BREAKING NEWS

! BREAKING NEWS ! Je quitte la Martinique à l'été 2022. N'hésitez pas à me solliciter pour programmer des rencontres dès la rentrée, je serai enchantée de vous retrouver !

mardi 26 février 2013

Bientôt



Dans un peu plus d'un mois sortira (tadaaaaaaam) Sweet Sixteen, un roman ado publié aux éditions Casterman.
Quelques blogs le présentent en avant première , alors je relaie (premièrement parce que - ouh là là-  ça me procure une petite pointe d'excitation et puis deuxièmement parce qu'il faut bien que je raconte des trucs sur ce blog sinon on va croire que je me tourne les pouces sous un cocotier)


Mais quand même, la comparaison avec "la couleur des sentiments", ça me colle la pression. Fichtre. J'espère que vous aimerez. 









Editions Casterman
Sortie le 10 avril 2013 - Prix 12€


Présentation de l'éditeur


1957, Arkansas, États-Unis.

Molly, 15 ans, fait  face à un destin plus grand qu'elle. En compagnie de huit camarades,  elle s'apprête à faire sa rentrée des classes au lycée de Little Rock -  un établissement réservé aux Blancs. Molly, elle, est noire. Cette  tentative d'intégration, dans cet État du Sud, suscite un violent rejet  et un effroyable déferlement de haine raciste. Réservée mais farouchement résolue, Molly reste droite au cœur de la tempête, tandis  que l'une de ses camarades de classe blanche, Grace, rejettera  progressivement les "valeurs" souvent révoltantes de son milieu  d'origine.

Dépeinte avec réalisme et sensibilité, la chronique d'une  innocence volée, néanmoins teintée d'optimisme : la démarche  incroyablement courageuse de Molly et de ses condisciples a ouvert la  voie à l'égalité.

Inspirée de faits réels, un récit bouleversant qui  met en scène des adolescents confrontés au racisme et à la haine. Un  humanisme universel et intemporel.

Annelise Heurtier signe avec  Sweet Sixteen, après le Carnet Rouge et La fille aux cheveux d'encre,  son troisième roman chez Casterman.





Et comme je suis de bonne humeur parce que je viens de terminer l'écriture d'un truc pour lequel j'ai entassé cinq cent pages de docs, je mets sous vos yeux ébaubis un extrait de Sweet Sixteen ici même. Oui Mesdames Messieurs. 


