Merci Clarabel pour cette belle feuille sur mon "Carnet Rouge" !
A voir ici :
http://blogclarabel.canalblog.com/archives/2012/07/09/24668804.html
09/07/12
J'avais tant de rêves dans la tête...
C'est vrai qu'en tournant la dernière page de ce livre, on se dit instinctivement qu'on vient de lire un témoignage bouleversant sur la destinée des Kumaris, ces petites filles enlevées à leur famille dès leur plus jeune âge afin d'incarner la déesse, sauf qu'à l'adolescence celles-ci étaient abandonnées, livrées à elles-mêmes, sans éducation, ni expérience de la vraie vie. Une pure déchéance, donc.
Et puis on réalise que c'est aussi l'histoire d'une adolescente de 16 ans, Marie, qui a grandi seule avec sa mère, sans jamais connaître ses racines. De ce manque de famille est venu un besoin de s'accrocher à des rêves, à une culture népalaise dont Marie était si fière, si curieuse et si étrangère aussi... Cela a toujours constitué une bataille entre la fille et la mère, puisque celle-ci est fâchée avec sa famille et qu'elle a rejeté ses souches, interdisant ainsi à sa propre fille de tomber dans un rêve éveillé.
Mais Marie est tenace, sauf qu'en découvrant l'histoire de sa grand-mère, ce sera comme un électrochoc, surtout qu'elle avait tant fantasmé sur ses origines. Cette lecture est riche en multiples bouleversements et autres révélations que Annelise Heurtier nous offre. Voilà sans conteste un roman prenant, poétique et sensible, autour d'une héroïne très attachante. J'ai adoré.
Le carnet rouge, par Annelise Heurtier
Casterman, 2011 - illustration & graphisme : Djhor
BREAKING NEWS
! BREAKING NEWS ! Je quitte la Martinique à l'été 2022. N'hésitez pas à me solliciter pour programmer des rencontres dès la rentrée, je serai enchantée de vous retrouver !
mercredi 11 juillet 2012
vendredi 6 juillet 2012
Sélection !
Cinquième sélection pour mon "Carnet Rouge" (Casterman) !
Cette fois, c'est pour le Prix du Livre jeunesse de Lorient 2012 qu'il est en lice ! Il devra cotoyer "Je préfère qu'ils me croient mort" (Rouergue), Silence (Syros), la fille sur la rive (Rouergue), la faute de Rose (Thierry Magnier) et les Invités (Thierry magnier).
Bonne chance à tous...et surtout à moi !^^
Cette fois, c'est pour le Prix du Livre jeunesse de Lorient 2012 qu'il est en lice ! Il devra cotoyer "Je préfère qu'ils me croient mort" (Rouergue), Silence (Syros), la fille sur la rive (Rouergue), la faute de Rose (Thierry Magnier) et les Invités (Thierry magnier).
Bonne chance à tous...et surtout à moi !^^
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mardi 3 juillet 2012
Des images et du son !
Vivement la rentrée !
Et oui ! Il faudra encore patienter quelques semaines pour lire, toucher et écouter un de mes textes, transformé par Benjamins Media en un superbe album- CD.
Je viens de recevoir quelques images, alors je ne résiste pas au plaisir de les partager ici.
J'adore la "patte" de Cécile Gambini !
Et vous trouverez ici : http://youtu.be/tJjfZN1ZyPo une petite mise en bouche sonore !
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mardi 26 juin 2012
Intervention
Voilà quelques photos de mes interventions à l'école d'Ahutoru, au mois de juin.
Les deux classes de CP ont travaillé en particulier sur "le mystère des lettres de Noël" (averbode) et "les étranges disparitions" (Actes Sud).
Je dis bravo à tous les enfants que j'y ai croisés ainsi qu'aux deux institutrices, qui savent à la fois "tenir leur classe", motiver les enfants et leur donner envie d'apprendre !
Merci, également, au Centre de Lecture, qui a brillamment organisé les rencontres.
La première séance a été axée sur la découverte du "métier" de l'auteur (questions / réponses) ainsi que sur l'objet-livre.
Aussi, pour expliquer aux enfants comment "naît" un livre, je leur ai proposé un petit jeu composé de vignettes illustrées à remettre en ordre (l'idée de l'auteur / la rédaction / l'envoi aux éditeurs / .....)
Ensuite, nous avons débriefé ensemble (je déteste ce mot mais avouons qu'il va bien ici), et pour que ce soit plus concret, je leur ai montré :
- le manuscrit original,
- les "suggestions" (comme on dit ^^) de corrections de l'éditeur,
-le contrat,
- le chemin de fer,
- les recherches d'Aurore Petit, l'illustratrice...
| Là j'ai pas l'air hyper enthousiaste mais ce doit être un moment d'égarement. Peut-être que je venais de me rendre compte que je ne savais plus si j'avais oublié d'éteindre le four. |
Le brouillon à droite, l'image finale à gauche ! (et les vieilles scholl aux pieds !)
