J'ai quitté la Polynésie (quelle idée) au printemps 2016 et suis donc désormais disponible pour des rencontres scolaires. A bientôt !



jeudi 29 août 2019

Chère Fubuki en librairies !

Hier 28 août, c'était la sortie de mon dernier-né, Chère Fubuki Katana, aux éditions Casterman. 




Dans ce livre qui vous emmène au Japon, il y est question de bars à chats, de harcèlement, de mangas, de kitkats aux 300 parfums, de kimonos, de geishas, de hikikomori, de chats porte-bonheurs, d'érables qui rougeoient, de chemins caillouteux, de communautés ostracisées et de secrets honteux...mais aussi de résilience et d'amitié. 


Chère Fubuki Katana, éditions Casterman. 
300 pages
A lire à partir de 12/13 ans 
Couverture Frederic Rebena.



sources nippon.com, kimono-japonais-kyoto.com, wikipedia, naukrinama.com, geo.fr







Voici les premières chroniques :


Hashtag Céline 28/08/2019

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Annelise Heurtier s'empare de la culture japonaise et nous la fait découvrir de façon détournée, au fil du récit. Elle nous glisse, comme elle sait si bien le faire, des informations, des mots de vocabulaire, des anecdotes sur la société nippone, les japonais et leurs habitudes. Mine de rien, on apprend énormément sur leur façon de vivre à travers l'histoire d'Emi. Par exemple, j'y ai appris qu'il existait plus de 200 sortes de Kit kat ou encore que la mode était au dents tordues... J'y ai aussi découvert les préjugés sur certaines populations (les Burakumin) ou encore comment le harcèlement était abordé là-bas (l'ijime)
Je crois que c'est cela que j'aime avec Annelise Heurtier. Sans être assommant, ses romans ont un côté documentaire** que je trouve toujours passionnant. Elle sait mener son histoire et ses héros mais sans oublier de nous donner matière à réfléchir. 








[...]
J'ai particulièrement apprécié la manière dont Emi se rend compte des possibilités de sortir de l'engrenage où elle est plongée. L'histoire montre une résiliencepossible, par les autres, par l'écriture et le dessin mais aussi par l'oralisation et la prise de conscience éveillée de la situation. [...]








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En plus du charme de ses personnages et de son intrigue, Annelise Heurtier ne manque pas de dévoiler certaines faces un peu sombres du Japon.  Des sujets tels que le harcèlement (Ijime), le retrait social (hikikomori) et bien d’autres encore sont ainsi évoqués et c’est sans doute ce que j’ai le plus apprécié dans ma lecture. L’auteure ouvre une fenêtre vers une culture inconnue, en évoque sa beauté sans pour autant dissimuler ses « travers ». C’est ce qui rend à mon sens son récit si vivant, si parlant. Et cette fin. 








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On peut être surpris par cette histoire, qui nous entraîne loin de ce qu’on connaît et où on apprend les mœurs japonaises. La discrétion, le paraître, l’attention portée aux autres… tout cela sont des manières différentes de notre façon de vivre. L’auteur prend le temps d’expliquer certains mots restés en japonais et qui font partie de leur quotidien. Au fur et à mesure de la lecture, on prend conscience de cet harcèlement dont Emi est victime et l’origine de cet isolement.








Minimouth lit 29 aout 2019

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Annelise Heurtier nous livre un de ses nouveaux scénarios très bien développés et très bien documentés comme elle a le secret. L’histoire est originale, le twist de fin ambitieux et tout le chemin pour y arriver très bien travaillé. S’il y a bien une chose qu’on ne peut pas retirer à cette autrice, c’est son travail minutieux que ce soit au niveau de son scénario ou de la documentation autour du pays ou de l’époque où elle place son récit. Je vous parle d’ailleurs déjà de ce travail très pointilleux dans ses romans Sweet Sixteen et La fille d’avril. Quand elle écrit un roman, elle ne laisse rien au hasard et c’est ce que j’aime tout particulièrement chez elle.








