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! BREAKING NEWS ! Je quitte la Martinique à l'été 2022. N'hésitez pas à me solliciter pour programmer des rencontres dès la rentrée, je serai enchantée de vous retrouver !

mercredi 31 juillet 2019

Calendrier de l'Avent/Avant *Chère Fubuki Katana* !

J'ai toujours été fascinée par le Japon. Mais au final, ce que je retiens surtout des longs mois de recherches documentaires nécessaires à la préparation de *Chère Fubuki Katana*, c'est ce paradoxe entre l'expression de l'émotion dans l'esthétique japonaise, art omniprésent et porté à son plus haut point, et la dissimulation sur le visage et l'attitude de ceux qui la font. Mais peut-être n'est-ce justement pas un paradoxe, mais une relation de cause à conséquence...exprimer via d'autres supports ce qu'on ne peut pas faire avec son corps, ses mots. 

Bref, pour célébrer la sortie prochaine de ce roman (le 28 août aux éditions Casterman), je partage les plus belles trouvailles esthétiques, les pratiques questionnantes ou amusantes que j'ai glanées tout au long de ces longs mois de préparation.





* Episode 1 . Le Shibori


Il s'agit d'une technique de pliage et de teinture ancestrale, qui date de l'ère Edo, et non pas de Woodstock comme on pourrait le croire ^^











GOSP


https://www.heddels.com/2018/07/shibori-indigo-tie-dye-via-ancient-japan/?fbclid=IwAR1j9YWSuCqwj4vp6M_jyq2HM1Ux4Yi_moq2i--Thig4ie_jWC7CcRVkKJA







*Episode 2. Le Kintsugi


Le kintsugi est un autre art ancestral, qui pourrait se définir simplement par l'art de sublimer les fêlures plutôt que de chercher à les faire disparaître. Très concrètement et au delà de la métaphore évidente, il s'agit de réparer des céramiques cassées avec de la laque d'or...



 Un extrait du site Lifegate.com


Lorsqu'un bol, une théière ou un vase précieux tombe et se brise en mille morceaux, nous les jetons avec colère et regret. Pourtant, il existe une alternative, une pratique japonaise qui met en valeur et améliore les pauses, ajoutant ainsi de la valeur à l'objet brisé. Cela s'appelle kintsugi (継 ぎ), ou kintsukuroi (繕), littéralement doré («kin») et réparateur («tsugi»).
Cet art traditionnel japonais utilise un métal précieux - or liquide, argent liquide ou laque, saupoudré d'or en poudre - pour réunir les morceaux d'un article de poterie brisé tout en renforçant les cassures. La technique consiste à joindre des fragments et à leur donner un nouvel aspect plus raffiné. Chaque pièce réparée est unique en raison du caractère aléatoire de l'éclatement de la céramique et des motifs irréguliers formés qui sont renforcés par l'utilisation de métaux.









* Episode 4 : le kirie 切り絵


Le Kirie "papier découpé", est un art millénaire qui date de 610 de notre ère, lorsque le papier chinois a fait son apparition au Japon. Il exige patience et minutie, car chaque motif doit être réalisé à partir d'une seule feuille de papier. 
D'abord utilisé pour des raisons religieuses (placés à certains endroits dans les temples, les papiers découpés étaient censés attirer la chance et le bonheur), il constitue aujourd'hui un art à part entière.












* Episode 5 : les kigo きご



Au quotidien, dans la littérature ou les haïkus, on aime évoquer la saison, le temps qu'il fait ou la période de l'année. Par exemple, dans un courrier officiel, il est de bon ton de mentionner la saison dans les premières lignes (" Nous sommes en automne, saison de fraîcheur. Nous espérons que vous vous portez bien ").  Au Japon, on compte d'ailleurs 24 saisons et 72 micro-saisons, déterminées par un minuscule changement climatique ou un comportement animalier.  Les kigo sont des mots ou expressions utilisés dans des haïkus et qui se réfèrent à une saison. Souvent explicites (par exemple, la glycine, les fleurs d'orangers sauvages et le coucou pour le début de l'été) ils sont au centre de l'expérience esthétique offerte par le haiku.  
On en compte plus de 10 000, consignés dans des Saijiki ou dictionnaires de mots de saison, sortes d'almanachs poétiques. 