Ensuite, je leur ai lu l'album (la moitié seulement !) ...les enfants devaient réfléchir à une fin avec leur maîtresse.
Quelques jours plus tard, les enfants sont venus travailler au Centre du Livre :
Où ils ont réalisé quelques travaux artistiques :
les "i" à la manière d'Aurore Petit et de Mondrian (savant mélange !)
Les lutins :
La lecture de la fin du livre, lors de la 2° intervention :
Pour me remercier, les enfants avaient préparé une petite représentation théâtrale avec des masques en papier mâché : extra !
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mardi 19 juin 2012
Me voilà revenue de plusieurs mois d'immersion...
Aux Etats-Unis, dans les années soixante !
J'ai enfilé une jupe à crinoline et me suis laissée conduire dans une Oldsmobil Super 88, Frankie Lymon à fond dans l'auto-radio...
C'était bien. En tous cas j'ai bien accroché. J'espère que mon roman le sera également (accrocheur, vous avez compris).
Pour l'instant, je l'ai baptisé "Sweet sixteen", en référence au seizième anniversaire des jeunes filles, fêté de manière si particulière là-bas.
Comportant 200 000 signes (150 pages A4 environ) et destiné à des lecteurs de 14 ans minimum, il s'inspire de l'un des nombreux et tragiques évènements ayant jalonné le mouvement pour les droits civiques....
Voici le prologue !
Mai 1954
J'ai enfilé une jupe à crinoline et me suis laissée conduire dans une Oldsmobil Super 88, Frankie Lymon à fond dans l'auto-radio...
C'était bien. En tous cas j'ai bien accroché. J'espère que mon roman le sera également (accrocheur, vous avez compris).
Pour l'instant, je l'ai baptisé "Sweet sixteen", en référence au seizième anniversaire des jeunes filles, fêté de manière si particulière là-bas.
Comportant 200 000 signes (150 pages A4 environ) et destiné à des lecteurs de 14 ans minimum, il s'inspire de l'un des nombreux et tragiques évènements ayant jalonné le mouvement pour les droits civiques....
Voici le prologue !
Mai 1954
Ms Carter jeta un regard circulaire dans la classe.
C’était une petite femme gironde, au regard franc, qui enseignait au
lycée Horace Mann depuis une dizaine d’années. Dubitative, elle
demanda :
- Alors ? Est-ce que l’un d’entre vous souhaite se porter volontaire ?
Personne ne répondit. Une mouche noire entra par la fenêtre ouverte et fila droit sur le professeur, qui la chassa d’un mouvement de bras.
Après quelques secondes d’attente, Ms Carter rassembla les feuilles étalées devant elle et les classa dans une chemise de carton gris.
- Très bien. Alors passons à autre chose.
La mouche revint zigzaguer autour des cheveux du professeur, avant de se poser sur un coin de son bureau.
C’est à ce moment-là que Molly Costello sentit son bras se lever. D’abord doucement, puis plus sûrement, jusqu’à ce qu’il atteigne sa position définitive, l’index pointé vers le plafond décrépi.
Ms Carter, occupée à distribuer des polycopiés, ne la repéra pas tout de suite. C’est Trevor Forman, un redoublant de 13 ans, qui le lui fit remarquer :
- Alors ? Est-ce que l’un d’entre vous souhaite se porter volontaire ?
Personne ne répondit. Une mouche noire entra par la fenêtre ouverte et fila droit sur le professeur, qui la chassa d’un mouvement de bras.
Après quelques secondes d’attente, Ms Carter rassembla les feuilles étalées devant elle et les classa dans une chemise de carton gris.
- Très bien. Alors passons à autre chose.
La mouche revint zigzaguer autour des cheveux du professeur, avant de se poser sur un coin de son bureau.
C’est à ce moment-là que Molly Costello sentit son bras se lever. D’abord doucement, puis plus sûrement, jusqu’à ce qu’il atteigne sa position définitive, l’index pointé vers le plafond décrépi.
Ms Carter, occupée à distribuer des polycopiés, ne la repéra pas tout de suite. C’est Trevor Forman, un redoublant de 13 ans, qui le lui fit remarquer :
- Hey, Molly, t’es cinglée ou tu veux juste signaler que
le plafond est complètement pourri ?
Quelques rires fusèrent et Ms Carter fit volte face,
laissant tomber ses lunettes sur sa blouse amidonnée. Elle lança à la jeune
fille un regard interrogateur :
- Oui, Molly ? Que se passe-t-il ?
- Je suis d’accord.
- D’accord pour quoi ?
- Pour tenter l’expérience.
Ms Carter s’immobilisa. Les sourcils froncés, elle fixait Molly, qui eut du mal à interpréter son comportement. Surprise ? Fierté ? Inquiétude ou désapprobation ?
- Tu en es bien sûre ?
Molly hocha la tête, sous le regard médusé de ses camarades. A ses côtés, son amie Suzanna chuchota :
- T’es pas sérieuse ? Tu vas pas faire ça ?