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Tout d'abord, j'ai adoré les personnages. Emi est une fille très intelligente et pleine de sensibilité qui vit des choses difficiles surtout au lycée. Malgré cela, elle reste fidèle à elle-même gentille et généreuse. J'ai aussi beaucoup aimé Hana que j'ai trouvée attachante. C'est une jeune femme courageuse et sensée. J'aime ce qu'elle dégage.


mercredi 31 juillet 2019

Calendrier de l'Avent/Avant *Chère Fubuki Katana* !

J'ai toujours été fascinée par le Japon. Mais au final, ce que je retiens surtout des longs mois de recherches documentaires nécessaires à la préparation de *Chère Fubuki Katana*, c'est ce paradoxe entre l'expression de l'émotion dans l'esthétique japonaise, art omniprésent et porté à son plus haut point, et la dissimulation sur le visage et l'attitude de ceux qui la font. Mais peut-être n'est-ce justement pas un paradoxe, mais une relation de cause à conséquence...exprimer via d'autres supports ce qu'on ne peut pas faire avec son corps, ses mots. 

Bref, pour célébrer la sortie prochaine de ce roman (le 28 août aux éditions Casterman), je partage les plus belles trouvailles esthétiques, les pratiques questionnantes ou amusantes que j'ai glanées tout au long de ces longs mois de préparation.





* Episode 1 . Le Shibori


Il s'agit d'une technique de pliage et de teinture ancestrale, qui date de l'ère Edo, et non pas de Woodstock comme on pourrait le croire ^^











GOSP


https://www.heddels.com/2018/07/shibori-indigo-tie-dye-via-ancient-japan/?fbclid=IwAR1j9YWSuCqwj4vp6M_jyq2HM1Ux4Yi_moq2i--Thig4ie_jWC7CcRVkKJA







*Episode 2. Le Kintsugi


Le kintsugi est un autre art ancestral, qui pourrait se définir simplement par l'art de sublimer les fêlures plutôt que de chercher à les faire disparaître. Très concrètement et au delà de la métaphore évidente, il s'agit de réparer des céramiques cassées avec de la laque d'or...



 Un extrait du site Lifegate.com


Lorsqu'un bol, une théière ou un vase précieux tombe et se brise en mille morceaux, nous les jetons avec colère et regret. Pourtant, il existe une alternative, une pratique japonaise qui met en valeur et améliore les pauses, ajoutant ainsi de la valeur à l'objet brisé. Cela s'appelle kintsugi (継 ぎ), ou kintsukuroi (繕), littéralement doré («kin») et réparateur («tsugi»).
Cet art traditionnel japonais utilise un métal précieux - or liquide, argent liquide ou laque, saupoudré d'or en poudre - pour réunir les morceaux d'un article de poterie brisé tout en renforçant les cassures. La technique consiste à joindre des fragments et à leur donner un nouvel aspect plus raffiné. Chaque pièce réparée est unique en raison du caractère aléatoire de l'éclatement de la céramique et des motifs irréguliers formés qui sont renforcés par l'utilisation de métaux.









* Episode 4 : le kirie 切り絵


Le Kirie "papier découpé", est un art millénaire qui date de 610 de notre ère, lorsque le papier chinois a fait son apparition au Japon. Il exige patience et minutie, car chaque motif doit être réalisé à partir d'une seule feuille de papier. 
D'abord utilisé pour des raisons religieuses (placés à certains endroits dans les temples, les papiers découpés étaient censés attirer la chance et le bonheur), il constitue aujourd'hui un art à part entière.