* Episode 6 : 侘寂 le wabi-sabi

Calendrier de l'avent, épisode 6.
Aujourd'hui, le 侘寂 Wabi sabi, ou l'esthétique de l'humilité !
Le wabi sabi est une philosophie de vie très présente au Japon, plus facile à ressentir qu'à expliquer..
Moi qui ne suis pas japonaise (sans blague) ai encore plus de mal à faire une synthèse de tout ce que je voudrais en dire !
En simplifiant, l'esthétique du wabi-sabi se base sur deux axiomes :
- la plénitude, la modestie gratifiante que l’on peut éprouver face à la puissance de la nature
- l'acceptation de la marche du temps et donc de l'impermanence.
Le wabi-sabi, c'est percevoir la beauté dans la simplicité, c'est nourrir un sentiment de gratitude envers les petites choses du quotidien, en en acceptant les imperfections et la fugacité.
C'est contempler le Beau dans l'accroc sur une pièce de lin, dans la cicatrice qui zebre un tronc d'arbre, dans le bruit de la rivière qui s'écoule, dans les rides au coin des tempes...c'est accepter et aimer les choses telles qu'elles sont.
Wabi-sabi, c'est un rapport sain et respectueux face à son environnement et soi-même...très très loin des injonctions à la consommation.
« Le Wabi Sabi est une appréciation intuitive d’une beauté éphémère dans le monde physique qui reflète le flux irréversible de la vie dans le monde spirituel. »
Andrew Juniper, (Wabi Sabi: The Japanese Art of Impermanence, 2003)




https://wearejustlooking.org/wabi-sabi-photography/


Wabi Sabi Suki: The Essence of Japanese Beauty Paperback –
1993
by Itoh Teiji

 https://www.digsdigs.com/japanese-aesthetic-35-wabi-sabi-home-decor-ideas/pictures/87116/


* Episode 7 : 風呂敷 le furoshiki


Aujourd'hui, 風呂敷 le Furoshiki, ou l'art de l'emballage.
A l'ère Edo, pour se rendre aux bains publics, on transportait ses produits de toilette et ses vêtements dans un petit foulard noué. Peu à peu, ce système s'est transformé pour recouvrir des usages plus larges, devenant une délicate manière d'emballer des cadeaux et des objets du quotidien (bentos par exemple) et/ou de les transporter.
Les couleurs et les motifs du Furoshiki qui va servir à offrir un cadeau doivent être adaptés à l'occasion, au message que l'on veut véhiculer, mais aussi à la personne à qui on l'offre. Le choix des teintes est essentiel (rouge, doré, vert clair, bleu clair pour des évenements heureux par exemple). Les motifs eux aussi on une signification précise (par exemple les feuilles d'érable pour l'automne, les vagues comme symbole de bon présage, le lapin comme porte-bonheur, le coquillage pour la fidélité...).
Il existe également un autre art de l"emballage" au Japon, le Shibari... dont la maîtrise comporte des enjeux autrement plus importants :-)
https://www.lepoint.fr/monde/le-shibari-jeu-erotique-mortel-12-09-2011-1372417_24.php


source http://xn--fabriquenutopie-hnb.fr/2016/12/la-mere-noel-est-zen/  

source : site du gouvernement japonais

Monotype par Eve Servent http://eveservent.com/shibari-monotypes/






* Episode 9 : les bars à câlins


A Tokyo, les bars à thèmes sont très courants. On ne présente plus les bars à animaux (ayant connu le succès que l'on sait, ils ont essaimé hors de l'archipel...il y en a même un à Besançon) les bars à manga (One piece, Moomin..) ou les bars concept type cimetière, prison, surprise (vous mangez/buvez ce qu'un autre client a commandé pour vous)....
Plus récemment, on a vu apparaître les "bars à câlins".
L'idée est simple : moyennant finance, vous pouvez vous allonger aux côtés d'un homme ou d'une femme. En supplément : le regard dans les yeux ou le "hug" de quelques secondes. Rien de sexuel dans tout cela, juste la recherche du contact humain.
Au delà du "Sekkusu shinai shokogun" , le syndrome du célibat, on est au carrefour de facteurs sociologiques, technologiques et même géographiques. Certains semblent propres à l'archipel, mais des sociologues avancent l'idée que le Japon a juste un temps d'avance sur nous...et qu'un jour ou l'autre, on aura nous aussi besoin de payer pour sentir la peau de quelqu'un.