Molly haussa les épaules. Après tout, elle ne risquait pas grand-chose. Entre une décision de justice et la réalité, il y avait un monde à traverser. Et puis, qui sait ? Si jamais ça se produisait, c’était tout de même un truc à ne pas laisser passer.
- Oui, Molly ? Que se passe-t-il ?
- Je suis d’accord.
- D’accord pour quoi ?
- Pour tenter l’expérience.
Ms Carter s’immobilisa. Les sourcils froncés, elle fixait Molly, qui eut du mal à interpréter son comportement. Surprise ? Fierté ? Inquiétude ou désapprobation ?
- Tu en es bien sûre ?
Molly hocha la tête, sous le regard médusé de ses camarades. A ses côtés, son amie Suzanna chuchota :
- T’es pas sérieuse ? Tu vas pas faire ça ?
Molly haussa les épaules. Après tout, elle ne risquait pas grand-chose. Entre une décision de justice et la réalité, il y avait un monde à traverser. Et puis, qui sait ? Si jamais ça se produisait, c’était tout de même un truc à ne pas laisser passer.
Et un morceau du 1° chapitre !
1957
1. Grace Anderson
La
voix de Johnny Matis s’éteignit et la chambre replongea dans une torpeur moite
et silencieuse. C’était une après-midi sans brise, engourdissante et
lente.
Brook Sanders se laissa mollement tomber à la renverse sur son lit :
- Ce type va me rendre dingue .
Elle leva un sourcil, qui prit la forme d’un accent circonflexe :
- Je suis sûr qu’il sent divinement bon. Quelque chose de distingué mais de
très viril. Le genre de parfum que l’on porte à Paris, vous voyez ?
Autour d’elle, ses trois amies sourirent.
Allongée sur le couvre-lit à fleurs, Grace Anderson, blonde et menue,
s’imaginait le nez plongé dans le cou du chanteur, face à une horde de groupies
hystériques de jalousie.
Assise au bord du lit comme pour prendre le moins de place possible, Judy
Griffin suivait des yeux les courbes du visage de Johhny Matis, qui lui
souriait sur la pochette du vinyle. Sa timidité et sa retenue naturelle
l’empêchaient de le dire tout haut, mais dans ses pensées, elle aussi se voyait
embrasser furieusement le chanteur.
Quant à Dorothy Mitchell, fille du
propriétaire de l’un des plus gros cabinets d’avocats de Little Rock, elle
s’était arrêtée de feuilleter l’un des derniers numéros de Seventeen. Le
rocking-chair sur lequel elle s’était installée émettait un petit grincement
cadencé, rassurant, à chacune de ses oscillations. Après avoir à son tour
imaginé l’odeur animale de Johnny Matis, elle reprit sa lecture au milieu d’un
article qui promettait « un maquillage naturel en moins de huit minutes ».
Dans
son ample jupe à crinoline, Grace paraissait encore plus mince qu’elle ne
l’était déjà. Les yeux brillants de malice, elle roula sur le côté, se
retrouvant soudain face à Brook :
- A côté du déhanché d’Elvis, avoue quand même que ton Johnny peut aller
se rhabiller !
Dans son coin, Judy passa du blanc à l’écarlate. Quand elles s’en aperçurent,
ses amies éclatèrent de rire. Grace leva les yeux au ciel :
- Judy, mais quelle oie blanche tu fais ! Décoince-toi un peu, on est en
1957 !
Elle saisit la jeune fille par le bras et l’entraîna au milieu de la chambre en
fredonnant les paroles du dernier tube d’Elvis Presley :
Baby
let me be,
your lovin' Teddy Bear
Put a chain around my neck,
and lead me anywhere
Grace trouvait la chose très distrayante. Elle
déployait toute son énergie pour faire bouger Judy, qui observait ces
gesticulations sans visiblement savoir que faire de son corps, le dos raide
comme une falaise.
En guise de motivation, Grace se mit à chanter plus fort, avant de se lancer
dans une imitation du chanteur :
Oh let me beeeeee
Your teddy beaaaaar
Brook était hilare. Essayant de retrouver son sérieux, elle se redressa
:
- Chuut ! Arrête, Grace ! Si ma mère t’entend chanter Elvis, je te
garantis que plus jamais tu ne passeras la porte de cette maison !
Judy profita de cette intervention pour retirer ses mains de celles de Grace.
Chez elle, comme chez la plupart des jeunes filles de bonne famille, le
chanteur était banni. Même la presse l’épinglait, dénonçant cette manière
obscène qu’il avait de bouger. « S’il faisait cela dans la rue,
il serait arrêté » avait-on pu lire dans Times Magazine,
quelques semaines plus tôt.
Grace se tapota les joues, rougies par l’effort et la chaleur de ce début de
mois d’août, avant d’ajouter :-
En tous cas, j’ai entendu dire qu’il allait donner un concert ici.
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