BREAKING NEWS

! BREAKING NEWS ! Je quitte la Martinique à l'été 2022. N'hésitez pas à me solliciter pour programmer des rencontres dès la rentrée, je serai enchantée de vous retrouver !

jeudi 16 août 2012

Ne me dites pas que vous ne la reconnaissez pas.

La fleur dans les cheveux, le maillot à pois....C'est moi !

C'est exactement la tête que je fais quand un éditeur m'appelle pour me prévenir que c'est oui et d'ailleurs qu'il va me donner 30 000 dollars d'avance pour ce super roman génialissime et que je vais gagner le Prix Machintruc, c'est sûr et certain.
(Par contre ce n'est pas à chaque fois que je me roule dans la rosée, parce que dans mon jardin, y'a souvent des crottes de chat du voisin)

C'est Gwenaelle Dumont qui m'a dessinée. Et si vous ne la connaissez pas, c'est que vous avez tort ! 
Tenez, c'est là : http://gwendoulash.blogspot.com/ et c'est très drôle !
Bravo Gwendoulash !
Et merci pour la consultation ;-)



vendredi 10 août 2012

La fille aux cheveux d'encre

Une jolie critique de "La fille aux cheveux d'encre" (ed Casterman) par Michel Bonnet, que l'on peut lire ici  :

[...] Avec ce roman d’Annelise Heurtier, La Fille aux cheveux d’encre, nous allons retrouver un garçon, Timothée, au moment où il arrive dans une nouvelle école, dans une nouvelle classe. Il a 13 ans, nous sommes au collège, et nous sommes à la rentrée après les vacances de La Toussaint, une période où normalement on n’entre pas dans une nouvelle école… Timothée a donc peur et il ne sait pas encore ce qui peut lui arriver dans cette nouvelle classe…


Annelise Heurtier est une jeune femme heureuse d’écrire des histoires car elle a dû en lire beaucoup dans sa jeunesse. Le roman, Le carnet rouge, que je vous ai déjà présenté était pour des adolescents plus âgés tandis que cette fois-ci c’est plutôt ce que l’on pourrait nommer un « roman pour jeune ado » à partir de 10/11 ans rajouteraient les prescripteurs qui ont toujours envie de ranger les auteurs et leurs œuvres dans des boites bien étiquetées… mais, en fait, c’est tout simplement un petit roman que l’on pourrait lire en famille, par exemple à voix haute dans la voiture sur le chemin des vacances, du moins si le lecteur n’a pas le mal des transports… Chaque membre de la famille pourrait en tirer profit !

Timothée va rencontrer, dès son premier jour au collège, une fille aux cheveux d’encre dont le prénom est d’actualité avec les jeux Olympique, Chine. Cette fille, contrairement à ce que le jeune garçon pouvait penser va l’accueillir avec gentillesse, avec le sourire, avec délicatesse même ! Dès le premier jour, une amie, qui plus est une fille ? Qu’est-ce que ça cache ? Qu’est-ce que j’ai raté, pas compris, pas vu ? Timothée est réellement perturbé et quelque chose le picote au bout des mains, se noue dans son estomac… Ne serait-il pas en train de tomber amoureux ?
Attendez, nous ne sommes pas dans un roman pour adolescents confirmés, nous sommes dans une histoire pour des jeunes qui ne savent pas encore tout de l’amour naissant… Mais, ce n’est pas pour autant que Chine et Timothée ne seraient pas en train de voir naitre une amitié solide qui pourrait, qui sait, se transformer en jeune amour… A voir !
Nous allons vivre en compagnie de ces deux jeunes quelques semaines avec leurs temps forts, certains sont situés à l’école, d’autres à la maison, celle de Chine en particulier. Les deux jeunes qui ne se connaissent pas vont devoir apprendre la différence car ce n’est pas parce que l’on fréquenterait le même collège que l’on serait identique… Différence garçon-fille, milieux sociaux disparates, culture et goûts variés, caractères explosifs quand ils se confrontent… Il y a aussi les apparences et les réalités…

J’ai beaucoup apprécié l’humanisme de ce roman qui aurait pu se terminer par des conflits violents et justifiés, alors que l’auteur va provoquer la rencontre en profondeur, celle qui peut donner naissance à des relations plus durables, en amitié comme en amour. Une belle leçon de patience, d’attention à l’autre, de respect qui peut faire réfléchir parents, enfants, enseignants…

A lire et faire lire, même en été, surtout si le lecteur est un futur collégien qui entre dans un nouvel établissement… L’aventure t’attend !



