J'ai quitté la Polynésie (quelle idée) au printemps 2016 et suis donc désormais disponible pour des rencontres scolaires. A bientôt !



mardi 21 août 2012

Deux chroniques sympathiques

Que je n'avais pas encore eu le temps de copier ici (vacances...des enfants obligent)

1/ sur notre "On n'a rien vu venir" :

http://xian-moriarty.over-blog.com/article-on-n-a-rien-vu-venir-109022761.html

http://www.clementinebeauvais.com/fr/wp-content/uploads/2012/01/couv-on-na-blog.jpg

Critique :
Il n’y a pas à dire, ce livre est un excellent livre pour enfant. Un adulte trouvera peut-être les histoires un peu simplistes et rapides, mais les textes sont parfaits pour un jeune public.

 Le livre propose donc sept nouvelles (écrites uniquement par des femmes) qui mettent en scène des enfants d’une dizaine d’années face à l’arrivée au pouvoir d’un régime autoritaire. Tous proposent une manière de s’opposer ou de fuir ce type de régime.
Les auteures ont vraiment évoqué toutes les différentes catégories de populations : les gens de couleurs, les « hippies », les handicapés, les homosexuels. Chacun, avec ou sans leurs parents, prennent la mesure des choses et à leur manière résiste : ne plus écouter ses parents, apprendre la musique avec son père, s’amuser avec les affiches du Parti de la Liberté.
Car là est aussi le principal sujet de ce roman : apprendre aux jeunes à résister. Il est important pour moi, surtout avec la première nouvelle, que les parents ne sont pas ceux qui ont toujours raison et que la politique (même à leur échelle) les concerne. Ce livre est aussi très bien pour cela, car il ne met pas un conflit Droite/Gauche.
Il y a aussi la question : comment en est-on arrivé là ? Les textes reprennent à chaque fois cette phrase. Les enfants, spectateurs des électeurs et souvent exclu des conversations à caractères politiques, ne comprennent pas les pourquoi des comment.

Certes histoires m’ont beaucoup plus touché que d’autre, mais je les ai toutes trouvé d’une grande justesse.
La lecture se fait très rapidement pour un adulte (moins d’une heure) : l’écriture est juste, les sujets divers, les points de vue différents, les manières de résister multiples.

Ce petit livre est vraiment excellent et je ne peux que chaudement le recommander à tous les parents, mais également aux adultes !





2/ Sur le carnet rouge  (bon allez après, j'arrête, ça devient un peu répétitif), ici 


Marie, lycéenne, vit avec sa mère dans la banlieue de Lille. De ses origines elle ne sait rien, ses grand-parents sont morts et sa mère ne veut jamais parler de son passé. Sa chevelure brune et ses yeux noirs sont le seul héritage de son passé. Jusqu'au jour où un mystérieux homme lui donne un carnet rouge qui semble appartenir à sa grand-mère. Marie découvre alors une part de son histoire qu'elle n'aurait jamais imaginée.

Voici un roman jeunesse passionnant mais aussi un témoignage bouleversant sur la condition des Kumaris au Népal. Ces jeunes filles que l'on vénère car elles sont la réincarnation d'un dieu. Jusqu'au jour où elles deviennent impures... Alors elles sont abandonnées sans bagage, ni éducation dans la nature... Un roman passionnant et émouvant sur la quête d'identité qui se lit d'une traite. 

jeudi 16 août 2012

Ne me dites pas que vous ne la reconnaissez pas.

La fleur dans les cheveux, le maillot à pois....C'est moi !

C'est exactement la tête que je fais quand un éditeur m'appelle pour me prévenir que c'est oui et d'ailleurs qu'il va me donner 30 000 dollars d'avance pour ce super roman génialissime et que je vais gagner le Prix Machintruc, c'est sûr et certain.
(Par contre ce n'est pas à chaque fois que je me roule dans la rosée, parce que dans mon jardin, y'a souvent des crottes de chat du voisin)

C'est Gwenaelle Dumont qui m'a dessinée. Et si vous ne la connaissez pas, c'est que vous avez tort ! 
Tenez, c'est là : http://gwendoulash.blogspot.com/ et c'est très drôle !
Bravo Gwendoulash !
Et merci pour la consultation ;-)



vendredi 10 août 2012

La fille aux cheveux d'encre

Une jolie critique de "La fille aux cheveux d'encre" (ed Casterman) par Michel Bonnet, que l'on peut lire ici  :

[...] Avec ce roman d’Annelise Heurtier, La Fille aux cheveux d’encre, nous allons retrouver un garçon, Timothée, au moment où il arrive dans une nouvelle école, dans une nouvelle classe. Il a 13 ans, nous sommes au collège, et nous sommes à la rentrée après les vacances de La Toussaint, une période où normalement on n’entre pas dans une nouvelle école… Timothée a donc peur et il ne sait pas encore ce qui peut lui arriver dans cette nouvelle classe…