* Episode 5 : les kigo きご



Au quotidien, dans la littérature ou les haïkus, on aime évoquer la saison, le temps qu'il fait ou la période de l'année. Par exemple, dans un courrier officiel, il est de bon ton de mentionner la saison dans les premières lignes (" Nous sommes en automne, saison de fraîcheur. Nous espérons que vous vous portez bien ").  Au Japon, on compte d'ailleurs 24 saisons et 72 micro-saisons, déterminées par un minuscule changement climatique ou un comportement animalier.  Les kigo sont des mots ou expressions utilisés dans des haïkus et qui se réfèrent à une saison. Souvent explicites (par exemple, la glycine, les fleurs d'orangers sauvages et le coucou pour le début de l'été) ils sont au centre de l'expérience esthétique offerte par le haiku.  
On en compte plus de 10 000, consignés dans des Saijiki ou dictionnaires de mots de saison, sortes d'almanachs poétiques. 















* Episode 6 : 侘寂 le wabi-sabi

Calendrier de l'avent, épisode 6.
Aujourd'hui, le 侘寂 Wabi sabi, ou l'esthétique de l'humilité !
Le wabi sabi est une philosophie de vie très présente au Japon, plus facile à ressentir qu'à expliquer..
Moi qui ne suis pas japonaise (sans blague) ai encore plus de mal à faire une synthèse de tout ce que je voudrais en dire !
En simplifiant, l'esthétique du wabi-sabi se base sur deux axiomes :
- la plénitude, la modestie gratifiante que l’on peut éprouver face à la puissance de la nature
- l'acceptation de la marche du temps et donc de l'impermanence.
Le wabi-sabi, c'est percevoir la beauté dans la simplicité, c'est nourrir un sentiment de gratitude envers les petites choses du quotidien, en en acceptant les imperfections et la fugacité.
C'est contempler le Beau dans l'accroc sur une pièce de lin, dans la cicatrice qui zebre un tronc d'arbre, dans le bruit de la rivière qui s'écoule, dans les rides au coin des tempes...c'est accepter et aimer les choses telles qu'elles sont.
Wabi-sabi, c'est un rapport sain et respectueux face à son environnement et soi-même...très très loin des injonctions à la consommation.
« Le Wabi Sabi est une appréciation intuitive d’une beauté éphémère dans le monde physique qui reflète le flux irréversible de la vie dans le monde spirituel. »
Andrew Juniper, (Wabi Sabi: The Japanese Art of Impermanence, 2003)




https://wearejustlooking.org/wabi-sabi-photography/


Wabi Sabi Suki: The Essence of Japanese Beauty Paperback –
1993
by Itoh Teiji

 https://www.digsdigs.com/japanese-aesthetic-35-wabi-sabi-home-decor-ideas/pictures/87116/


* Episode 7 : 風呂敷 le furoshiki


Aujourd'hui, 風呂敷 le Furoshiki, ou l'art de l'emballage.
A l'ère Edo, pour se rendre aux bains publics, on transportait ses produits de toilette et ses vêtements dans un petit foulard noué. Peu à peu, ce système s'est transformé pour recouvrir des usages plus larges, devenant une délicate manière d'emballer des cadeaux et des objets du quotidien (bentos par exemple) et/ou de les transporter.
Les couleurs et les motifs du Furoshiki qui va servir à offrir un cadeau doivent être adaptés à l'occasion, au message que l'on veut véhiculer, mais aussi à la personne à qui on l'offre. Le choix des teintes est essentiel (rouge, doré, vert clair, bleu clair pour des évenements heureux par exemple). Les motifs eux aussi on une signification précise (par exemple les feuilles d'érable pour l'automne, les vagues comme symbole de bon présage, le lapin comme porte-bonheur, le coquillage pour la fidélité...).
Il existe également un autre art de l"emballage" au Japon, le Shibari... dont la maîtrise comporte des enjeux autrement plus importants :-)
https://www.lepoint.fr/monde/le-shibari-jeu-erotique-mortel-12-09-2011-1372417_24.php