[...] 
La grande table d’acajou des Sanders brillait tellement que Grace pouvait s’admirer dedans. 
Autour d’elle, toutes les bonnes volontés désireuses de se rallier à la Ligue des Mères Blanches écoutaient Katherine Sanders. Pour qu’elle parle avec autant de passion, son rôle de présidente de la Ligue devait vraiment être celui de sa vie. Sa mise en pli commençait à faiblir et elle n’avait même pas pris le temps de la retaper. 
- La rentrée est dans moins de 8 jours. C’est maintenant que nous devons redoubler d’efforts pour défendre les intérêts de nos enfants. Nous ne POUVONS raisonnablement pas faire entrer ces neuf nègres au Lycée Central. Rendez-vous compte de ce que cela implique au quotidien ! Les laisser s’asseoir sur les mêmes toilettes, manger avec les mêmes couverts que nos enfants !  Exposer nos filles à leurs façons grossières et à leurs maladies !
Entre deux bouchées de biscuits, l’assistance apprêtée faisait des signes approbateurs ou ponctuait le discours de « Seigneur Dieu » horrifiés. 
De temps à autre, Martha, la domestique des Sanders, remplissait des verres ou ramassait des miettes sur le tapis.
Grace ne croyait pas éprouver une quelconque sympathie pour les noirs, mais elle se demandait comment Martha pouvait prendre une apparence si détachée alors que sa patronne parlait de la sorte, juste sous son nez. A sa place, elle aurait été mortifiée. Au lieu de quoi, Martha continuait son travail sans rien laisser paraître. De la sueur perlait sur ses tempes, mais il faisait tellement chaud et humide que cela pouvait tout aussi bien être dû à la nonchalance du ventilateur.
- Mais comment allons –nous faire ? piailla une petite femme en battant des paupières poudrées de rose.
La poitrine de la  femme étouffait dans un chemisier étriqué. Grace se demanda si, comme elle, toute la tablée regardait le petit morceau de muffin qui y avait atterri.
- Oui, que fait-on concrètement ? reprirent plusieurs mères, en canon.
Kathy Sanders tapa dans les mains :
- Toutes vos idées sont les bienvenues ! Mais pour en avoir déjà longuement débattu ces dernières semaines lors des réunions organisées par notre association, nous savons qu’il va falloir agir finement.
De l’autre côté de la table, Brook gratifia Grace d’un sourire entendu. Cette dernière n’avait pas forcément eu très envie d’assister à ce petit « goûter », mais Brook avait tellement insisté qu’elle s’était laissée convaincre.
- Tu ne vas quand même pas me dire que tu veux étudier à côté d’un nègre ? avait demandé Brook.
Dorothy avait ajouté :
-Ou déjeuner ? La seule place des nègres au Lycée, c’est à la cafétéria, derrière le comptoir ! 
Grace avait alors accepté. Sans compter que cela ferait toujours un prétexte supplémentaire pour apercevoir Sherwood, le frère aîné de Brook, qu’elle trouvait plus qu’attirant. D’ailleurs, elle n’était pas la seule. La moitié des filles du lycée auraient vendu leur mère pour sortir avec lui, ce qui avait achevé de la convaincre. Ce serait elle, Grace Anderson, qu’il inviterait au bal de fin d’année. Et personne d’autre.
Katherine Sanders reprit :
- Les faits sont simples. L’abolition de la ségrégation dans les écoles publiques a été édictée par la Loi. La seule manière d’en stopper l’avancée est donc de démontrer qu’elle met en danger la sécurité de nos enfants. 
Une autre mère se mit à crier, très agitée :
- Mais cela la met déjà ! Dieu sait de quels instincts ces nègres sont animés ! Je ne veux pas retrouvée ma fille égorgée ! 
- Ou contaminée par une maladie honteuse ! ajouta une autre en fourrant un bout de gâteau dans sa petite bouche plissée.
Grace se recula pour laisser Martha lui servir un verre d’orangeade. Chez elle, il y avait également une domestique noire et bien qu’elle l’ait bercée, changée et amusée pendant toute son enfance, Grace devait bien reconnaître qu’elle n’avait contracté aucune maladie spécifique. Loin de là. Entre Grace et Minnie, une vraie complicité s’était nouée. Non, plus que de la complicité. De l’ amitié.
Mme Sanders hocha la tête avant de répondre :
- Mesdames, je partage votre opinion, mais au regard de la justice, cela n’est pas suffisant. Ce qu’il faut laisser entendre, c’est que l’intégration elle-même va conduire à des émeutes. Que les jeunes sont en train de se procurer des armes et que cette journée du 3 septembre va finir dans un bain de sang.
Grace releva la tête. Visiblement satisfaite, Kathy Sanders examinait l’effet de sa prestation sur son auditoire. 
Après quelques secondes de silence, un brouhaha confus emplit la salle à manger.
Mme Sanders fit tinter une clochette argentée pour réclamer le silence.
- C’est pourquoi nous allons en référer au juge Reed, à la Cour d’Etat de l’Arkansas, pour lui exposer notre manière de penser. Parallèlement à cela, je demande à toutes celles qui veulent bien adhérer à notre Ligue de nous prêter main forte pour continuer à alerter l’opinion sur les dangers de l’intégration. Nous acceptons les espèces et les virements bancaires.
Elle marqua une pause et se prépara à lâcher son argument final, sa petite botte secrète dont elle se félicitait chaque jour d’avoir eu l’idée : 
- Si nous n’agissons pas maintenant, ils voudront bientôt épouser nos filles ! Et vous vous retrouverez à bercer… des petits-enfants mulâtres !
Grace vit Martha jeter un œil à celle qui l’employait depuis des années. Et ce qu’elle lut dans ses yeux la mit mal à l’aise. C’était le regard de quelqu’un qui a perdu espoir.
Grace avala une gorgée d’orangeade. Dieu qu’il faisait chaud ici ! Quand est-ce que cette petite sauterie allait donc se terminer ? Elle avait d’autres chats à fouetter.