Un article très intéressant, pour aller plus loin : 







* Episode 10, le  掃除 le soji !

Au Japon, dans la plupart des établissements scolaires, le ménage est effectué par les élèves eux-mêmes (et non pas par les "dames de ménage") et ceci, depuis la maternelle. 
L'idée du soji n'est pas de faire des économies, mais d'enseigner l'humilité, la modestie et la solidarité aux élèves...et surtout le respect du bien commun et de l'environnement dans lequel on vit. On nettoie en groupe, pour le groupe, et j'imagine qu'on n'entend pas souvent les "c'est pas moi !"  "donc je ne ramasse pas").
Le ménage s'effectue tous les soirs, à tour de rôle : on balaye et lessive le sol, on vide les poubelles, on nettoie les toilettes, les vestiaires du gymnase...La veille des vacances, un grand ménage est organisé, mobilisant toute l'école.
Dans le même ordre d'idée, à la cantine, ce sont souvent les enfants qui servent eux même leurs camarades, et qui débarrassent et nettoient les tables.
«Nettoyer les toilettes polit nos esprits»...je vais essayer de le répéter à mes enfants..
source ichibanjapan.com

source japanziation.org

source animons-nous.com

source beawoman.com

source sarahmoersfleder







* Episode 11, le solo wedding

Les jeunes japonais seraient de moins en moins intéressés par le mariage en tant qu'institution. En cause, la précarisation, le manque de confiance en l'avenir et pour les femmes, la difficulté, voire l'impossibilité de concilier famille et carrière professionnelle (malgré les efforts du gouvernement pour changer les mentalités, c'est encore souvent l'un ou l'autre : 70% des femmes s'arrêtent de travailler lorsqu'elles se marient). 

Partant de ce constat et pour contenter les actives qui nourriraient des regrets, une société a lancé le concept du solo wedding. Comme son nom l'indique, l'idée est de se marier...avec soi-même.
La prestation comprend les essayages en boutique (robe à l'occidentale ou kimono traditionnel), le passage chez le fleuriste, la nuit et le repas gastronomique dans un hôtel de luxe. Le lendemain, la cliente se fait coiffer, maquiller, habiller, et est conduite dans un jardin pour un shooting photo qui lui permettra de se constituer un bel album.
Bon, si la mariée le souhaite, elle peut choisir, en supplément, un faux marié sur catalogue. Cela peut être pratique dans une société où il est assez mal vu, pour une femme, d'être célibataire...et dans laquelle il est très compliqué de se marier après 35 ans. D'où l'envie d'avoir aussi des photos "à 2" pour rassurer la famille ou les proches....



source :zinjapan.wordpress.com
source lostatemiror.com







* Episode 12,  和菓子les wagashi


Au Japon, le repas traditionnel ne comprend pas de dessert et les pâtisseries, bien différentes des nôtres, sont plutôt servies à un autre moment de la journée et notamment pour accompagner le thé.
Outre leur raffinement extrême, ce que j'aime dans ces wagashi (et notamment dans les jo-namagashi, les plus sophistiquées), c'est ce qu'elles racontent. On est loin de la part de pudding insipide ou du brownie industriel mangé sur un trottoir ou dans le métro, sans conscience (quelque chose qui me dépasse totalement).
Avec les wagashi, on est dans le respect de soi et de l'autre, dans la délicatesse et la beauté, dans le cadeau, dans l'éphémère. Rien n'est laissé ni servi au hasard. Les pâtisseries sont à mettre en rapport avec une occasion ou les saisons, et leur fabrication vise à charmer les 5 sens, d'où leur autre appellation, “Art of the Five Senses”.
Il existe des wagashi plus communes, d'un style plus kawai, mais toujours très travaillées.


pâtisseries de juin par Kyoto Saryo

créations Minamoto Kitchoan

patisseries d'automne, Tsukimi, fêtes de contemplation de la lune








* Episode 13, les kitkat ! 