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La Fille aux cheveux d’encre

Annelise Heurtier

Casterman Junior





jeudi 2 août 2012

Les bonnes nouvelles de l'été

Je suis contente ! L'été a vu plusieurs jolies choses se décider ou se confirmer.

4 projets ont donc trouvé leur home sweet home chez Casterman, et je trépigne d'impatience à l'idée de tenir les livres entre mes mains !
Il y en aura pour tous les âges : comme ça, pas d'excuse pour dire que ça ne correspond pas à l'âge de vos enfants ^^



- Mars ou avril : un roman pour "grands" (ados et adultes), qui vous emmènera en 1957 aux Etats-Unis et qui revient sur l'un des épisodes ayant jalonné la marche pour les droits civiques.
Un roman qui vous colle la chair de poule, la rage et les larmes...à ce que m'ont dit ceux qui l'ont déjà lu ! Merci à eux...pour leur aide et leur soutien. 


Un petit morceau ? 

(...)
Cela faisait maintenant dix bonnes minutes que Molly patientait derrière le comptoir de l’épicerie. Deux clients blancs étaient entrés après elle  et le propriétaire des lieux s’était empressé de les servir, volubile et obséquieux. Madame avait-elle besoin d’être livrée ? Ne voulait-elle pas se laisser tenter par ces pommes, de véritables petites merveilles de texture et de saveur ?
John Smith était un homme rondelet, aussi odieux avec les noirs qu’il était mielleux avec les blancs. A croire qu’il avait fait exprès de s’installer dans ce quartier à forte dominante afro-américaine pour avoir tout le loisir d’humilier les habitants.  
Quand la dernière cliente eut refermé la porte de l’épicerie, John Smith entreprit de vérifier le contenu de sa caisse enregistreuse. 
Ignorant totalement Molly, il se mit à composer des petits tas de piécettes réguliers. 
 Molly toussota légèrement. Pas de réaction. John Smith commençait une deuxième rangée.  
- Hum… bonjour ?  tenta faiblement Molly. 
L’épicier leva sa tête pouponne, l’air mauvais.
Immédiatement, Molly détourna les yeux. Croiser son regard n’aurait fait qu’envenimer la situation. 
- Qu’est ce’ tu veux ? aboya M.Smith. 
-  Un litre de lait, s’il vous plait. 
- T’as de quoi payer ? Je fais pas crédit, et encore moins aux négros. 
C’était la seule épicerie du quartier et cela faisait une bonne dizaine d’années que les Costello s’y approvisionnaient. Ils avaient toujours payé sur le champ et Smith le savait pertinemment.
Molly se dépêcha d’aligner ses 45 cents sur le comptoir.  
L’épicier posa ses mains écartées de part et d’autre des pièces, puis souffla, d’une voix arrogante et sucrée : 
- De toute façon ça tombe mal, j’en ai plus. 
Molly fixa, incrédule, les dizaines de bouteilles qui brillaient derrière lui. 
- Mais, et…
Du plat de la main, John Smith tapa sur le zinc : 
- T’as pas compris ce que j’ai dit ?  Y’en a plus ! 
Molly ramassa ses pièces et en toute hâte, les fourra dans son porte-monnaie. (...)





- Septembre : les deux premiers tomes d'une série rigolote pour les 7/9, dans laquelle vous pourrez suivre les aventures de Charly Tempête, un petit bricolo bien sympa qui fabrique des ventiloskate, des casquourte-échelle ou autre çadégoulinepas....
ça a été un gros gros gros boulot... qui m'a fait douter, qui m'a fait turbiner le cerveau comme jamais...mais je ne regrette rien ! 

Un petit bout aussi ? 


