniche ou de la poubelle à sortir, je ne sais pas comment vous commencez votre journée) vous avez le droit de vous précipiter fougueusement dans votre librairie comme d'autres se ruent sur les écrans plats en promo chez Carrefour le premier jour des soldes....pour vous procurer Sweet Sixteen, mon dernier chef d'oeuvre (oh ça va, humour) ouvrage qui vient de paraître chez Casterman dans la collection Grands Formats. 


223 pages pour 12 euros ça fait moins de 0, 05 centime la page de lecture.Alors.
En plus la couverture est réussie, vous pouvez même l'encadrer au dessus de votre canapé. Elle est noire et blanc, ça va avec tout. 

J'en ai déjà parlé sur ce blog, vous savez donc déjà qu'il s'agit d'un roman qui s'inspire de l'histoire des "neuf de Little Rock", ces quelques étudiants noirs qui, en 1957, ont cru qu'à la faveur de la décision de la Cour Suprême des Etats-Unis, ils pourraient étudier dans un lycée de blancs. 
L'expérience n'aura duré qu'un an. Une année d'une violence inouïe.

Même si il se base sur des faits ayant réellement existé, j'en profite pour re-préciser ici que Sweet Sixteen est bien une fiction
 Pour moi, le but n'était pas de réaliser un documentaire, ce qui aurait été particulièrement difficile dans le sens où il aurait été nécessaire que je recueille des informations sur chacun des neuf protagonistes et leur manière d'interagir (impossible à moins, peut-être, d'avoir été à leurs côtés à cette époque là). Ce que j'ai voulu faire, c'est retranscrire l'ambiance et le contexte particulier associés à cette page de l'histoire, en mettant en scène des personnages et des relations qui auraient pu exister. 
Et puis, même si l'année "vue par Molly" s'inspire de la biographie de Melba Petillo, je ne peux absolument pas prétendre savoir ce qu'elle ou ses compagnons ont vraiment ressenti pendant ces mois incroyablement difficiles. D'où le parti pris de mettre en scène des personnages avec des noms différents...dont j'ai pu inventer les caractères.  Par contre, pour ceux qui m'ont déjà posé la question, je peux vous assurer que je n'ai rien exagéré de l'opposition viscérale qu'a suscité cette tentative d'intégration. 

Aujourd'hui encore, plus d'un an après avoir terminé mes recherches pour l'écriture de ce roman, je reste sans voix devant la force de caractère qu'il aura fallu à ces neufs jeunes pour ouvrir la voie...mais aussi devant l'ouverture d'esprit dont ont fait preuve les quelques blancs qui les ont soutenu, à l'encontre de toutes les idées reçues depuis leur enfance, malgré les pressions diverses et les menaces de mort du KKK. 

Ces neufs étudiants noirs s'appelaient Minnijean Brown-Trickey, Elizabeth Eckford, Gloria Ray Karlmark, Melba Pattillo Beals, Thelma Mothershed, Ernest Green, Jefferson Thomas, Terrence Roberts, Carlotta Walls Lanier. La plus jeune d'entre eux n'avait que 12 ans. 

 

Les premiers avis de lecteurs/blogueurs/libraires/ma mère -hahaha/critiques recueillis ici : http://histoiresdelison.blogspot.com/p/sweet-sixteen.html


Image d'archive : Elisabeth se dirigeant vers le lycée central 


image d'archive : manifestation à Little Rock, contre la tentative d'intégration

image d'archive : les troupes d'Eisenhower escortant les étudiants


Une petite mise en bouche ? Vous pouvez feuilleter les premières pages en cliquant ci-dessous : 


jeudi 28 mars 2013

Prix public plume de Paon 2013

Bonne nouvelle ce matin ! 

Olaf, le géant mélomane (illustrations Cécile Gambini, géniales éditions Benjamins Media) déjà coup de coeur de l'Académie Charles Cros je suis super fière, est sélectionné pour le Prix Public Plume de Paon 2013. 

Et qui dit "prix public" dit "public qui vote" ! Donc, public, votez pour moi ! 



Accueil


C'est ici et jusqu'au 30 avril : 

http://www.laplumedepaon.com/prix-du-livre-audio/list/paged/860






mardi 26 février 2013

Bientôt



Dans un peu plus d'un mois sortira (tadaaaaaaam) Sweet Sixteen, un roman ado publié aux éditions Casterman.
Quelques blogs le présentent en avant première , alors je relaie (premièrement parce que - ouh là là-  ça me procure une petite pointe d'excitation et puis deuxièmement parce qu'il faut bien que je raconte des trucs sur ce blog sinon on va croire que je me tourne les pouces sous un cocotier)


Mais quand même, la comparaison avec "la couleur des sentiments", ça me colle la pression. Fichtre. J'espère que vous aimerez. 