J'imagine que vous connaissez tous les kitkat, cette barre chocolatée crée dans les années 30 en Angleterre et commercialisée aujourd'hui par Nestlé. 
Les japonais qui font du tourisme chez nous doivent se trouver un peu circonspects devant nos rayons qui en proposent 2 ou 3 déclinaisons...Chez eux, le kitkat est proposé sous plus de 300 versions. Edamame, wasabi, brandy, patate douce, concombre, pastèque et sel, bubble gum, cheesecake, tofu, vin, thé vert, miso, châtaigne, soja, cerise, sirop d'érable, fruit de la passion, à griller, à mettre au four, durian (!!)...sans compter les parfums locaux qu'on ne trouve qu'à certains endroits du japon et qui font donc des omiyage idéaux (les présents que l'on ramène obligatoirement lorsque l'on se déplace), ou les saveurs thématiques, en fonction des saisons.
Ce succès s'explique par la proximité phonétique du kitkat avec l'expression きっと勝つ [kitto katsu], qui signifie "tu vas réussir". La marque a saisi l'opportunité marketing pour le positionner comme la friandise de la réussite et le kitkat s'est imposé comme le chocolat que l'on offre ou que l'on s'offre lors des examens. Nestlé a même conclu un partenariat avec la Poste : sur l'emballage, des espaces permettent de noter l'adresse de la personne à qui on veut l'expédier ainsi qu'un message, il suffit alors de se présenter à la Poste pour l'envoyer !
Pendant l'écriture du roman, j'ai trouvé du kitkat thé matcha dans une boutique asiatique (10 euros le paquet). Le mariage sucre/âpreté en fin de bouche est très réussi !



la carte des kitkat régionaux

du kitkat au durian, pour les aventuriers (source metro.jp)


au départ un poisson d'avril, les kitkat sushi ont fini par être réellement fabriqués,
devant l'engouement général ! 








* Episode 14,スリッパ les surippa



Je suis la première à trouver qu'il n'est vraiment pas hygiénique de garder ses chaussures lorsque l'on rentre chez soi et pour ma part, je le fais même lorsque je suis invitée chez quelqu'un - ou je le propose, au moins.
Au Japon, entrer quelque part en chaussures est inconcevable. Les maisons s'ouvrent sur un "genkan", entre-lieu fondamental qui joue le rôle de frontière entre Uchi et Soto. Uchi est synonyme de maison, de famille, d’intérieur et de communauté, Soto est synonyme de dehors, d’extérieur et d’étranger, et cette opposition fondamentale détermine tant les relations sociales que spatiales.
Dans le genkan, donc, on ôte ses souliers et on peut enfiler les chaussons appropriés (il y en a toujours pour les invités). L'idée est de laisser les choses sales et souillées à l'extérieur avant de pénétrer dans cette sorte d'opisthodome domestique et sacré. Le visiteur doit attendre que son hôte l'invite à pénétrer dans la maison, avec la formule consacrée : dōzo, o-agari kudasai « veuillez monter s'il vous plaît », ce à quoi il faut répondre: o-jama shimasu « permettez-moi de vous déranger ».
A l'intérieur même de la maison, on peut trouver des chaussons spéciaux que l'on met en rentrant dans certaines pièces à la symbolique plus marquée, par exemple les toilettes.
Cette pratique du déchaussage ne se limite pas à son chez-soi. Toujours dans cette idée du uchi/soto, on enlève ses souliers avant d'entrer chez le médecin, le gynéco, dans les écoles, dans les restaurants, les entreprises et parfois même dans les magasins.
Cela me rappelle un peu Tahiti, finalement

genkan traditionnel, source photo nisekoproject.com

chaussons devant les toilettes source gilanik.com






* Episode 15,  指詰め, le yubitsume ou auto-ablation de l'auriculaire 


La pratique, qui consiste donc à se trancher le petit doigt, est une fantaisie qui se pratique dans le milieu Yakuza.
L'idée est de laver une erreur (ou celle d'un autre, un membre de sa famille par exemple) ou un manquement à ses devoirs envers le Clan. Bref, il s'agit d'un acte expiatoire. 
Le rituel est codifié : le fautif doit s'y coller lui même, en tranchant à l'aide d'un couteau spécial la partie située au-dessus de la jointure supérieure du doigt. Le morceau est ensuite enveloppé dans un tissu blanc et soumis, très gracieusement et avec les deux mains, à l'Oyabun (le chef).
Si une autre faute est commise, le yakuza réitère l'opération avec les autres doigts.
"Alors va pour l'annulaire. J'ai essayé le bon vieux couteau de cuisine, mais c'était trop épais, la lame ne rentrait pas dans le muscle. Avec un frère on en est venu à bout avec un marteau et des ciseaux. Dieu que j'ai eu mal!"
En 1993, une étude a montré que 45% des yakuzas avaient au moins 1 doigt coupé, et 15% au moins 2.
Aujourd'hui, le Yubitsume s'est modernisé. Déjà, il n'est plus systématique, surtout par souci de discrétion, et il peut se pratiquer à l’hôpital. Et pour ceux qui, comme le ministre de la Justice (!) Tanaka auraient besoin de cacher leur passé dans la pègre, il est toujours possible de se faire poser des prothèses...


