BREAKING NEWS

! BREAKING NEWS ! Je quitte la Martinique à l'été 2022. N'hésitez pas à me solliciter pour programmer des rencontres dès la rentrée, je serai enchantée de vous retrouver !

jeudi 13 janvier 2011

En ce moment...

On bosse sur un projet à 14 mains ! Un truc fou non ? A l'origine, le cerveau bouillonnant de Séverine Vidal, jamais à court d'idées.
Du coup, on est 7, 7 comme 7 histoires liées par un fil conducteur, comme 7 nanas à se mailer 50 fois par jour pour échanger sur nos productions. On a même une auteur "geek" géniale qui nous a crée un forum-rien-que-pour-nous !
Je n'avais jamais fait ça et je dois dire que si j'ai eu du mal à m'y mettre, j'y ai finalement pris beaucoup de plaisir !
Je l'ai toujours pensé, le nombre, c'est bon pour la créativité !

Et qui sait, dans quelques mois, si on ne sera pas 7 à sauter de joie ?

jeudi 23 décembre 2010

Comment dire...

Contente ? Bof. Ça, je le dis quand j’ai réussi une nouvelle recette. Ou que Nico n'a pas ronflé de la nuit (mouarf arf arf, trop drôle, hein, Nico !)

Alors, heureuse ? Hum…ça fait penser à autre chose. Sorti tout droit de la bouche d'un type à moumoute et chaine en or (qui brille).
Hystérique ? Non, quand même, ça, c’est réservé à la magie de la première publication, moment précieux qui ne se vit qu’une seule fois avec la même intensité. Comme l'enfin premier baiser de celui auquel on rêve. Le premier bouquin qui vous fait pleurer. Le premier regard que l’on pose sur son nouveau-né, encore tout chaud de l'intérieur de soi.
Bon, alors je vais dire « bliss ».
Oui, bliss, c’est tout à fait ça.

Bliss, parce que mon dernier travail va donc être publié (bon si tout va bien, on ne sait jamais !) par une très belle maison qui, bolduc sur le cadeau, semble respecter le travail de l’auteur. Ne lui achète pas un manuscrit comme on achèterait une paire de godasses qu'on va ensuite cirer d'une autre couleur sans même demander à celui qui les a amoureusement dessinées. Une fois n’est pas coutume, dans le microcosme parisien (ha ha, pas la peine de me soudoyer, je ne donnerai pas de nom !!)



Voilà c'est tout ! J'en dirai plus quand ce sera le moment. En attendant, joyeuses pâques.



EDIT : sinon, est- ce que qqn peut me dire, comment, sur son ordi, s'affiche le texte ? J'ai beau essayer de grossir la police dans le code html, ça reste tout petit à l'écran !

vendredi 10 décembre 2010

Kumari

Ça y est, je suis de retour. Point final, c’est terminé !
Je suis "revenue" de Katmandou, j’ai quitté son air humide et figé. A regret, j’ai laissé ses rues étroites avec ses échoppes entassées de bric-à –brac poussiéreux et bariolés, ses temples et ses ascètes au visage recouvert de cendres, ses femmes accroupies devant leurs plateaux, à vendre des épices ou des boules de savons grisâtres...



J’en ai ramené un roman. Un qui s’adresse à des « grands » (à partir de 15 ans), et qui atteint le nombre (jusqu’alors himalayesque pour moi) de 150 000 signes. Si. J’en ai usé mon clavier, la touche espace ne fonctionne plus qu'1 fois sur 3.


Ce roman, l’histoire de trois femmes aux destins douloureusement enchevêtrés, aborde en toile de fond la difficile existence et reconversion des Kumaris, ces petites filles censées être l’incarnation vivante de la déesse hindoue Taleju.


« Choisie » à l’âge de 2, 3 ans selon un rituel tout droit sorti d’un autre temps, la Kumari est enfermée dans un palais, le Kumari Ghar, pour y être vénérée et adulée. Sa vie s’égrène doucement, sévère et monotone, entre cérémonies religieuses et audiences de croyants venant étaler leurs prières égoïstes.
Jusqu’à ce que la première goutte de sang, souvent menstruel, ne s’écoule hors du corps dela Kumari.
L’adolescente est alors destituée et « jetée » dans le monde réel, aussitôt remplacée par une nouvelle petite fille qui viendra abriter l’âme de la déesse.
Quelle est ensuite la vie de ces anciennes petites déesses dont l’enfance a été volée ? Certaines deviennent folles, d'autres prostituées.