- Debout mon Charlyyyyy ! Il faut se réveilleeeer ! 
Assise au bord de mon lit, maman me regarde en souriant, comme si c’était le jour de Noël :
- C’est la rentréééééé ! 
Pfff. Tu parles d’un cadeau, tiens. 
Peut-être que je suis en train de cauchemarder. Je vais me pincer, on ne sait jamais. 
Aïe ! Zut, je suis bien réveillé.
A travers la couette, Maman me secoue la cuisse : 
 - Tu nous rejoins à la cuisine, mon lapin ? 
Je grogne : 
-Mmmh…
Je rabats la couette sur ma tête. Mon chat Tournevis vient se pelotonner contre moi. Je suis sûr qu’il va passer la journée à se tourner les pouces des coussinets pendant que je serai en train d’affronter la Rentrée. Moi, je trouve que c’est la pire journée de toute l’année. Déjà, les vacances se terminent, ce qui n’est pas tellement marrant, et en plus, exactement le même jour, il faut se lever tôt, manger à la cantine même si il y a des brocolis et passer la journée enfermé alors que j’ai des tas de trucs importants à faire, comme bricoler ma catapulte lanceuse de croquettes pour chat (qui tire de travers). 
Cette année, c’est encore pire. On vient de déménager, alors je dois aller dans une nouvelle école où je ne pourrai même pas compter sur mes anciens copains pour raconter des blagues pendant la récré. Il y a bien Djawab, un garçon que j’ai rencontré dans le quartier, mais je ne le connais pas encore très bien.
D’ailleurs, peut-être que je ne vais pas me faire de copain du tout.
Je vais me retrouver sans personne à qui parler pendant toute une année, on me surnommera Charly Tousseul et tout le monde rigolera bien. 





- Fin d'année (ou début 2014) : un album, un conte africain qui nous dit que la richesse n'est pas forcément là où on l'attend ! 

(...)
Une semaine plus tard, alors qu’il faisait nuit noire, la Mort s’introduisit sur les terres de Babakunde. Elle rôda quelques temps autour du troupeau de chèvres, se pencha sur les visages des serviteurs endormis… avant de pénétrer dans la chambre de Babakunde. 
Elle resta longtemps à contempler le visage de la douce et ronde Fatoumata.  
Puis elle décida que c’était elle qu’elle était venue chercher. 
(...)



D'autres parutions sont prévues dans d'autres (très chouettes) maisons mais je n'en dis pas plus pour l'instant. 




En tous cas, un immense merci à mon éditrice et à toute son équipe de choc. 

Pour l'heure, je prends quelques jours de vacances !
Retour à la rentrée avec la sortie de mon Géant Mélomane, chez Benjamins Media, avec la magique Cécile Gambini aux pinceaux ! 


mardi 31 juillet 2012

Dans les îles...


Voici un joli mot d'Alain Rémond, cueilli par Michelle O dans la Croix. Je vous le retransmets depuis mon île à moi !


"On peut préférer (...) un autre genre d'île : le livre. On se plonge dedans, on est seul au monde. On le referme : on le partage avec tout le monde. Un livre, c'est l'île aux trésors. "


lundi 30 juillet 2012

L'été est propice à la lecture

(quand on n'a pas deux enfants à occuper, des corrections à rendre et des commandes à honorer....).
En tous cas Michel Bonnet vous conseille de lire le "Carnet Rouge" et je ne peux que relayer son avis éclairé ;-)


Ici : http://www.vivre-a-chalon.com/lire_A-Chalon-aussi-l_ete-c_est-fait-pour-lire-_-Le-carnet-rouge,2303936e62a081b993506561f522af260073cb18.html

L’été c’est fait pour lire et j’ai toujours pensé que lire était une chance ! Une chance pour apprendre, pour rêver, pour se construire, pour avoir tout simplement le plaisir de se raconter une histoire dans laquelle notre marge de liberté est beaucoup plus grande que ce que l’on croit généralement. En effet, quand je lis, c’est moi qui donne le rythme de l’histoire, qui provoque son intensité, qui choisis les acteurs, leur donne des voix, des tiques, des petits aspects qui les différencient et leur donnent leurs véritables caractères. Certes, l’auteur me donne des indices, mais ma liberté est grande et c’est cette liberté du lecteur qu’il faut arriver à transmettre au jeune lecteur…


Le roman que je vous invite à découvrir aujourd’hui est un ouvrage pour adolescent – certains diraient adolescente mais je crois que ce serait une erreur – mais chaque adulte se souviendra de sa jeunesse et devrait y prendre, lui aussi du plaisir… L’héroïne est Marie, elle a 16 ans et elle vit avec sa maman dans la région de Lille. Elle est d’origine népalaise mais nous n’en savons pas beaucoup plus au départ du roman…


Bien sûr, Marie va avoir à effectuer une quête identitaire, c’est à dire qu’elle va partir à la recherche de son histoire. Elle ne pourra le faire que parce qu‘elle va trouver sur son chemin un carnet rouge… Il s’agira d’un texte écrit par sa grand-mère qu’elle croyait morte et qui va raconter sa jeunesse. Elle va ainsi offrir à sa petite fille, à travers le temps et l’espace, les clefs de son histoire alors que la maman s’était tue depuis toujours comme si elle avait honte de ses origines…