source http://xn--fabriquenutopie-hnb.fr/2016/12/la-mere-noel-est-zen/  

source : site du gouvernement japonais

Monotype par Eve Servent http://eveservent.com/shibari-monotypes/






* Episode 9 : les bars à câlins


A Tokyo, les bars à thèmes sont très courants. On ne présente plus les bars à animaux (ayant connu le succès que l'on sait, ils ont essaimé hors de l'archipel...il y en a même un à Besançon) les bars à manga (One piece, Moomin..) ou les bars concept type cimetière, prison, surprise (vous mangez/buvez ce qu'un autre client a commandé pour vous)....
Plus récemment, on a vu apparaître les "bars à câlins".
L'idée est simple : moyennant finance, vous pouvez vous allonger aux côtés d'un homme ou d'une femme. En supplément : le regard dans les yeux ou le "hug" de quelques secondes. Rien de sexuel dans tout cela, juste la recherche du contact humain.
Au delà du "Sekkusu shinai shokogun" , le syndrome du célibat, on est au carrefour de facteurs sociologiques, technologiques et même géographiques. Certains semblent propres à l'archipel, mais des sociologues avancent l'idée que le Japon a juste un temps d'avance sur nous...et qu'un jour ou l'autre, on aura nous aussi besoin de payer pour sentir la peau de quelqu'un.

Un article très intéressant, pour aller plus loin : 







* Episode 10, le  掃除 le soji !

Au Japon, dans la plupart des établissements scolaires, le ménage est effectué par les élèves eux-mêmes (et non pas par les "dames de ménage") et ceci, depuis la maternelle. 
L'idée du soji n'est pas de faire des économies, mais d'enseigner l'humilité, la modestie et la solidarité aux élèves...et surtout le respect du bien commun et de l'environnement dans lequel on vit. On nettoie en groupe, pour le groupe, et j'imagine qu'on n'entend pas souvent les "c'est pas moi !"  "donc je ne ramasse pas").
Le ménage s'effectue tous les soirs, à tour de rôle : on balaye et lessive le sol, on vide les poubelles, on nettoie les toilettes, les vestiaires du gymnase...La veille des vacances, un grand ménage est organisé, mobilisant toute l'école.
Dans le même ordre d'idée, à la cantine, ce sont souvent les enfants qui servent eux même leurs camarades, et qui débarrassent et nettoient les tables.
«Nettoyer les toilettes polit nos esprits»...je vais essayer de le répéter à mes enfants..
source ichibanjapan.com

source japanziation.org

source animons-nous.com

source beawoman.com

source sarahmoersfleder







Episode 11, le solo wedding

Les jeunes japonais seraient de moins en moins intéressés par le mariage en tant qu'institution. En cause, la précarisation, le manque de confiance en l'avenir et pour les femmes, la difficulté, voire l'impossibilité de concilier famille et carrière professionnelle (malgré les efforts du gouvernement pour changer les mentalités, c'est encore souvent l'un ou l'autre : 70% des femmes s'arrêtent de travailler lorsqu'elles se marient). 

Partant de ce constat et pour contenter les actives qui nourriraient des regrets, une société a lancé le concept du solo wedding. Comme son nom l'indique, l'idée est de se marier...avec soi-même.
La prestation comprend les essayages en boutique (robe à l'occidentale ou kimono traditionnel), le passage chez le fleuriste, la nuit et le repas gastronomique dans un hôtel de luxe. Le lendemain, la cliente se fait coiffer, maquiller, habiller, et est conduite dans un jardin pour un shooting photo qui lui permettra de se constituer un bel album.
Bon, si la mariée le souhaite, elle peut choisir, en supplément, un faux marié sur catalogue. Cela peut être pratique dans une société où il est assez mal vu, pour une femme, d'être célibataire...et dans laquelle il est très compliqué de se marier après 35 ans. D'où l'envie d'avoir aussi des photos "à 2" pour rassurer la famille ou les proches....



