J'ai quitté la Polynésie (quelle idée) au printemps 2016 et suis donc désormais disponible pour des rencontres scolaires. A bientôt !



mardi 27 août 2013

Tournevis, marteaux et bouts d'ficelle....

Aujourd'hui 28 août, c'est un peu la naissance de mon petit Charly ! Dans une série qui s'adresse aux petits lecteurs à partir de 6 ans. 

La revue de presse, ici : 
http://histoiresdelison.blogspot.com/p/charly-tempete-revue-de-presse.html




Charly, c'est un petit garçon d'aujourd'hui, ni vampire, ni prince, ni champion de foot, ni sorcier, ni super héros qui grimpe aux murs, parle aux cafards ou vole au dessus de nos têtes avec un beau costume à paillettes...C'est un petit garçon que j'espère sincère et attachant...  et un peu rigolo aussi, surtout quand il se met à son occupation favorite...








Démonstration. 

Il faut faire le guet ? 




Il faut téléphoner à son papi ?






Il faut escalader le portail de l'école qui est coincé ?




Il faut manger une glace et balayer l'allée  ? (voire les deux en même temps)




Bon, vous voyez le genre ! 




Aujourd'hui mercredi, donc, sortent deux tomes de Charly. Les illustrations sont de la très demandée Clotilde Zymanski. 






Dans le Tome 1, Charly et ses parents viennent de déménager... ce qui n'est pas forcément évident, surtout pour sa maman qui semble avoir oublié son sourire dans l'ancienne maison (toute ressemblance avec une personne existante ne serait que pure coïncidence, parce que moi, c'est pas 72 déménagements qui vont me faire perdre le sens de l'humour, hein...)
Alors bref, comment Charly va-t-il bien pouvoir faire pour ramener les étincelles dans les yeux de sa petite maman ?  Une idée ?



Dans le Tome 2, c'est la rentrée des classes (sans blague), sauf que la bien nommée Mademoiselle Aigrefeuille n'est pas là, et qu'à cause des économies dans l'Education Nationale, y'a pas de remplaçant non plus...





Mais qui, qui, qui va bien pouvoir remplacer la maîtresse ? 




Aheum...



Voilà ! Suite des inventions de Charly en 2014 ! J'y travaille en ce moment ! 

mardi 20 août 2013

Ouh, les jolies vitrines !

Merci aux libraires qui ont décidé de mettre en valeur Sweet Sixteen ! 

Merci aussi pour toutes les belles chroniques blogs, radio, presse
qui continuent de paraître pour ce roman. 

Déjà plus de cinquante à lire ici : http://histoiresdelison.blogspot.com/p/sweet-sixteen.html

et une trentaine d'autres avis de lecteurs sur Babelio : 



Et sinon, rendez-vous la semaine prochaine 
pour deux nouveaux romans chez Casterman ! # teasing de la mort n'est ce pas #


Librairie Thuard, au Mans


Librairie Millepages à Vincennes



Librairie Millepages encore 

vendredi 2 août 2013

Travail du moment !

Un roman ado qui, selon toute vraisemblance, sortira en 2014. Merci à mon éditeur pour sa confiance ! 
L'histoire se déroule entre Paris et Ulan-Baatar. Peut-être est-ce parce qu'ici, il fait TOUT le temps chaud que la seule façon de prendre un peu le frais est (à part traîner au rayon charcut' de Carrefour) de me réfugier derrière mon écran. 


Voici quelques extraits pour vous mette en bouche (ou pas), à lire si le coeur vous en dit ! 


1. 

Je détestais ça.
Je détestais que l’on me regarde comme ça.
Du bout des doigts, la fille de la boulangère me tendait le petit sac en papier, le sourire dégoulinant de mépris. Elle avait les ongles chargés d’une épaisse couche de vernis pailleté, sauf celui de l’index, qui se singularisait grâce au palmier miniature qu’on y avait habilement dessiné.  
J’ai croisé le reflet d’un visage dans la glace. A côté d’un éventail de sucettes multicolores, il y avait une fille yeux rouges paupières gonflées cheveux ébouriffés saloperie d’humidité.
Moi.
Je me suis contentée de placer la monnaie sur le comptoir et je lui ai quasiment arraché le sac brun, déjà auréolé de gras par les trois pains au chocolat. Je suis sortie et j’ai commencé à marcher sur le trottoir mouillé. Un pas devant l’autre. Je me foutais complètement de ce qu’elle pouvait penser, avec sa manucure de dinde. Un pas et puis l’autre. 


[...]


La mort dans l’âme et l’estomac, j’attendais l’ascenseur quand un piaillement de voix m’a fait sursauter. J’ai jeté un œil derrière. C’était Paulette Dubois, la concierge. Sur le seuil de sa loge, elle tenait son gilet rose thé bien serré autour de son petit cou épais. On ne lui faisait pas deux fois, à la Paulette. Elle avait attrapé une angine blanche le 29 décembre et elle s’en rappelait encore, elle n’avait même pas pu toucher au foie gras et au saumon fumé, encore moins enfiler le chapeau pointu turlututu.
- Amélia, tu veux prendre le courrier ? Il y a un paquet pour le docteur.
C’était exaspérant, cette manie qu’elle avait de l’appeler comme ça.
Tandis que l’ascenseur s’annonçait dans un orphéon de tôles, je me suis retournée complètement :
- Bien sûr. Et bonjour, Madame Dubois.

[...]