Annelise Heurtier est une jeune femme heureuse d’écrire des histoires car elle a dû en lire beaucoup dans sa jeunesse. Le roman, Le carnet rouge, que je vous ai déjà présenté était pour des adolescents plus âgés tandis que cette fois-ci c’est plutôt ce que l’on pourrait nommer un « roman pour jeune ado » à partir de 10/11 ans rajouteraient les prescripteurs qui ont toujours envie de ranger les auteurs et leurs œuvres dans des boites bien étiquetées… mais, en fait, c’est tout simplement un petit roman que l’on pourrait lire en famille, par exemple à voix haute dans la voiture sur le chemin des vacances, du moins si le lecteur n’a pas le mal des transports… Chaque membre de la famille pourrait en tirer profit !

Timothée va rencontrer, dès son premier jour au collège, une fille aux cheveux d’encre dont le prénom est d’actualité avec les jeux Olympique, Chine. Cette fille, contrairement à ce que le jeune garçon pouvait penser va l’accueillir avec gentillesse, avec le sourire, avec délicatesse même ! Dès le premier jour, une amie, qui plus est une fille ? Qu’est-ce que ça cache ? Qu’est-ce que j’ai raté, pas compris, pas vu ? Timothée est réellement perturbé et quelque chose le picote au bout des mains, se noue dans son estomac… Ne serait-il pas en train de tomber amoureux ?
Attendez, nous ne sommes pas dans un roman pour adolescents confirmés, nous sommes dans une histoire pour des jeunes qui ne savent pas encore tout de l’amour naissant… Mais, ce n’est pas pour autant que Chine et Timothée ne seraient pas en train de voir naitre une amitié solide qui pourrait, qui sait, se transformer en jeune amour… A voir !
Nous allons vivre en compagnie de ces deux jeunes quelques semaines avec leurs temps forts, certains sont situés à l’école, d’autres à la maison, celle de Chine en particulier. Les deux jeunes qui ne se connaissent pas vont devoir apprendre la différence car ce n’est pas parce que l’on fréquenterait le même collège que l’on serait identique… Différence garçon-fille, milieux sociaux disparates, culture et goûts variés, caractères explosifs quand ils se confrontent… Il y a aussi les apparences et les réalités…

J’ai beaucoup apprécié l’humanisme de ce roman qui aurait pu se terminer par des conflits violents et justifiés, alors que l’auteur va provoquer la rencontre en profondeur, celle qui peut donner naissance à des relations plus durables, en amitié comme en amour. Une belle leçon de patience, d’attention à l’autre, de respect qui peut faire réfléchir parents, enfants, enseignants…

A lire et faire lire, même en été, surtout si le lecteur est un futur collégien qui entre dans un nouvel établissement… L’aventure t’attend !



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La Fille aux cheveux d’encre

Annelise Heurtier

Casterman Junior





jeudi 2 août 2012

Les bonnes nouvelles de l'été

Je suis contente ! L'été a vu plusieurs jolies choses se décider ou se confirmer.

4 projets ont donc trouvé leur home sweet home chez Casterman, et je trépigne d'impatience à l'idée de tenir les livres entre mes mains !
Il y en aura pour tous les âges : comme ça, pas d'excuse pour dire que ça ne correspond pas à l'âge de vos enfants ^^



- Mars ou avril : un roman pour "grands" (ados et adultes), qui vous emmènera en 1957 aux Etats-Unis et qui revient sur l'un des épisodes ayant jalonné la marche pour les droits civiques.
Un roman qui vous colle la chair de poule, la rage et les larmes...à ce que m'ont dit ceux qui l'ont déjà lu ! Merci à eux...pour leur aide et leur soutien. 


Un petit morceau ? 