source :zinjapan.wordpress.com
source lostatemiror.com







Episode 12,  和菓子les wagashi


Au Japon, le repas traditionnel ne comprend pas de dessert et les pâtisseries, bien différentes des nôtres, sont plutôt servies à un autre moment de la journée et notamment pour accompagner le thé.
Outre leur raffinement extrême, ce que j'aime dans ces wagashi (et notamment dans les jo-namagashi, les plus sophistiquées), c'est ce qu'elles racontent. On est loin de la part de pudding insipide ou du brownie industriel mangé sur un trottoir ou dans le métro, sans conscience (quelque chose qui me dépasse totalement).
Avec les wagashi, on est dans le respect de soi et de l'autre, dans la délicatesse et la beauté, dans le cadeau, dans l'éphémère. Rien n'est laissé ni servi au hasard. Les pâtisseries sont à mettre en rapport avec une occasion ou les saisons, et leur fabrication vise à charmer les 5 sens, d'où leur autre appellation, “Art of the Five Senses”.
Il existe des wagashi plus communes, d'un style plus kawai, mais toujours très travaillées.


pâtisseries de juin par Kyoto Saryo

créations Minamoto Kitchoan

patisseries d'automne, Tsukimi, fêtes de contemplation de la lune








Episode 13, les kitkat ! 


J'imagine que vous connaissez tous les kitkat, cette barre chocolatée crée dans les années 30 en Angleterre et commercialisée aujourd'hui par Nestlé. 
Les japonais qui font du tourisme chez nous doivent se trouver un peu circonspects devant nos rayons qui en proposent 2 ou 3 déclinaisons...Chez eux, le kitkat est proposé sous plus de 300 versions. Edamame, wasabi, brandy, patate douce, concombre, pastèque et sel, bubble gum, cheesecake, tofu, vin, thé vert, miso, châtaigne, soja, cerise, sirop d'érable, fruit de la passion, à griller, à mettre au four, durian (!!)...sans compter les parfums locaux qu'on ne trouve qu'à certains endroits du japon et qui font donc des omiyage idéaux (les présents que l'on ramène obligatoirement lorsque l'on se déplace), ou les saveurs thématiques, en fonction des saisons.
Ce succès s'explique par la proximité phonétique du kitkat avec l'expression きっと勝つ [kitto katsu], qui signifie "tu vas réussir". La marque a saisi l'opportunité marketing pour le positionner comme la friandise de la réussite et le kitkat s'est imposé comme le chocolat que l'on offre ou que l'on s'offre lors des examens. Nestlé a même conclu un partenariat avec la Poste : sur l'emballage, des espaces permettent de noter l'adresse de la personne à qui on veut l'expédier ainsi qu'un message, il suffit alors de se présenter à la Poste pour l'envoyer !
Pendant l'écriture du roman, j'ai trouvé du kitkat thé matcha dans une boutique asiatique (10 euros le paquet). Le mariage sucre/âpreté en fin de bouche est très réussi !



la carte des kitkat régionaux

du kitkat au durian, pour les aventuriers (source metro.jp)


au départ un poisson d'avril, les kitkat sushi ont fini par être réellement fabriqués,
devant l'engouement général ! 