C’est en lisant un article sur ce sujet que l’idée du roman m’est apparue. Je me suis mise en quête de tous les documents que je pouvais trouver sur le Népal et cette tradition, j’ai retourné la bibliothèque de la part dieu, fouiné sur le net pendant des jours, commandé des bouquins qui ont mis des semaines à arriver …mais ça y est, c’est terminé.


J’ai eu un plaisir immense à voyager au Népal, derrière mon clavier. Et j’espère qu’un jour, des lecteurs auront le même en lisant ce roman, âpre, selon les premiers avis, mais qui est avant tout une belle histoire d’amour entre une mère et sa fille.


Et pour l'instant, je ne peux résister au plaisir de vous dire que c'est en bonne voie...mais chut ! je n'en dirai pas plus avant que ce soit confirmé (croisons les doigts) et que j'en ai l'autorisation :-)




Voilà un extrait :



Je crois que c’est après cet épisode que je suis devenue enragée. J’avais treize ans. Ma mère ne voulait rien me dire ? Elle se foutait de nos origines, se satisfaisait de sa petite vie étriquée, de son métro- boulot –dodo ? Tant pis, j'allais réparer moi-même certains trous du tricot. Je me suis lancée à corps perdu dans tout ce qui concernait, de près ou de loin, le Népal. J'ai lu des tas de bouquins, regardé des centaines de documentaires, des plus beaux aux plus emmerdants.
Je portais des écharpes en laine de yack et des penjabi violets. Je sirotais des lassi que je fabriquais en rajoutant de l’eau dans mes yaourts aux fruits. Dans ma chambre, au milieu de masques de Ganesh, de lampions en papier et de fumée d’encens, je chantais « Resham Firiri » à tue-tête, parce que je croyais que ça me faisait du bien et surtout parce que ça emmerdait ma mère.


Resham firiri.
Resham firiri, resham firiri
Udera jaun ki dandaama bhanjyang
Resham firiri.
Udera jaun ki dandaama bhanjyang
Resham firiri.



Je trouvais qu'autour de moi, tout était moche, sans intérêt, sans saveur, que rien n'égalait le Népal, magique et mythique, avec son quotidien fait d’histoires de rois, de princesses, de dieux qui se changent en serpents, de géants et de sorcières. Le Népal dont je rêvais était imprégné des récits d’Alexandra David-Neel. C’était mon refuge, mon paradis. J’imaginais les sommets immaculés, les temples éclaboussant de couleurs, les odeurs de cardamome et de clous de girofle dont parlaient les bouquins que je m’enfilais jusqu’à l’overdose.



J’avais aussi décidé que j’étais hindoue, comme 90% des népalais…la décision était plus statistique qu’intuitive. J’avais lu qu’on ne pouvait pas se convertir à l’hindouisme, la transmission ne devant uniquement se faire par les liens du sang. Ce qui tombait bien, puisque comme je m’en étais persuadée, mes grands-parents l’étaient certainement.


Je ne mangeais plus de viande, lisais les traductions de textes sacrés auxquels je ne pigeais rien et vénérait Vishnou qui devait m'aider à traverser le chaos de ma vie.
Je ne foutais plus rien en cours et n'avais plus qu'une idée : atteindre ma majorité et me tirer à Katmandou.


Les relations avec ma mère étaient pires que tout ce qu’on aurait pu imaginer. On n’arrêtait pas de s’engueuler, avec portes et mots qui claquent, à tout faire trembler.



Et puis ça s'est arrêté. Tout d'un coup. Un matin, je me suis réveillée en me rendant compte que tout ça ne rimait à rien. Je savais encore moins qui j'étais, au milieu de bols chantants et de mantras sacrés dont certains, même si je ne voulais pas me l’avouer, ne me faisaient pas plus d'effet que le catalogue des promos du supermarché. Tout ça, c'était du faux, du maquillage, du rêve préfabriqué. Il manquait quelque chose derrière tout ça. Le plus important : un ancrage, un contexte, un sens.


J'ai quasiment tout foutu à la poubelle et le midi même, avec Alex, j'ai mangé un bon vieux steak de bon vieux bœuf, copieusement arrosé de larmes. Ma mère ne m’a rien demandé.


mardi 5 octobre 2010

samedi 2 octobre 2010

I Love mes cheveux !