Editions Casterman
Sortie le 10 avril 2013 - Prix 12€


Présentation de l'éditeur


1957, Arkansas, États-Unis.

Molly, 15 ans, fait  face à un destin plus grand qu'elle. En compagnie de huit camarades,  elle s'apprête à faire sa rentrée des classes au lycée de Little Rock -  un établissement réservé aux Blancs. Molly, elle, est noire. Cette  tentative d'intégration, dans cet État du Sud, suscite un violent rejet  et un effroyable déferlement de haine raciste. Réservée mais farouchement résolue, Molly reste droite au cœur de la tempête, tandis  que l'une de ses camarades de classe blanche, Grace, rejettera  progressivement les "valeurs" souvent révoltantes de son milieu  d'origine.

Dépeinte avec réalisme et sensibilité, la chronique d'une  innocence volée, néanmoins teintée d'optimisme : la démarche  incroyablement courageuse de Molly et de ses condisciples a ouvert la  voie à l'égalité.

Inspirée de faits réels, un récit bouleversant qui  met en scène des adolescents confrontés au racisme et à la haine. Un  humanisme universel et intemporel.

Annelise Heurtier signe avec  Sweet Sixteen, après le Carnet Rouge et La fille aux cheveux d'encre,  son troisième roman chez Casterman.





Et comme je suis de bonne humeur parce que je viens de terminer l'écriture d'un truc pour lequel j'ai entassé cinq cent pages de docs, je mets sous vos yeux ébaubis un extrait de Sweet Sixteen ici même. Oui Mesdames Messieurs. 