Un feuilleteur ci-dessous (si ça fonctionne !)














mardi 5 février 2013

Prix Gayant Lecture

Dans un précédent message, je vous avais expliqué que mon Carnet Rouge avait remporté le Prix Gayant Lecture (dans la catégorie romans), oui-oui, vous pouvez me féliciter chaleureusement.

Pour la remise des prix, nous avons fonctionné par écrans interposés. Maintenant que tout cela est terminé et que la technique ne nous a pas lâchement abandonnés, je peux vous expliquer comment cela s'est passé !
Mathilde, Yasmine, Ikram, Vissel, Inès et Laureen, collégiens membres du club de lecture m'ont envoyé une vidéo extra (avec sonorités indiennes en bruit de fond), à laquelle je me suis empressée de répondre, en vidéo également. J'avoue qu'entre Diane qui passe devant la caméra, Paul qui tire comme un dément avec son pistolet et même un ignoble coléoptère bourdonnant comme un tank, on a du recommencer plusieurs fois.
Cette petite interview a ensuite été projetée lors de la remise officielle du prix, lundi 4 février.


Vous pouvez visionner les 2 vidéos sur le site du collège de Douai : 


http://www.chatelet-douai.fr/college/?r=1&Largeur=1280&Hauteur=800

En tous cas, l'expérience était sympa ! 

jeudi 17 janvier 2013

L'année commence bien à Pirae !

Hier mercredi 16 janvier, j'étais invitée par le Centre de Lecture de Pirae, à l'occasion de l'inauguration de la Médiathèque des écoles. Un bel outil que vont pouvoir utiliser toutes les écoles environnantes, afin de se rapprocher de la lecture ! Ici, malheureusement, tous les enfants n'ont pas la chance d'avoir accès aux livres, d'autant plus qu'ils sont vendus extrêmement chers en librairies (comptez 15 euros pour un livre de poche...9 euros pour un "Pomme d'api" et plus de 20 pour un album ! ). Dans les îles, le manque est encore plus criant puisque s'il n'y a pas de librairie, il n'existe pas non plus de bibliothèque....

Pour que cette journée d'inauguration ne se réduise pas une simple suite de discours officiels, le CLE avait prévu plusieurs ateliers directement destinés aux principaux concernés.
J'étais donc l'heureuse animatrice de l'atelier "Rencontre avec un auteur"...pendant lesquels j'ai choisi de présenter aux enfants, (par petits groupes) mon dernier album, "Olaf, le géant mélomane", (benjamins media) d'autant plus intéressant à exploiter qu'il comporte une version braille (aucun enfant ne connaissait l'existence de ce système) et un CD audio.

la version braille et la version classique




Après leur avoir expliqué la genèse de l'histoire et avoir décortiqué les étapes de fabrication du livre (depuis le manuscrit jusqu'à l'objet en lui-même), je leur ai donc projeté les images du livre, ainsi que la bande-son.
Ils ont adoré les bruitages....et ont même un peu dansé sur les airs de jazz ! Quand le banjo a commencé à jouer, un enfant m'a dit " Hé, t'as vu, c'est comme du ukulélé" :-)


Si vous voulez me voir au journal télévisé (avec mon collier de tiare, c'est la tradition lorsqu'on est accueilli quelque part), c'est par ici, aux alentours de 19 minutes...Mais vous pouvez regarder le journal en entier, ça vous dépaysera un peu^^

http://www.tntvreplay.com/Le-Journal-du-Mercredi-16-Janvier_v4998.html




"On n'a rien vu venir" toujours à l'honneur

Notre "On n'a rien vu venir" (Alice Jeunesse) continue son petit bonhomme de chemin ! Et quelle forme ! C'est aujourd'hui pour le Prix Albert Camus 2013 qu'il est de nouveau en lice. 