Episode 14,スリッパ les surippa



Je suis la première à trouver qu'il n'est vraiment pas hygiénique de garder ses chaussures lorsque l'on rentre chez soi et pour ma part, je le fais même lorsque je suis invitée chez quelqu'un - ou je le propose, au moins.
Au Japon, entrer quelque part en chaussures est inconcevable. Les maisons s'ouvrent sur un "genkan", entre-lieu fondamental qui joue le rôle de frontière entre Uchi et Soto. Uchi est synonyme de maison, de famille, d’intérieur et de communauté, Soto est synonyme de dehors, d’extérieur et d’étranger, et cette opposition fondamentale détermine tant les relations sociales que spatiales.
Dans le genkan, donc, on ôte ses souliers et on peut enfiler les chaussons appropriés (il y en a toujours pour les invités). L'idée est de laisser les choses sales et souillées à l'extérieur avant de pénétrer dans cette sorte d'opisthodome domestique et sacré. Le visiteur doit attendre que son hôte l'invite à pénétrer dans la maison, avec la formule consacrée : dōzo, o-agari kudasai « veuillez monter s'il vous plaît », ce à quoi il faut répondre: o-jama shimasu « permettez-moi de vous déranger ».
A l'intérieur même de la maison, on peut trouver des chaussons spéciaux que l'on met en rentrant dans certaines pièces à la symbolique plus marquée, par exemple les toilettes.
Cette pratique du déchaussage ne se limite pas à son chez-soi. Toujours dans cette idée du uchi/soto, on enlève ses souliers avant d'entrer chez le médecin, le gynéco, dans les écoles, dans les restaurants, les entreprises et parfois même dans les magasins.
Cela me rappelle un peu Tahiti, finalement

genkan traditionnel, source photo nisekoproject.com

chaussons devant les toilettes source gilanik.com






* Episode 15,  指詰め, le yubitsume ou auto-ablation de l'auriculaire 


La pratique, qui consiste donc à se trancher le petit doigt, est une fantaisie qui se pratique dans le milieu Yakuza.
L'idée est de laver une erreur (ou celle d'un autre, un membre de sa famille par exemple) ou un manquement à ses devoirs envers le Clan. Bref, il s'agit d'un acte expiatoire. 
Le rituel est codifié : le fautif doit s'y coller lui même, en tranchant à l'aide d'un couteau spécial la partie située au-dessus de la jointure supérieure du doigt. Le morceau est ensuite enveloppé dans un tissu blanc et soumis, très gracieusement et avec les deux mains, à l'Oyabun (le chef).
Si une autre faute est commise, le yakuza réitère l'opération avec les autres doigts.
"Alors va pour l'annulaire. J'ai essayé le bon vieux couteau de cuisine, mais c'était trop épais, la lame ne rentrait pas dans le muscle. Avec un frère on en est venu à bout avec un marteau et des ciseaux. Dieu que j'ai eu mal!"
En 1993, une étude a montré que 45% des yakuzas avaient au moins 1 doigt coupé, et 15% au moins 2.
Aujourd'hui, le Yubitsume s'est modernisé. Déjà, il n'est plus systématique, surtout par souci de discrétion, et il peut se pratiquer à l’hôpital. Et pour ceux qui, comme le ministre de la Justice (!) Tanaka auraient besoin de cacher leur passé dans la pègre, il est toujours possible de se faire poser des prothèses...


source tvtropes.org

source la depeche.fr
















Episode 16,  招き猫les maneki neko  


Les Japonais sont friands de porte-bonheur et il en existe de toutes sortes. Le plus connu de nous, occidentaux, est peut-être le Maneki-Neko, ce chat qui lève une patte opiniâtre à l'entrée des magasins ou à proximité de la caisse enregistreuse.
Le plus souvent, on l'utilise pour attirer la richesse (patte droite) ou le succès. Mais on en trouve plusieurs déclinaisons colorées, en fonction du type de chance que l'on veut générer :
Tricolore : la plus populaire, l'association de ces couleurs jouant un rôle d'amplificateur des qualités porte-bonheur
Blanc : attire la chance en général
Vert : réussite scolaire
Noir : sécurité physique (très populaire auprès des femmes)
Rouge : santé
Doré : richesse
Rose : amour
Jaune : réussite dans le couple
Si vous allez à Tokyo, ne manquez pas le temple bouddhiste qui lui est dédié. A Gotoku-Ji, plusieurs milliers de ces chats sont exposés sur des autels au milieu d'un superbe jardin.



les maneki neko du temple gotoku-ji, source The japan times

source japan info.com