(...)
Cela faisait maintenant dix bonnes minutes que Molly patientait derrière le comptoir de l’épicerie. Deux clients blancs étaient entrés après elle  et le propriétaire des lieux s’était empressé de les servir, volubile et obséquieux. Madame avait-elle besoin d’être livrée ? Ne voulait-elle pas se laisser tenter par ces pommes, de véritables petites merveilles de texture et de saveur ?
John Smith était un homme rondelet, aussi odieux avec les noirs qu’il était mielleux avec les blancs. A croire qu’il avait fait exprès de s’installer dans ce quartier à forte dominante afro-américaine pour avoir tout le loisir d’humilier les habitants.  
Quand la dernière cliente eut refermé la porte de l’épicerie, John Smith entreprit de vérifier le contenu de sa caisse enregistreuse. 
Ignorant totalement Molly, il se mit à composer des petits tas de piécettes réguliers. 
 Molly toussota légèrement. Pas de réaction. John Smith commençait une deuxième rangée.  
- Hum… bonjour ?  tenta faiblement Molly. 
L’épicier leva sa tête pouponne, l’air mauvais.
Immédiatement, Molly détourna les yeux. Croiser son regard n’aurait fait qu’envenimer la situation. 
- Qu’est ce’ tu veux ? aboya M.Smith. 
-  Un litre de lait, s’il vous plait. 
- T’as de quoi payer ? Je fais pas crédit, et encore moins aux négros. 
C’était la seule épicerie du quartier et cela faisait une bonne dizaine d’années que les Costello s’y approvisionnaient. Ils avaient toujours payé sur le champ et Smith le savait pertinemment.
Molly se dépêcha d’aligner ses 45 cents sur le comptoir.  
L’épicier posa ses mains écartées de part et d’autre des pièces, puis souffla, d’une voix arrogante et sucrée : 
- De toute façon ça tombe mal, j’en ai plus. 
Molly fixa, incrédule, les dizaines de bouteilles qui brillaient derrière lui. 
- Mais, et…
Du plat de la main, John Smith tapa sur le zinc : 
- T’as pas compris ce que j’ai dit ?  Y’en a plus ! 
Molly ramassa ses pièces et en toute hâte, les fourra dans son porte-monnaie. (...)





- Septembre : les deux premiers tomes d'une série rigolote pour les 7/9, dans laquelle vous pourrez suivre les aventures de Charly Tempête, un petit bricolo bien sympa qui fabrique des ventiloskate, des casquourte-échelle ou autre çadégoulinepas....
ça a été un gros gros gros boulot... qui m'a fait douter, qui m'a fait turbiner le cerveau comme jamais...mais je ne regrette rien ! 

Un petit bout aussi ? 


- Debout mon Charlyyyyy ! Il faut se réveilleeeer ! 
Assise au bord de mon lit, maman me regarde en souriant, comme si c’était le jour de Noël :
- C’est la rentréééééé ! 
Pfff. Tu parles d’un cadeau, tiens. 
Peut-être que je suis en train de cauchemarder. Je vais me pincer, on ne sait jamais. 
Aïe ! Zut, je suis bien réveillé.
A travers la couette, Maman me secoue la cuisse : 
 - Tu nous rejoins à la cuisine, mon lapin ? 
Je grogne : 
-Mmmh…
Je rabats la couette sur ma tête. Mon chat Tournevis vient se pelotonner contre moi. Je suis sûr qu’il va passer la journée à se tourner les pouces des coussinets pendant que je serai en train d’affronter la Rentrée. Moi, je trouve que c’est la pire journée de toute l’année. Déjà, les vacances se terminent, ce qui n’est pas tellement marrant, et en plus, exactement le même jour, il faut se lever tôt, manger à la cantine même si il y a des brocolis et passer la journée enfermé alors que j’ai des tas de trucs importants à faire, comme bricoler ma catapulte lanceuse de croquettes pour chat (qui tire de travers). 
Cette année, c’est encore pire. On vient de déménager, alors je dois aller dans une nouvelle école où je ne pourrai même pas compter sur mes anciens copains pour raconter des blagues pendant la récré. Il y a bien Djawab, un garçon que j’ai rencontré dans le quartier, mais je ne le connais pas encore très bien.
D’ailleurs, peut-être que je ne vais pas me faire de copain du tout.
Je vais me retrouver sans personne à qui parler pendant toute une année, on me surnommera Charly Tousseul et tout le monde rigolera bien. 





- Fin d'année (ou début 2014) : un album, un conte africain qui nous dit que la richesse n'est pas forcément là où on l'attend ! 

(...)
Une semaine plus tard, alors qu’il faisait nuit noire, la Mort s’introduisit sur les terres de Babakunde. Elle rôda quelques temps autour du troupeau de chèvres, se pencha sur les visages des serviteurs endormis… avant de pénétrer dans la chambre de Babakunde. 
Elle resta longtemps à contempler le visage de la douce et ronde Fatoumata.  
Puis elle décida que c’était elle qu’elle était venue chercher. 
(...)



D'autres parutions sont prévues dans d'autres (très chouettes) maisons mais je n'en dis pas plus pour l'instant. 




En tous cas, un immense merci à mon éditrice et à toute son équipe de choc. 

Pour l'heure, je prends quelques jours de vacances !
Retour à la rentrée avec la sortie de mon Géant Mélomane, chez Benjamins Media, avec la magique Cécile Gambini aux pinceaux !