source tvtropes.org

source la depeche.fr
















* Episode 16,  招き猫les maneki neko  


Les Japonais sont friands de porte-bonheur et il en existe de toutes sortes. Le plus connu de nous, occidentaux, est peut-être le Maneki-Neko, ce chat qui lève une patte opiniâtre à l'entrée des magasins ou à proximité de la caisse enregistreuse.
Le plus souvent, on l'utilise pour attirer la richesse (patte droite) ou le succès. Mais on en trouve plusieurs déclinaisons colorées, en fonction du type de chance que l'on veut générer :
Tricolore : la plus populaire, l'association de ces couleurs jouant un rôle d'amplificateur des qualités porte-bonheur
Blanc : attire la chance en général
Vert : réussite scolaire
Noir : sécurité physique (très populaire auprès des femmes)
Rouge : santé
Doré : richesse
Rose : amour
Jaune : réussite dans le couple
Si vous allez à Tokyo, ne manquez pas le temple bouddhiste qui lui est dédié. A Gotoku-Ji, plusieurs milliers de ces chats sont exposés sur des autels au milieu d'un superbe jardin.



les maneki neko du temple gotoku-ji, source The japan times

source japan info.com











mardi 2 juillet 2019

Bravo Alexis

Cette semaine, j'ai reçu une nouvelle qui m'a réjouie !
Alexis est un élève de CAP que j'ai rencontré l'année dernière (avec sa classe), dans le cadre de la fête du livre de Montbrison.
Après mon passage, il a tenté sa chance au concours de nouvelles organisée par les bibliothèques de Saint Etienne...et l'a remporté.

https://www.leprogres.fr/loire-42-edition-forez/2019/06/23/alexis-bardet-laureat-du-concours-de-nouvelles

Je suis très flattée d’apparaître plusieurs fois en guest star dans son texte :-) que j'ai trouvé vraiment bien écrit et composé.
Je vous laisse en juger par vous-même.

Bravo Alexis ! Je suis très heureuse pour toi et je t'adresse toutes mes félicitations, avec un grand sourire. Je ne sais pas s'il sera aussi lumineux que celui que tu me prêtes dans ton texte mais en tous cas il est sincère :-)


 Le cri

Une nouvelle d'Alexis Bardet, élève en CAP APR (Agent Polyvalent de Restauration) au lycée du Haut Forez de Verrières en Forez.



Il remarqua sur le sol un morceau de verre brisé qui semblait différent des autres par sa luminosité, sa rondeur sur l’un des côtés, il brillait tel un diamant sous les projecteurs de la rue. Alexis se baissa, le scruta et le mit dans sa poche. Il viendrait compléter sa collection d’objets disparates. Cette trouvaille était-elle liée au bruit de verres explosés qu’il avait perçu avant ? Il supposa que oui.
Sur le sol, un peu plus près du bar, des morceaux de verres brisés étaient éparpillés. 
Nous étions vendredi soir, le week-end approchait et de nombreuses personnes le fêtaient. Des éclats de voix, des bruits diffus trouaient le calme de la nuit. Alexis, qui habitait pas très loin du café, n’y prêtait plus attention tellement il y était accoutumé. A cette heure tardive, il y en avait toujours, mais ceux-ci persistaient et à force devenaient dérangeants.
Il se rapprocha tout doucement et là, il vit deux personnes s’empoigner violemment. Le barman, si pacifique habituellement et même nonchalant, était sorti et gesticulait, accompagné d’une foule qui vociférait. Une bagarre éclata, toutes les personnes se mêlaient les unes aux autres, s’arc-boutaient comme dans une mêlée de rugby, se donnaient des coups. 
Comment cela allait-il se terminer ?  Où étaient ses trois amis qu’il devait rejoindre au bar ? Il ne les voyait pas. Alexis ne présageait rien de bon. 
Tout d’un coup, un cri aigu et strident troua la mêlée. Tout le monde s’arrêta net. Les personnes s’écartèrent les unes des autres à la vitesse d’un éclair.  Les visages, écarlates de colère virèrent au rosé puis au blanc. Un individu était à terre. Du sang coulait de son oreille gauche. Très vite, un habitué du bar lui palpa le poignet, il ne respirait plus. Un autre lui fit un massage cardiaque pendant que le barman appelait les secours. Il n’y eut rien à faire, il était passé de vie à trépas. 