Marie ne va pas tout comprendre instantanément à la lecture du cahier car il ne s’agit pas seulement d’une histoire humaine, il s’agit de comprendre ce que cela peut entrainer pour elle, dans sa propre vie, dans ses rapports avec sa mère, avec les autres. Heureusement, Marie est accompagnée par son meilleur ami, celui à qui on peut tout avouer, celui qui comprend avant même que l’on ait eu le courage de tout dire… Il se prénomme Alex…


Maintenant que le cadre est posé, tout le cœur du roman repose sur le contenu de ce cahier. Qui était cette grand-mère ? Pourquoi sa mère ne lui a jamais dit qui elle était ? Ce qu’elle avait fait dans sa vie ? Pourquoi ne pas lui avoir dit qu’elle était elle aussi en France ? Pourquoi l’avoir privée de grand-mère ?


Je n’ai pas envie de vous révéler le contenu des mémoires de la grand-mère. Vous le découvrirez en même temps que Marie, comme moi et cela fera le charme de ce beau roman, très bien écrit et doté d’un fond humaniste bien agréable. Oui, dans une telle histoire, nous sommes bien éloignés des super-héros, quoi que, finalement, la grand-mère ait eu un petit aspect hors normes…

Dans cette histoire, vous allez aussi découvrir quelques-unes des coutumes népalaises car le Népal est un petit pays que nous ne connaissons pas bien. Certes on connaît sa capitale et ses montagnes, pour le reste…

Ce pourrait être aussi l’occasion d’une lecture de famille avec des discussions ultérieures qui permettraient aux enfants de connaître leur propre histoire. Pourquoi gardons-nous tant de secrets au fond de nos mémoires ? Pourquoi ne pas dire les choses, tout simplement ? Quand on mesure les conséquences individuelles et collectives des secrets de famille, on se dit que l’on devrait tous écrire des Carnets rouges… En attendant, prenons le temps de le lire !


  • On trouve également ici : http://boumabib.fr/2012/07/20/on-na-rien-vu-venir/ une critique de "On n'a rien vu venir", notre livre à 7 mains (avec Anne Gaelle Balpe, Sandrine Beau, Agnès Laroche, Clémentine Beauvais, Fanny Robin, Severine Vidal et moi-même)

Le Parti de la Liberté a gagné les élections. Une partie de la population est en liesse, l’autre commence à frissonner de peur. Le nouveau pouvoir proclame très vite de nouvelles lois : l’heure à laquelle se lever, quoi manger, boire, dire ou chanter. La liberté est contrôlée. 7 voix, 7 enfants d’un même village nous racontent leur quotidien bouleversé.
J’introduirais mon billet en portant votre attention sur le fait que tous les auteurs sont des femmes. Je ne sais pas si c’est voulu ou si c’est un fait du hasard mais j’aurais quand même bien aimé un peu de parité ici aussi De plus, j’ai trouvé dommage que les textes ne soient pas signés. On ne sait qui a écrit quoi. Mais bon, cela ne nuit en rien à ce très bon roman dont je vais vous parler aujourd’hui.


Chaque chapitre est écrit comme une nouvelle par un auteur différent et montre le point de vue d’un enfant. Chacun porte un regard différent sur la nouvelle situation du pays, de leur ville et de leur entourage. Mais plus qu’un amas de nouvelles regroupées, on sent le travail de groupe des auteures. On retrouve dans chaque histoire des indices menant à une autre. Les enfants se connaissent, parfois de près, parfois de loin, et portent une vision sur la vie des autres. Le livre montre de multiples réactions à la montée de l’extrémisme : la fuite, l’attente, la rébellion, le conformisme, la résistance… Chacune ayant sa propre répercution sur la vie de l’enfant et de la communauté.


Le texte est bien fait car il montre comment un parti extrémiste peut arriver au pouvoir (n’oublions pas qu’Hitler a tout d’abord été élu). En tant qu’adulte, on aimerait voir les choses un peu plus poussées, approfondies, qu’elles restent moins en surface. Pour moi, ce roman est surtout une invitation au dialogue avec les enfants afin de ne jamais laisser se reproduire les erreurs du passé. Je conseillerais ce livre à partir de 10/11 ans car il faut déjà avoir quelques notions d’histoire ou de politique…