[...] 
La grande table d’acajou des Sanders brillait tellement que Grace pouvait s’admirer dedans. 
Autour d’elle, toutes les bonnes volontés désireuses de se rallier à la Ligue des Mères Blanches écoutaient Katherine Sanders. Pour qu’elle parle avec autant de passion, son rôle de présidente de la Ligue devait vraiment être celui de sa vie. Sa mise en pli commençait à faiblir et elle n’avait même pas pris le temps de la retaper. 
- La rentrée est dans moins de 8 jours. C’est maintenant que nous devons redoubler d’efforts pour défendre les intérêts de nos enfants. Nous ne POUVONS raisonnablement pas faire entrer ces neuf nègres au Lycée Central. Rendez-vous compte de ce que cela implique au quotidien ! Les laisser s’asseoir sur les mêmes toilettes, manger avec les mêmes couverts que nos enfants !  Exposer nos filles à leurs façons grossières et à leurs maladies !
Entre deux bouchées de biscuits, l’assistance apprêtée faisait des signes approbateurs ou ponctuait le discours de « Seigneur Dieu » horrifiés. 
De temps à autre, Martha, la domestique des Sanders, remplissait des verres ou ramassait des miettes sur le tapis.
Grace ne croyait pas éprouver une quelconque sympathie pour les noirs, mais elle se demandait comment Martha pouvait prendre une apparence si détachée alors que sa patronne parlait de la sorte, juste sous son nez. A sa place, elle aurait été mortifiée. Au lieu de quoi, Martha continuait son travail sans rien laisser paraître. De la sueur perlait sur ses tempes, mais il faisait tellement chaud et humide que cela pouvait tout aussi bien être dû à la nonchalance du ventilateur.
- Mais comment allons –nous faire ? piailla une petite femme en battant des paupières poudrées de rose.
La poitrine de la  femme étouffait dans un chemisier étriqué. Grace se demanda si, comme elle, toute la tablée regardait le petit morceau de muffin qui y avait atterri.
- Oui, que fait-on concrètement ? reprirent plusieurs mères, en canon.
Kathy Sanders tapa dans les mains :
- Toutes vos idées sont les bienvenues ! Mais pour en avoir déjà longuement débattu ces dernières semaines lors des réunions organisées par notre association, nous savons qu’il va falloir agir finement.
De l’autre côté de la table, Brook gratifia Grace d’un sourire entendu. Cette dernière n’avait pas forcément eu très envie d’assister à ce petit « goûter », mais Brook avait tellement insisté qu’elle s’était laissée convaincre.
- Tu ne vas quand même pas me dire que tu veux étudier à côté d’un nègre ? avait demandé Brook.
Dorothy avait ajouté :
-Ou déjeuner ? La seule place des nègres au Lycée, c’est à la cafétéria, derrière le comptoir ! 
Grace avait alors accepté. Sans compter que cela ferait toujours un prétexte supplémentaire pour apercevoir Sherwood, le frère aîné de Brook, qu’elle trouvait plus qu’attirant. D’ailleurs, elle n’était pas la seule. La moitié des filles du lycée auraient vendu leur mère pour sortir avec lui, ce qui avait achevé de la convaincre. Ce serait elle, Grace Anderson, qu’il inviterait au bal de fin d’année. Et personne d’autre.
Katherine Sanders reprit :
- Les faits sont simples. L’abolition de la ségrégation dans les écoles publiques a été édictée par la Loi. La seule manière d’en stopper l’avancée est donc de démontrer qu’elle met en danger la sécurité de nos enfants. 
Une autre mère se mit à crier, très agitée :
- Mais cela la met déjà ! Dieu sait de quels instincts ces nègres sont animés ! Je ne veux pas retrouvée ma fille égorgée ! 
- Ou contaminée par une maladie honteuse ! ajouta une autre en fourrant un bout de gâteau dans sa petite bouche plissée.
Grace se recula pour laisser Martha lui servir un verre d’orangeade. Chez elle, il y avait également une domestique noire et bien qu’elle l’ait bercée, changée et amusée pendant toute son enfance, Grace devait bien reconnaître qu’elle n’avait contracté aucune maladie spécifique. Loin de là. Entre Grace et Minnie, une vraie complicité s’était nouée. Non, plus que de la complicité. De l’ amitié.
Mme Sanders hocha la tête avant de répondre :
- Mesdames, je partage votre opinion, mais au regard de la justice, cela n’est pas suffisant. Ce qu’il faut laisser entendre, c’est que l’intégration elle-même va conduire à des émeutes. Que les jeunes sont en train de se procurer des armes et que cette journée du 3 septembre va finir dans un bain de sang.
Grace releva la tête. Visiblement satisfaite, Kathy Sanders examinait l’effet de sa prestation sur son auditoire. 
Après quelques secondes de silence, un brouhaha confus emplit la salle à manger.
Mme Sanders fit tinter une clochette argentée pour réclamer le silence.
- C’est pourquoi nous allons en référer au juge Reed, à la Cour d’Etat de l’Arkansas, pour lui exposer notre manière de penser. Parallèlement à cela, je demande à toutes celles qui veulent bien adhérer à notre Ligue de nous prêter main forte pour continuer à alerter l’opinion sur les dangers de l’intégration. Nous acceptons les espèces et les virements bancaires.
Elle marqua une pause et se prépara à lâcher son argument final, sa petite botte secrète dont elle se félicitait chaque jour d’avoir eu l’idée : 
- Si nous n’agissons pas maintenant, ils voudront bientôt épouser nos filles ! Et vous vous retrouverez à bercer… des petits-enfants mulâtres !
Grace vit Martha jeter un œil à celle qui l’employait depuis des années. Et ce qu’elle lut dans ses yeux la mit mal à l’aise. C’était le regard de quelqu’un qui a perdu espoir.
Grace avala une gorgée d’orangeade. Dieu qu’il faisait chaud ici ! Quand est-ce que cette petite sauterie allait donc se terminer ? Elle avait d’autres chats à fouetter.

Un feuilleteur ci-dessous (si ça fonctionne !)














mardi 5 février 2013

Prix Gayant Lecture

Dans un précédent message, je vous avais expliqué que mon Carnet Rouge avait remporté le Prix Gayant Lecture (dans la catégorie romans), oui-oui, vous pouvez me féliciter chaleureusement.

Pour la remise des prix, nous avons fonctionné par écrans interposés. Maintenant que tout cela est terminé et que la technique ne nous a pas lâchement abandonnés, je peux vous expliquer comment cela s'est passé !
Mathilde, Yasmine, Ikram, Vissel, Inès et Laureen, collégiens membres du club de lecture m'ont envoyé une vidéo extra (avec sonorités indiennes en bruit de fond), à laquelle je me suis empressée de répondre, en vidéo également. J'avoue qu'entre Diane qui passe devant la caméra, Paul qui tire comme un dément avec son pistolet et même un ignoble coléoptère bourdonnant comme un tank, on a du recommencer plusieurs fois.
Cette petite interview a ensuite été projetée lors de la remise officielle du prix, lundi 4 février.


Vous pouvez visionner les 2 vidéos sur le site du collège de Douai : 


http://www.chatelet-douai.fr/college/?r=1&Largeur=1280&Hauteur=800

En tous cas, l'expérience était sympa !