Depuis ce jour, ce fut le début d’une longue enquête.
Les policiers commencèrent tout d’abord par interroger toutes les personnes qui étaient dans le bar, puis, le lendemain, ils les convoquèrent chacune à leur tour au commissariat de police. Et ce fut le lot des questions habituelles auxquelles Alexis ne put échapper.
« Déclinez votre identité, votre date de naissance. »
« Que faisiez-vous hier soir au bar ?»
« Connaissiez-vous la victime ? »
Il répondit à cela :
« Je m’appelle Alexis Bardet. Je suis né le 13 janvier 1987.  Hier soir, je devais prendre un verre avec mes amis. Non, je ne connaissais pas la victime ». Il fallut ensuite nommer les  amis pour vérifier si ses dires étaient véridiques et préciser à quel moment il était arrivé.
Cela dura une heure. 
Mais ce qu’Alexis ne savait pas à ce moment-là, c’était qu’un inspecteur de la criminelle avait trouvé le soir même, par terre, au milieu des autres verres, un, plus arrondi, presque similaire à celui qu’avait ramassé Alexis et qu’il l’avait envoyé analyser. 
C’était un diamant, celui d’un vol de bijoux commis place Vendôme, chez Boucheron.
Alexis, de retour chez lui, en cherchant les clés dans sa poche, palpa le morceau de verre, il s’en empara et le déposa sur une étagère où s’accumulait un bric à brac d’objets hétéroclites ramassés au hasard de ses promenades. Des cailloux, des morceaux de fer prônaient là comme des trophées. Alexis aimait les regarder se rappelant ses randonnées à la campagne ou ses flâneries dans les rues. Chacun avait une petite histoire bien précise et il se disait que plus tard, il écrirait un livre dans lequel il raconterait chacune de ses petites excursions. Il fallait bien trouver de quoi occuper les jours de pluie ! Enfin, c’est ce qu’il se disait mais il fallait bien l’avouer, il aurait aimé être écrivain, il était subjugué par cette profession. Et là, avec ce morceau de verre luisant et arrondi, il tenait peut-être le sujet d’un livre. Annelise Heurtier, n’avait-elle pas lancé à la cantonade lorsqu’elle était venue au lycée professionnel et qu’il l’avait interrogée sur son métier : « Des idées, on peut en avoir plein. Mon travail d’auteur est de repérer les graines de fleurs et de choisir celles que je vais faire pousser ! ». Lui, élève de CAP,  avait trouvé cette métaphore sublime. Ce morceau de verre se transformerait peut-être en graine de fleur qui l’inciterait à écrire un roman, digne de ce nom !
La sonnette le tira de ses rêves. C’était Thomas l’un des trois amis qu’il devait rejoindre au bar. Ils n’avaient pu discuter hier soir comme promis. Thomas était très bavard et là sa faconde était intarissable. Il s’était renseigné, il savait… C’est ainsi qu’Alexis, en une fraction de secondes, apprit que la bagarre dans le café opposait au début la victime et un autre homme dont les éclats de voix insistaient sur le mot « casse », « Boucheron », « cachette »… Comme tous les deux en étaient venus aux mains, certains habitués avaient voulu les séparer mais au lieu de régler l’affaire, cette dernière s’était envenimée car les personnes étaient plutôt en état d’ivresse. Une parole de travers et ce fut des coups qui pleuvaient. Le barman, avec son flegme britannique, avait essayé de les pousser dehors, aidé par d’autres personnes conscientes du danger mais, plus ils essayaient, plus les autres se rebellaient ce qui donna une mêlée générale. Que le genre humain est stupide pensa Alexis ! Voila comment se termine le fait de vouloir aider son prochain! Puis, son regard, se posant sur un livre policier qui trainait sur un coin de la table, s’illumina : voici un beau sujet de roman ! Il pourrait broder autour. Submergé par sa découverte, il ne pensa même plus au verre déposé sur son étagère. 