Voici, sur le site du collège, quelques commentaires de lecteurs : 



  
Critique de Florian T. 

"On n'a rien vu venir" relate l'histoire de plusieurs personnages ou de famille qui, lors d'une élection, voient leur vie basculer. En effet, ils subissent la mise en place d'une dictature; le parti de la "liberté"se place en tête des votes. Ce parti va instaurer d'innombrables règles comme l'alimentation, les activités physiques ou encore le choix des vêtements. Certains décident de fuir pour échapper à la persécution et d'autres choisissent de rester, ils fondent des "clubs" contre la dictature.

Mon avis :
Ce livre m'a beaucoup plu, l'histoire est imprégnée de moments émouvants. Le fait qu'il y a plusieurs familles montre comment chacun lutte contre la dictature et subit celle-ci. De plus les personnages ont des liens entre eux ce qui permet de les retrouver par moment dans l'histoire. Ce livre est très instructif, il nous explique par le biais des personnages comment on peut passer d'une démocratie à une dictature, très rapidement et seulement en votant un parti extrémiste. Je recommande "on n'a rien vu venir", c'est une lecture simple mais très émouvante.
Florian T.

 Critique de Marion B. 
Ce roman est à sept voix. Il raconte des élections ou le Parti de la Liberté a gagné. Les habitants vont vite se rendre compte que le parti ne porte pas son nom. Toutes personnes "mal-habillées", ayant la peau "trop foncée" et autres sont exclus. Le nouveau parti instaure des règles comme l'heure de lever, les choses qu'ils doivent manger ou qu'ils n'ont pas le droit... 
Jusqu'à maintenant ce livre est mon préféré. Il est facile à lire mais un peu plus compliqué à comprendre.
Marion B.



Critique de Sara B.

De tous les livres que j’ai lus jusqu’à  aujourd’hui, je préfère celui-ci car c’est celui que j’ai le mieux compris. Il faut réussir à suivre l’histoire car c’est quand même un peu difficile. Ce livre est constitué de 7 voix. C’est triste de voir des gens être exclus juste à cause de leurs couleurs, leurs maladies (handicapés)... 
 Ce livre est bien pour nous, les jeunes, je conseille de le lire.
Sara.B 


Critique de Solène G. 

Ce roman comporte 7 voix . Il raconte qu'un soir lors d'une élection" le parti de la liberté " est vainqueur. Les gens triomphent de joie et de cri dans les rues alors que d'autres dansent. Et malheureusement,  tous les êtres humains malades, noir, ou handicapés se font rejeter du pays .
Mon avis :
Je trouve que ce livre est facile à lire mais un peu moins facile à comprendre. Sinon, je trouve qu'il est bien, moi il m'a totalement émue et c'est ce qui m'a donné envie de continuer à le poursuivre. Je vous conseille grandement de le lire .
Solène G.

vendredi 11 janvier 2013

And the winner is....

Moi ! :-)

Pour commencer l'année et adoucir notre retour sous les tropiques, une bonne nouvelle dans ma boite mail ce matin :mon roman Le carnet rouge (Casterman, 2011) a remporté le prix du Gayant Lecture 2013,  dans la catégorie 4 (romans), décerné par l'association Brouillon de Culture.

La remise des prix aura lieu en février, lors du 18° salon du livre à Douai. Comme je ne pourrai évidemment pas m'y rendre, je dois envoyer une vidéo...Je trouve cette idée très amusante. 





Je suis ravie, merci !!