J’ai éclairé, la lumière a giclé sur les murs récemment retapissés. Un papier peint épais, au graphisme élaboré et dont la seule évocation du prix aurait pu faire prendre une attaque à Eugénie Grandet. La déco, c’était le péché de mon père. J’ai posé le paquet sur la commode de l’entrée, entre une statuette de Moai ramenée d’un voyage à l’île de Pâques et un délicat petit cadre en argent ciselé. Chaque matin, en attrapant son trousseau de clés, ma mère jetait un œil attendri aux trois visages qui, sur le cliché, la regardaient les regarder. Elle, avec ses traits si particuliers, sa peau laiteuse et le vacarme de couleur de ses cheveux. Mon père, le nez légèrement busqué, les tempes déjà grisonnantes, perdu dans la contemplation de sa fascinante épouse. Et moi, petite fille banale, déjà ronde, pétrie d’admiration pour les deux êtres solaires qui l’avaient mise au monde

[...]

Il avait les yeux rivés sur le métal doré de la boucle de sa sacoche, mais la tête pleine du visage de cette fille, à l’image du soleil qui persiste, alors même qu’on a les paupières fermées. Ses longs cils, ses épaules semées d’éphélides et son air détaché. Son nez un tout petit peu trop long et l’éclaboussante fierté de sa chevelure léonine.
Lui qui avait grandi dans l’amour et la connaissance des arts classiques la reconnut sans hésiter.  Elle était la « Jeune femme rousse » du tableau d’Henner, cette étrange venustas qui avait hanté la carrière et les tableaux du peintre. Et voilà qu’un siècle plus tard, elle entrait, aussi gracile et longiligne qu’une apparition, dans le wagon de la ligne 8 du métro. Comment était-il possible qu’aucun autre passager ne l’ait remarquée ?



[...]

Le lendemain, quand je me suis réveillée, une rassurante odeur de samedi matin flottait jusque dans ma chambre. A la cuisine, le clair soleil d’avril rebondissait sur les murs blancs, jouant dans les cheveux de ma mère qui lisait le journal, assise en tailleur sur une chaise mandarine. Elle portait un léger t-shirt blanc et un pantalon de yoga, le genre de tenue que vous auriez directement achetée après l’avoir admirée sur elle, et que vous auriez enfilé en constatant que, oh comme c’est étrange, elle vous donne tout l’air d’une quenelle soufflée.
Ma mère, Isaure Atkins, quarante-six ans. Il semblait que le temps ne l’humilierait jamais. 





[...]

Le reste du samedi a passé sans que le sujet ne soit à nouveau évoqué. J’ai révisé un peu, beaucoup dessiné, mangé encore plus. J’avais assez de Charlotte et Aaron qui, cinq jours sur sept, m’infligeaient la vision acide de leurs mines énamourées, pour ne pas avoir, le week-end, à supporter les délires philanthropiques de mes parents. J’ai eu envie d’appeler Charlotte. J’avais envie de lui raconter le voyage insensé auquel je venais d’échapper. Et puis j’aurais peut-être enfin eu le courage de lui dire, que j’aimais Aaron et que ça me faisait mal à en prendre dix kilos, de les voir ventousés dans les couloirs du lycée. Elle aurait sûrement compris. C’était ma meilleure amie. 




[...]

J’ai dodeliné la tête plus que je ne l’ai hochée, et je l’ai suivi vers la sortie. 
En chuintant, les double- portes automatiques se sont ouvertes sur l’extérieur. Jamais je n’oublierai les secondes qui ont suivi.
Peut-être que ma perception était altérée par la particularité de ce voyage, parce que c’était le premier que je réalisais toute seule, le premier qui me demandait tant d’efforts. Peut-être tout simplement parce que je n’avais encore rien vu de tel.
Une impression d’ailleurs absolu.
Au premier plan, il y avait le parking, comme installé par erreur au milieu de la  steppe qui s’étendait au-delà, à perte de vue. Les couleurs étaient franches, sans compromis. Le vert de la plaine, le bleu du ciel, la transparence du silence que l’on devinait déjà sans fin. Tout était plus vaste, plus grand, j’avais l’impression que mon champ de vision s’était élargi, que je pouvais voir en panoramique. J’avais déjà vu les lagons de Bora-Bora, les fjords de Norvège ou le Duomo à Florence. Mais c’était la première fois que je ressentais ça. C’était … apothéotique. J’avais la bouche sèche, le sang qui s’affolait derrière mes tempes. Syndrome de Stendhal, version Mongolie. J’ai inspiré une longue goulée de cet air si particulier.
Derrière moi, les cris pointus d’une petite fille traînant sa valise entre ses parents m’ont fait redescendre dans mes chaussures.  
Je me suis hâtée de courir vers Franck, qui, quelques mètres devant, s’était retourné pour voir où j’en étais. Peut-être était-il en train de se demander pourquoi on ne lui envoyait pas de suédoise au fort tempérament (surtout côté poitrine), plutôt qu’une petite boulotte en extase devant des kilomètres carrés de collines désertes.




[...]

Au milieu, assis sur un tapis aux couleurs à flanquer une conjonctivite, plusieurs gamins entouraient une femme qui leur racontait une histoire. Ils étaient petits, quatre à huit ans tout au plus, le visage rond comme une lune à son périgée, les cheveux noirs et épais, brillants. Au fond, sur un canapé vaguement orangé, deux jeunes filles se concentraient sur des aiguilles à tricoter, tandis qu’une troisième était allongée, fixant le plafond, sans bouger, les mains derrière son crâne rasé.