Une fois Thomas parti, Alexis essaya d’élaborer le schéma narratif de son futur livre. Il imagina une rixe entre mafieux mais il lui fallait un prétexte et c’est là qu’il se remémora les paroles de son ami. Le mot « diamant » lui éclata au visage comme une bombe à retardement. Un frisson lui parcourut le corps. Il fixa l’étagère. Ce morceau de verre arrondi ne serait-ce pas un diamant ? Il se leva, se dirigea vers lui, le palpa, puis il eut une idée géniale. Il allait chercher sur l’ordinateur la réponse à sa question. Il trouva : « minéral transparent composé de cristaux de carbone pur ». Puis « Prenez un morceau de papier de verre et frottez le contre votre pierre. Les vrais diamants resteront intacts alors que d'autres pierres, comme le zirconium cubique, seront abimées ». Il fit le test, le morceau de verre ne semblait pas rayé, mais Alexis n’était pas convaincu. Il poursuivit avec celui de la buée, le diamant ne s’embua pas rapidement puis celui du verre d’eau où il coula telle une pierre. Il devait se rendre à l’évidence, il était bel et bien en possession d’un diamant. La surprise était de taille. Il se mit à crier de joie. 
Trois jours plus tard, il décida de réaliser son rêve grâce à ce diamant. Ecrire un roman sur sa trouvaille. Le jour même, il se mit devant l'ordinateur, des idées défilaient dans sa tête comme dans un carnaval, mais une question l'interpellait « Quel titre choisir ? ». Il y réfléchit longuement puis il se décida subitement, comme un jet de lumière sorti du néant pour : «  Ma découverte ». Il se rappelait alors ce que Annelise Heurtier leur avait dit au sujet des romans. 
Après cinq mois de travail acharné, il acheva d'écrire son livre.
"Mais qui allait-il intéresser ? Fallait-il l'envoyer à un éditeur, à plusieurs ? Cette démarche ne servirait-elle pas à rien ? N'était-il pas qu'un minable auteur ? Qu'en avaient à faire les autres de ses découvertes ?"
Finalement, il se résolut à envoyer le manuscrit à un seul éditeur. Il lui dirait peut-être ce qu'il en penserait.
L'attente fut longue et passa même dans l'oubli jusqu'au jour où le facteur, l'un de ses amis, qu'il rencontra dans la rue, lui remit un pli cacheté.
Alexis ne prit garde à l'adresse de l'expéditeur. Il l'ouvrit tout en sirotant un jus de fruit au bar, le même où il avait découvert le diamant. 
La réponse était favorable, il fallait juste changer quelques petites phrases avant que le manuscrit soit envoyé à l'imprimeur.
Alexis poussa de nouveau un cri de joie qui fit retourner tous les gens attablés. 
Le livre eut un grand succès. Mais ce qui plut le plus à Alexis, ce fut le coup de téléphone d'Annelise Heurtier qui lui demanda s'il voulait faire une séance de dédicaces avec elle à Saint-Etienne. Elle y était conviée  pour la fête du livre et le concours annuel des nouvelles. Ce fut avec allégresse qu'Alexis accepta. 
Arrivé sur place, Annelise Heurtier l’attendait avec un sourire aussi lumineux qu'un rayon de soleil. Alexis était aux anges. 
Les personnes, qui étaient présentes pour se faire  dédicacer le livre, lui avaient donné des ailes et de là, il se sentit une âme d'écrivain. 
Son imagination devint de plus en plus abondante. La petite graine avait poussé pour donner une jolie fleur.













                                                                                        

















vendredi 7 juin 2019

Les rencontres du mois ! Juin

En ce mois de juin, les rencontres battent leur plein et je suis à la gare quasiment tous les matins ^^



Is-sur-tille, dans le CDI en plein air !








Ensuite, Lyon, à l'invitation de la Bibliothèque municipale. J'y ai rencontré deux classes du collège de Neuville sur saone, qui avaient travaillé sur l'adaptation de Sweet Sixteen en BD. 
Les planches étaient très réussies ! 




voilà je veux une entrée avec un carrelage comme ça ^^

et ensuite un parquet comme ça dans mon salon


















De nouveau Lyon et sa proche banlieue, avec l'école et le collège de Pierre Bénite.








Les super elèves de 3° du parcours excellence !Bravo les filles pour votre implication et vos travaux!