J'ai lu dans le Nouvel Obs (ou je ne sais plus où) un article édifiant sur le racisme....anti-roux. Réseaux sociaux aidants, on assiste, selon le journaliste, à une recrudescence du phénomène.
Vous allez me dire que ce n'est pas nouveau et vous aurez raison....Dès l'antiquité, avec Seth Typhon, le frère d'Osiris (un type pas tellement fréquentable), ça commençait mal pour notre pomme. Il y a aussi Mars, le dieu de la guerre, qui souvent est représenté avec une tignasse rousse.
Ensuite, il y a eu Esaü "celui que Dieu a haï", qui était le frère de Jacob et dont la Genèse nous raconte qu'il avait fait une connerie dont je ne me souviens plus, mais qui devait être sacrément grosse pour que Dieu ne la lui pardonne pas. Pour couronner le tout, ce vilain Esaü était "roux, tout velu comme une fourrure de bête".
De fil en aiguille, à cause de ces deux là et de bien d'autres, l'idée est devenue courante que les roux étaient par nature méchants, violents, sanguins et tout le tintouin. On le trouve noir sur blanc dans un texte du 13° siècle : "il est impossible de trouver un roux pacifique. Ils sont tous violents, j'en ai la preuve effective".

De toute façon, à cette époque, les roux étaient suspectés d'entretenir commerce avec le diable, la preuve, sinon, hein, pourquoi leurs cheveux auraient-ils eu la couleur des flammes ?
Sans blague quand même, il parait que pendant l'Inquisition, plus de 20 000 femmes finirent au bûcher à cause de leurs cheveux et de leurs tâches de rousseur.

Bon, je vais m'arrêter là parce que sinon j'en ai pour l'après-midi. Or, si les siestes des enfants de 3 ans duraient suffisament longtemps pour qu'on ait le temps de ranger la maison, étendre le linge et écrire un article ch*adé sur son blog, ça se saurait, hein.


Bref, je reviens à mes moutons. Il parait donc qu'il y a des groupes anti-roux sur facebook. Au Canada, un charmant adolescent plein de neurones a même lancé un groupe visant à faire du 20 novembre la "journée nationale des coups de pieds aux roux" (c'en est presque drôle). Le truc a dégénéré et il me semble que le mioche a fini au poste (interrogé, si ça se trouve, par un flic roux et énervé, arf arf arf (pléonasme, si vous avez suivi)).

Alors voilà, tout ça pour dire que certes, il y a bien plus grave dans la vie et sur cette terre, on est d'accord, mais quand même, cela m'a donné envie d'écrire un petit texte là dessus. Pas sur facebook ou sur ce charmant bambin qui doit avoir le QI d'une poutine, mais sur le fait qu'il n'est pas forcément évident quand on a les cheveux roux d'être assez fort pour surmonter la connerie de certains ( lire "le têtard", de Claude Lanzman).
Je ne vais pas m'étendre ici sur les raisons psy qui expliquent généralement l'attitude de ceux qui ont l'impression d'exister en rejetant les autres (qu'ils soient roux, juifs, noirs, gros, moches, pauvres, blondes, mal habillés, roms, vieux, jeunes...enfin ce que vous voulez puisque tout est prétexte à stigmatisation). Tiens d'ailleurs, ça me fait penser à hier soir, une scène vue en allant au resto : deux abrutis qui jetaient des petites boules de gateaux apéros sur un pauvre clodo qui n'avait rien demandé (j'espère au moins qu'il a pu les manger). Faut vraiment être c*n et mal dans sa peau pour faire ce genre de trucs.

Mon texte à moi met en scène une petite fille qui s'appelle Leïlou et qui a les cheveux roux.

J'aimerais bien trouver une maison pour l'accueillir, parce que s'il pouvait aider certains enfants qui doutent à se sentir mieux, je serais vraiment contente et j'aurais vraiment l'impression que mes livres servent à quelque chose (d'autre que m'auto-satisfaire, bien entendu).

Parce que j'ai de la chance : j'adore mes cheveux et je ne les changerais pour rien au monde.


edit : merci à Sophia pour son illustration avec le clip Born Free de MIA (censuré sur youtube), réalisé par Romain Gavras.
On en pensera ce qu'on veut, provoc' quasi pornographique - au figuré- et vide de sens, teaser pour son prochain film (2 roux qui fuient en Irlande) ou clip choc à message....il n'en reste pas moins que c'est assez violent....et que cela déclenche les passions !

http://www.rue89.com/2010/04/27/born-free-le-clip-choc-de-mia-realise-par-romain-gavras-149240-0